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L’opposition, ferment de la réconciliation nationale

Walid Joumblatt s’est rendu au domicile de Samir Geagea, l’ancien ennemi, pour un entretien prolongé avec Sethrida Geagea. Un geste doublement politique et symbolique, qui prouve, d’abord, la solidité de l’unité du front opposant. Et ensuite que le leader progressiste donne une suite historique au pacte de la réconciliation conclu en 2001, au cours d’une tournée commune dans la Montagne, avec le patriarche Sfeir. Un traité moral qui avait provoqué aussitôt, de la part du pouvoir, le fameux tabassage de jeunes, et de moins jeunes, aux abords du Palais de justice. La rencontre et le manifeste du Bristol prennent donc tout leur sens. On sait d’ailleurs qu’Akram Chehayeb a signé, au nom du PSP, la pétition-motion réclamant la libération de Samir Geagea. Antérieurement, Joumblatt, encore loyaliste, refusait de s’associer aux démarches en vue de cette relaxe. Il s’est fait précéder au domicile de Geagea par le même Chehayeb. Et s’y est rendu, entouré de son staff partisan, en compagnie du député Farès Souhaid, qui est l’un des piliers de Kornet Chehwane. L’entrée en lice de Joumblatt a sans doute largement contribué au fait que la pétition-motion en question se trouve maintenant signée par quelque 30 parlementaires. Qui entendent saisir la Chambre pour modifier la loi sur l’amnistie, afin que Geagea en bénéficie. L’opposition continue donc sa marche en avant. Elle doit, sauf imprévu, annoncer aujourd’hui même la composition du comité de suivi regroupant toutes les instances présentes au Bristol. Un groupe qui va se réunir régulièrement, pour l’application progressive du manifeste commun. Et, surtout, pour préparer les élections. De son côté, l’assemblée plénière doit se retrouver plusieurs fois avant l’échéance du printemps, afin de militer pour les constantes nationales de souveraineté et d’indépendance. Et de batailler pour Samir Geagea, ainsi que pour le retour du général Aoun. Le député Salah Honein souligne l’importance de ces deux dossiers. Il ajoute que le climat a changé et que l’initiative du patriarche Sfeir visitant la Montagne prend un nouvel essor. Surtout à travers les rencontres du prélat avec Joumblatt. Ce qui fait que les cas de Geagea et de Aoun semblent avoir des chances d’être traités positivement. Cependant, un pilier de Kornet Chehwane dénonce, pour sa part, encore une fois, les approches de séduction déployées par le pouvoir en direction de Aoun et de Geagea. Et les promesses que l’on insinue, sans leur donner de la consistance. Il relève que c’est l’État qui a commis des fautes, comme le tabassage du 7 août ou les mesures contre Aoun ou Geagea, et qu’en les réparant il ne peut s’en prévaloir pour des contreparties déterminées. Il ajoute que le pouvoir continue d’ailleurs à se tromper ou à vouloir tromper le monde. La preuve étant qu’il n’a donné aucune suite aux engagements d’ouverture, de dialogue et de main tendue pris dans la foulée de la prorogation. Les opposants affirment à ce propos qu’au lieu de faire risette à Aoun comme à Geagea, si le pouvoir avait été sincère, s’il n’avait pas voulu diviser pour régner, il aurait dû parler avec tout le front contestataire. Pour débattre avec lui du manifeste du Bristol, base de pourparlers. Ils rappellent que nombre d’entre eux continuent à trouver porte close chez les dirigeants, notamment à Baabda. Qu’aucun effort n’est fait pour améliorer les relations avec d’anciens dirigeants devenus membres de Kornet Chehwane. Cependant, comme l’indique le député Nassib Lahoud, si les opposants sont d’accord entre eux sur 90 % des sujets, ils ne s’entendent pas encore sur les 10 % restants. Il leur faut donc, aussi, travailler cette question, pour renforcer leur unité. Plus que jamais indispensable, dans la perspective des élections législatives où les alliances ne seront pas faciles à peaufiner. Philippe ABI-AKL
Walid Joumblatt s’est rendu au domicile de Samir Geagea, l’ancien ennemi, pour un entretien prolongé avec Sethrida Geagea. Un geste doublement politique et symbolique, qui prouve, d’abord, la solidité de l’unité du front opposant. Et ensuite que le leader progressiste donne une suite historique au pacte de la réconciliation conclu en 2001, au cours d’une tournée commune dans la Montagne, avec le patriarche Sfeir. Un traité moral qui avait provoqué aussitôt, de la part du pouvoir, le fameux tabassage de jeunes, et de moins jeunes, aux abords du Palais de justice.
La rencontre et le manifeste du Bristol prennent donc tout leur sens. On sait d’ailleurs qu’Akram Chehayeb a signé, au nom du PSP, la pétition-motion réclamant la libération de Samir Geagea. Antérieurement, Joumblatt, encore loyaliste, refusait de...