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Épouses d’ambassadeurs (Photos)

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur, et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celle, un peu moins formelle, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Sunny Kim, épouse de l’ambassadeur de Corée du Sud. Sunny Kim, une femme de traditions «Bienvenue dans ma modeste demeure!» En quelques mots, madame Kim, que l’on a vite envie d’appeler Sunny, et qui nous prie aussi vite de le faire, donne le ton de l’entrevue et de sa personne. Simple, vraie et humble. Un petit bout de femme, mince, mais qui cache derrière cette apparente fragilité une force tout en douceur. Sa « modeste demeure », enveloppée d’arbres avec vue sur les montagnes et la mer, Sunny Kim en a fait une maison. «Nous habitons, en Corée, au bas d’une montagne. Nous avons la chance de vivre ici dans un cadre pareil. C’est la première fois que nous arrivons dans un lieu où les meubles sont déjà là.» Première mission en tant qu’ambassadeur pour Young Sun-kim, qui avait été au préalable secrétaire d’ambassade à Washington, premier secrétaire à Tokyo et conseiller au Caire puis à Tokyo. Les Kim sont arrivés au Liban avec leur fils Sijoon, âgé de dix-huit ans, en juin 2003, pour une période de trois ans. «Je visite chaque coin de la maison tous les jours. C’est comme ça que je cultive une affection pour elle. Six mois après notre installation, je me sentais déjà chez moi. » Sa petite touche : des tableaux de peintres coréens dont elle est fière, une petite table avec quatre chaises, « c’est ici que nous avons nos discussions les plus importantes. » Et puis enfin une hospitalité élégante et simple, loin des formalités d’usage, qui ressemble déjà à de l’amitié. «Aux soirées de plus de 50 invités où les gens arrivent à peine à se dire bonsoir, je préfère les dîners de 15 personnes où l’on peut vraiment échanger nos idées. » Vingt ans de bonheur Sunny Kim, de son vrai prénom Hyesun, « Hye qui signifie, selon les caractères chinois, grâce, et Sun, jalousie. On pourrait dire : Jaloux de ma grâce, dit-elle en plaisantant, et en français dans le texte, car notre hôte parle le coréen, mais aussi le français, l’anglais, et le japonais. «Mais en fait, ça n’a pas de véritable signification. » De la grâce, elle en a, mêlée à une extraordinaire énergie, une détermination qui lui rappelle sans cesse la mission pour laquelle elle est au Liban, avec son époux d’ambassadeur, rencontré il y a plus de vingt ans. «Nous sommes mariés depuis bientôt 21 ans, avoue-t-elle, en touchant le bois de la table. Née à Séoul, Sunny Kim a fait des études de langue française puis une maîtrise en linguistique à l’Université de Georgetown ; elle a appris l’histoire moderne du Japon à l’Université de Keio à Tokyo et a démarré des études de politique régionale à l’AUC au Caire, qu’elle poursuit actuellement à l’AUB. « Quand nous sommes en mission, j’étudie. En Corée, je travaille. Interprète, professeur, conseillère.» Sa passion, qu’elle a également alimentée de cours, demeure le vin et la bonne chère. « J’ai fait des études pour devenir sommelier au Japon et conseiller culinaire et j’ai obtenu un diplôme. » En Corée, elle a même été directrice d’un restaurant français, « le taste-vin ». Elle aurait pu, enfin, elle l’a voulu un court moment, il y a vingt et un ans, embrasser une carrière diplomatique. « Mais finalement, avoue-t-elle sans regret, je suis à la bonne place. Mon mari fait son travail diplomatique à l’ambassade et moi partout ailleurs. Chez moi, dans la rue, et auprès des institutions et des gens qui en ont besoin. » Alors, lorsqu’elle nous raconte qu’elle reçoit toute personne qui sonne à sa porte, on veut bien la croire. « C’est une tradition chez nous. » Une mission claire « Je me sens très privilégiée de mener cette vie. Le seul problème est mon fils, qui en est maintenant à sa huitième école ! » Sans doute la dernière puisque le jeune homme a choisi de partir se spécialiser à Washington où il est né. « Nous travaillons surtout à créer des ponts entre notre peuple et le vôtre. On se connaît si peu, de part et d’autre ! » Échanges commerciaux et culturels, aides sociales, exposition à l’Unesco font partie du programme. « Depuis que mon mari a été nommé ambassadeur, nous sommes passés des petites responsabilités à de plus grandes charges. Aujourd’hui, nous sommes la Corée au Liban. Nous avons à présent les moyens d’être pratiques et efficaces. Je suis fière de cette charge. » Une charge qui ne semble en rien peser sur ses petites épaules. « Nos peuples sont intelligents, talentueux et créatifs. Mais nous sommes également très différents. Dans mon pays, le sacrifice est à la base de tout. Il se fait à un niveau familial, social et national. Mon père était, pendant dix ans, fonctionnaire de l’Administration. Notre pays était très pauvre, sa seule ressource était humaine. Nous nous sommes concentrés sur l’éducation et l’économie, et nous nous sommes redressés. » Optimiste affichée, elle voudrait croire à ce qu’elle appelle le « miracle des cèdres. » « Dans les années 60, 70, vous étiez dans nos livres d’école. Comme un exemple de pluralisme et de coexistence réussie. Je voudrais revenir dans 20 ans pour voir comment ce pays a changé. Je serais très heureuse de constater ce miracle des cèdres… » Alors rendez-vous dans vingt ans, ou avant, car Sunny Kim est loin d’avoir accompli sa tâche et épuisé son énergie. Carla HENOUD
Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur, et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celle, un peu moins formelle, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Sunny Kim, épouse de l’ambassadeur de Corée du Sud.

Sunny Kim,
une femme de traditions

«Bienvenue dans ma modeste demeure!» En quelques mots, madame Kim, que l’on a vite envie d’appeler Sunny, et qui nous prie aussi vite de le faire, donne le ton de l’entrevue et de sa personne. Simple, vraie et humble. Un petit bout de femme, mince,...