Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Un suspense politique inhabituel : la régularité des législatives

Les prochaines législatives seront-elles propres et probes ? C’est la grande question du moment. Bien entendu, les assurances du pouvoir laissent les opposants fortement sceptiques. Ils redoutent que mai 2005 ne soit une réplique de mai 1947. Scrutin resté dans les annales comme un rare modèle de triche totale. Les appréhensions actuelles s’appuient sur les indices suivants : – Un gouvernement manifestement partial. Monochrome et bourré (aux deux tiers) de ministres candidats. Dont les départements vont se mobiliser à leur profit électoral, avec ou sans consignes. D’une manière générale, par des nominations aux postes d’influence et par d’autres mesures, le pouvoir pèse déjà sur la balance. – La possibilité laissée à ce même gouvernement de procéder à sa guise au découpage des circonscriptions. Un créneau qui est, comme on sait, déterminant. Et qui risque donc d’être taillé à la mesure du camp loyaliste. En facilitant, le cas échéant, l’intervention du pouvoir dans la fabrication des listes. De manière à mettre sur pied des alliances savamment dosées, barrant la voie aux réfractaires. – La présence militaire syrienne constitue par elle-même un instrument de pression jouant psychologiquement en faveur des candidats du pouvoir. – La capacité de recenser, et de mobiliser à fond, les électeurs censés appuyer la ligne dite nationale, contre la 1559, aux côtés du pouvoir et des décideurs. Et, inversement, la capacité d’isoler et de dissuader les électeurs favorables à l’indépendance, à la souveraineté, à l’autonomie de décision nationale et à l’opposition. Qui réclame donc, comme on sait, un cabinet des élections neutre. Ainsi que le retrait des forces syriennes avant le rendez-vous du printemps. S’accompagnant d’une loi électorale juste, équilibrée, égalitaire, permettant une saine représentation de proximité, sans écrasement des minorités. Pour une vraie compétition démocratique, comme c’était le cas avant la guerre. Quand les listes de l’opposition avaient vraiment leurs chances face aux listes du pouvoir. Aujourd’hui, l’opposition doit affronter deux autorités : la locale et la syrienne, qui la domine. S’il y a des possibilités de combattre, et de battre, la première elle recourrait au soutien décisif de la seconde. La présence éventuelle d’une équipe d’observateurs internationaux ne serait qu’une maigre consolation, une fois les résultats enregistrés et proclamés. D’autant que ces scrutateurs ne peuvent en aucune manière surveiller des pressions et des immixtions camouflées, invisibles. Ils ne pourraient rien non plus contre une discrimination subreptice, issue du découpage même des circonscriptions. Seul un gouvernement des élections neutre, formé de personnalités au-dessus de tout soupçon, peut représenter une assurance effective en matière de scrutin libre et démocratique. Que peut-on donc attendre ? Selon les opposants, le pouvoir pourrait être tenté de court-circuiter les élections, pour que l’opposition ne parvienne pas à disposer, à la Chambre, du tiers dit de blocage. Mais dans ce cas, soulignent ces sources, il est évident que la légalité internationale, qui tient désormais le Liban sous haute surveillance à travers la 1559, ne resterait pas les bras croisés. Et proclamerait, comme elle l’a fait dans d’autres pays, que les élections libanaises sont tronquées, leurs résultats illégitimes et irrecevables. Pour mettre ensuite ce pays en quarantaine effective. Émile KHOURY

Les prochaines législatives seront-elles propres et probes ? C’est la grande question du moment. Bien entendu, les assurances du pouvoir laissent les opposants fortement sceptiques. Ils redoutent que mai 2005 ne soit une réplique de mai 1947. Scrutin resté dans les annales comme un rare modèle de triche totale. Les appréhensions actuelles s’appuient sur les indices suivants :
– Un gouvernement manifestement partial. Monochrome et bourré (aux deux tiers) de ministres candidats. Dont les départements vont se mobiliser à leur profit électoral, avec ou sans consignes. D’une manière générale, par des nominations aux postes d’influence et par d’autres mesures, le pouvoir pèse déjà sur la balance.
– La possibilité laissée à ce même gouvernement de procéder à sa guise au découpage des circonscriptions. Un...