Quand Alain Prost décrocha son quatrième titre de Formule 1 et annonça sa retraite fin 1993, les cinq couronnes de l’Argentin Juan Manuel Fangio semblaient encore un Everest inaccessible.
Avec ses trois titres, Ayrton Senna paraissait le plus apte à atteindre ce sommet. Plus qu’un jeune Allemand en pleine ascension, Michael Schumacher. Survint alors ce 1er mai 1994 à Imola sur le circuit italien cet accident dans la courbe de Tamburello qui brisa l’élan de celui devenu pour tous « Magic Senna ».
Dix ans après la mort tragique du Brésilien, Michael Schumacher a fait mieux que Fangio, aussi bien que Prost et Senna réunis. Sept titres mondiaux pour l’Allemand, autant que les deux monstres sacrés des années 1980.
Et pourtant au soir du 12 octobre 2003, à Suzuka, au Japon, alors que le « Baron rouge » célébrait sa sixième couronne, ses rivaux malheureux, Kimi Raikkonen (McLaren-Mercedes) et Juan Pablo Montoya (Williams-BMW), juraient que ce serait la dernière.
« Michael n’en aura pas une septième », avait même lancé l’un d’eux en aparté, comme une promesse de revanche.
Le Finlandais et le Colombien basaient leur confiance sur une saison 2003 disputée, incertaine, au cours de laquelle McLaren et Williams avaient donné bien du fil à retordre à Ferrari, à son champion.
Mieux qu’en 2002
Au lieu de la revanche attendue, Raikkonen et Montoya ont vécu en 2004 une année bien sombre. Au contraire, la Scuderia n’a jamais autant dominé son sujet, Michael Schumacher n’a jamais été aussi brillant. Mieux encore qu’en 2002, saison durant laquelle, pourtant, les « rouges » avaient écrasé la concurrence.
Treize victoires pour l’Allemand, un autre record, deux pour le Brésilien Rubens Barrichello, quinze au total pour Ferrari, les autres durent se contenter des miettes.
L’éclat d’un succès en Principauté de Monaco pour l’Italien Jarno Trulli et Renault, la consolation d’une victoire en Belgique pour Raikkonen et McLaren-Mercedes, le jour du sacre de Michael Schumacher, et enfin la satisfaction de Montoya d’offrir à Williams-BMW un beau cadeau d’adieu au Japon, le bilan des adversaires de Ferrari est bien maigre.
Pire pour Ron Dennis et Frank Williams, peu habitués à ne pas fréquenter les podiums : non seulement leurs équipes ont été surclassées par l’écurie italienne mais, de plus, elles ont été dominées par BAR-Honda, surprenante dauphine de la Scuderia, et Renault.
Agitation en coulisses
Suspense absent, monotonie trop souvent même sur la piste, la saison 2004 n’en aura pas moins été agitée en coulisses avec les feuilletons de l’été, les démêlés juridiques entre BAR et Williams pour s’octroyer les services du Britannique Jenson Button, les chaises musicales chez Renault et Toyota avec le retour du Canadien Jacques Villeneuve à la place de Trulli, la retraite d’Olivier Panis, dernier représentant français.
La F1 s’est également offert ses « peurs ».
Difficultés récurrentes de Minardi et de Jordan, Ford qui liquide Jaguar et Cosworth. Face à la fébrilité ambiante, Max Mosley, président tout-puissant de la Fédération internationale (FIA), un instant démissionnaire, affichait pourtant une incroyable sérénité. « Les même dix équipes seront au départ de la saison 2005. Il y en aura deux supplémentaires l’année suivante », lançait le Britannique fin mai. Il avait raison.
Bataille juridique entre Bernie Ecclestone et les banques propriétaires des droits de la F1, front anti-Ferrari manifesté au Brésil en fin de saison, révolution réglementaire qui déplaît à certains, la F1 est toujours aussi agitée, rarement sereine. Mais elle garde le cap. Comme Ferrari et Michael Schumacher qui espèrent bien poursuivre leur marche triomphale.
Un huitième titre pointe à l’horizon 2005 pour le « Baron rouge », jamais rassasié, toujours aussi « vert », qui affole d’année en année les statistiques, enrichit un incroyable palmarès. Et tant pis si cela ennuie certains...
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Avec ses trois titres, Ayrton Senna paraissait le plus apte à atteindre ce sommet. Plus qu’un jeune Allemand en pleine ascension, Michael Schumacher. Survint alors ce 1er mai 1994 à Imola sur le circuit italien cet accident dans la courbe de Tamburello qui brisa l’élan de celui devenu pour tous « Magic Senna ».
Dix ans après la mort tragique du Brésilien, Michael Schumacher a fait mieux que Fangio, aussi bien que Prost et Senna réunis. Sept titres mondiaux pour l’Allemand, autant que les deux monstres sacrés des années 1980.
Et pourtant au soir du 12 octobre 2003, à Suzuka, au Japon, alors que le « Baron rouge » célébrait sa...