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Hormonothérapie : le débat se poursuit (photo)

Avoir moins peur de l’hormonothérapie dans la ménopause. Tel a été le message lancé par le Pr René Druckmann, président de la Société européenne de gynécologie-obstétrique de langues française et allemande, et de l’Association niçoise pour l’étude de la ménopause et de l’ostéoporose, au terme de cette journée scientifique. Quelles sont les indications de l’hormonothérapie? «Elles sont basiques et se font suivant les demandes de la patiente, répond le Pr Druckmann. Un exemple tout à fait classique demeure celui de la femme qui ne souffre pas de bouffées de chaleur mais qui, pour une raison ou une autre, voudrait avoir ses règles, parce qu’elle se sent mieux sur le plan psychologique. Mais bien sûr, il existe d’autres indications que celles tout à fait classiques prescrites pour les bouffées de chaleur ou pour une prévention de l’ostéoporose.» «Il n’existe pas de vraies contre-indications pour le traitement hormonal mais, bien sûr, il ne faut pas convaincre une patiente qui n’a pas envie d’en prendre, poursuit le Pr Druckmann. Les avantages du traitement hormonal sont clairs. Il faut tenir compte du fait que la femme est le seul mammifère qui survit à la ménopause et cela de trente ans en moyenne, c’est-à-dire qu’une femelle mammifère ménopausée qui n’a plus de fonctions ovariennes n’a plus dans la nature une raison d’être puisqu’elle ne peut plus procréer. Donc, forcément, l’absence des hormones dans le métabolisme global de la femme va entraîner des déficits.» Le traitement hormonal ne favorise-t-il pas le cancer du sein? « Le cancer du sein est un problème qui est assez stable, répond le Pr Druckmann. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a aucune hormone qui provoque une tumeur au sein.» Mais il en augmente les risques? «Non, assure-t-il, il augmente le diagnostic, le cancer risquant d’apparaître plus tôt. Je dirai que c’est presque un avantage, puisque cette patiente va être mieux suivie. Son cancer va être décelé beaucoup plus tôt et, de ce fait, elle va être complètement traitée, d’autant plus que l’hormonothérapie a un avantage sur la différenciation des cellules qui deviennent moins agressives. Les cancers du sein sous hormonothérapie sont beaucoup plus bénins.» Est-ce un traitement indiqué dans le cas d’une femme génétiquement prédisposée à un cancer du sein? «Il va falloir évaluer, insiste le Pr Druckmann. Cette femme doit évidemment être plus prudemment suivie qu’une femme ne présentant pas de problèmes. Même si elle a un risque génétique, il faut bien la contrôler et lui donner des progestatifs qui sont a priori moins agressifs. Cette femme doit être bien surveillée, mais il ne faut pas la laisser souffrir. Si elle a un risque génétique de cancer du sein, est-ce qu’on va pour autant lui enlever les seins ? Il va donc falloir évaluer, bien surveiller et, s’il y a besoin, traiter. Par contre, l’hormonothérapie est contre-indiquée pour une femme qui a déjà eu un cancer du sein comme pour une femme ayant des antécédents de problèmes de coagulation, c’est-à-dire qui a déjà eu une thrombose.» Et le Pr Druckmann de conclure: «L’hormonothérapie diminue surtout le risque de cancer du côlon. On a huit cancers en plus dans le sein, mais six en moins dans le côlon. Pourquoi ces avantages n’ont pas été exploités de la même façon que les inconvénients ? De même, c’est un traitement bénéfique pour les os, puisqu’il protège de l’ostéoporose. Mais l’ostéoporose en soi n’est pas une indication pour une hormonothérapie.»

Avoir moins peur de l’hormonothérapie dans la ménopause. Tel a été le message lancé par le Pr René Druckmann, président de la Société européenne de gynécologie-obstétrique de langues française et allemande, et de l’Association niçoise pour l’étude de la ménopause et de l’ostéoporose, au terme de cette journée scientifique.
Quelles sont les indications de l’hormonothérapie? «Elles sont basiques et se font suivant les demandes de la patiente, répond le Pr Druckmann. Un exemple tout à fait classique demeure celui de la femme qui ne souffre pas de bouffées de chaleur mais qui, pour une raison ou une autre, voudrait avoir ses règles, parce qu’elle se sent mieux sur le plan psychologique. Mais bien sûr, il existe d’autres indications que celles tout à fait classiques prescrites pour les bouffées de...