Quelque trois cents personnes se sont rassemblées hier devant le Palais de justice au Caire, bien que ces protestations contre une présidence héréditaire et un éventuel renouvellement du mandat du chef de l’État égyptien Hosni Moubarak soient officiellement interdites.
C’est le premier rassemblement public de l’opposition sur le thème de la réforme institutionnelle, dont le gouvernement a dit récemment qu’elle ne constituait pas une priorité. Il a été organisé par le Mouvement populaire pour le changement, ainsi que par l’organisation Campagne populaire pour le changement, qui regroupe plusieurs associations de la société civile. Les Frères musulmans (interdits mais tolérés), qui font pourtant partie du Mouvement populaire pour le changement, n’ont pas participé à la manifestation, selon un organisateur. Des adhérents ou sympathisants de la plupart des partis égyptiens de toutes obédiences politiques, ainsi que des personnalités indépendantes, étaient également présents à cette manifestation, a constaté une journaliste de l’AFP. « La manifestation d’aujourd’hui est un signe d’unité de toutes les forces politiques et nous donne l’espoir que nous allons briser l’encerclement », a dit à l’AFP la féministe Nawal Saadaoui, candidate à la prochaine élection présidentielle qui doit se dérouler à l’automne 2005. Les banderoles brandies par les manifestants portaient les mentions : « Assez », « Non à l’hérédité du pouvoir », « Non, à un cinquième mandat ». Une autre banderole proclamait : « Non à Moubarak, à son parti et à son fils. »
Un des organisateurs de la manifestation, Mohammed Abdel Qoddous, président du Comité des libertés du syndicat des journalistes, a déclaré à l’AFP qu’il s’agissait « d’une manifestation symbolique et non d’une manifestation de masse. C’est un premier pas ». Plusieurs centaines de policiers des brigades antiémeutes armés de gourdins et casqués formaient cinq rangées autour du Palais de justice d’où des manifestants tentaient de haranguer la foule. Selon la police, les manifestants, en commençant à s’adresser à la foule, ont violé l’accord passé avec les autorités d’organiser un rassemblement silencieux. La manifestation s’est terminée par un hymne national dont les paroles ont été changées, chanté en chœur par les manifestants. « L’Égypte, mère du monde, tu connais encore l’oppression en politique et en économie, tu mérites une révolution, mon pays », chantaient-ils.
M. Moubarak et son fils ont cependant affirmé à plusieurs reprises qu’ils étaient contre l’hérédité du pouvoir.
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C’est le premier rassemblement public de l’opposition sur le thème de la réforme institutionnelle, dont le gouvernement a dit récemment qu’elle ne constituait pas une priorité. Il a été organisé par le Mouvement populaire pour le changement, ainsi que par l’organisation Campagne populaire pour le changement, qui regroupe plusieurs associations de la société civile. Les Frères musulmans (interdits mais tolérés), qui font pourtant partie du Mouvement populaire pour le changement, n’ont pas participé à la manifestation, selon un organisateur....