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Actualités - Chronologie

« Le Jour » L’incessant combat

1er août 1934. Michel Chiha porte sur les fonts baptismaux, Le Jour dont le coparrain s’appelle Charles Ammoun, que retrouvent au bout de quelque temps Charles Helou puis Khalil Gemayel. Le quotidien, installé à la place des Canons, est aussi résolument « destourien » que son aîné de la rue Trablos, L’Orient, est « eddéiste » – le Bloc national ne naîtra que plus tard. D’emblée donc, le ton est donné. Les éditorialistes sont Chiha bien sûr, mais aussi Helou puis Gemayel. La guerre est inévitable ; elle durera longtemps et les éditoriaux de l ’un et de l’autre feront les délices des lecteurs. On se bat pour l’indépendance, une certaine idée du Liban, arabe pour l’un, méditerranéen pour l’autre ; les duellistes s’opposent sur la nature même du journalisme, franchement voltairien chez Naccache, volontiers doctrinaire chez Chiha. Dans une préface au recueil de quelques-uns de ses (nombreux) éditoriaux, celui-ci s’explique ainsi, dans ce style volontiers poétique propre à l’époque : « Voici des pages sincères, nées des événements et de la vie. Écrites au jour le jour, elles prennent à leur source l’image, le sentiment et la pensée et, avec ce qu’elles peuvent contenir d’émotion et de poésie, elles s’offrent comme un témoignage. » Mais les difficultés se multiplient et le journal connaît quelques éclipses avant d’être racheté, après la disparition de Chiha le 27 décembre 1954, par cheikh Michel el-Khoury. Celui-ci devra plus tard s’en séparer au profit de Georges Omeira qui cédera rapidement la licence à un groupe constitué autour de Pierre Eddé, Pierre Pharaon, Pierre Hélou et Ghassan Tuéni. L’événement se produira l’année suivante avec la reparution du titre, le 5 mai 1965, sous l’égide de Jean Choueri et d’Édouard Saab, entourés d’une équipe de jeunes, dont Marwan Hamadé, Amine Abou Khaled, Issa Goraieb, Nagib Aoun. Le mandat Chehab a pris fin mais le chéhabisme est toujours présent au sein de l’État et il s’agit, dans l’esprit de ceux qui ont repris le titre, de lui faire barrage. En cinq ans, l’équipe peut afficher sa satisfaction et affirmer : « Mission accomplie ». Le tirage de L’Orient est égalé ; l’esprit neuf insufflé au journal gagne le lectorat, où les 25-40 ans sont largement majoritaires. Le journal épouse le combat du « Helf » Chamoun-Eddé-Gemayel, face au « Nahj » des chehabistes, de plus en plus à la traîne. Ce sera bientôt, lors de la présidentielle, la consécration avec la victoire de Sleiman Frangié. Deux semaines plus tard, L’Orient est racheté, ultime pas sur la voie de la fusion des deux titres.
1er août 1934. Michel Chiha porte sur les fonts baptismaux, Le Jour dont le coparrain s’appelle Charles Ammoun, que retrouvent au bout de quelque temps Charles Helou puis Khalil Gemayel. Le quotidien, installé à la place des Canons, est aussi résolument « destourien » que son aîné de la rue Trablos, L’Orient, est « eddéiste » – le Bloc national ne naîtra que plus tard.
D’emblée donc, le ton est donné. Les éditorialistes sont Chiha bien sûr, mais aussi Helou puis Gemayel. La guerre est inévitable ; elle durera longtemps et les éditoriaux de l ’un et de l’autre feront les délices des lecteurs. On se bat pour l’indépendance, une certaine idée du Liban, arabe pour l’un, méditerranéen pour l’autre ; les duellistes s’opposent sur la nature même du journalisme, franchement voltairien chez...