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Rabin, Hussein, Arafat, obsèques symboles de trois figures du Proche-Orient

Les obsèques de Yasser Arafat pourraient, comme celles de Yitzhak Rabin et du roi Hussein de Jordanie, fournir l’occasion à la communauté internationale d’afficher sa volonté de relancer le processus de paix au Proche-Orient. La mort de Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre 1995 par un extrémiste juif, avait provoqué une vive émotion internationale. Signataire des accords d’Oslo, le Premier ministre israélien avait échangé le 13 septembre 1993 une poignée de main historique avec Yasser Arafat, alors chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il avait ensuite partagé le prix Nobel de la paix avec celui-ci et le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres, en 1994. Les funérailles de Rabin avaient rassemblé un million d’Israéliens et des centaines de dignitaires étrangers, et des dirigeants du monde arabe avaient fait le déplacement symbolique à Jérusalem. Le président égyptien Hosni Moubarak s’y était rendu pour la première fois en tant que chef d’État, le roi Hussein de Jordanie pour la première fois depuis 1967. Ce dernier avait déclaré dans son oraison funèbre porter « le deuil d’un collègue et d’un ami, un homme et un soldat qui est venu à notre rencontre en franchissant le fossé qui nous séparait ». « Ne restons pas silencieux, élevons notre voix pour exprimer notre engagement envers la paix, pour toutes les générations à venir », avait ajouté le roi de Jordanie. Le président américain Bill Clinton avait également assisté à la cérémonie, coiffé d’une kippa et accompagné de ses prédécesseurs Jimmy Carter et George Bush père. Le secrétaire général de l’Onu Boutros Boutros-Gali, le Premier ministre britannique John Major et le président français Jacques Chirac participaient également aux obsèques. Yasser Arafat n’avait pas assisté à l’inhumation, les autorités israéliennes ne le souhaitant pas. Mais il présenta peu après ses condoléances au domicile de la famille Rabin, tête nue, sans son keffieh. « C’est comme si Arafat était devenu un membre de la famille », commentera, touchée, la veuve du Premier ministre Léa Rabin. Trois ans après, Hussein de Jordanie mourait d’un cancer, le 7 février 1999. Une semblable émotion avait parcouru le monde à la nouvelle de la disparition d’un roi couronné 46 ans plus tôt, fervent militant de la création d’un État palestinien et signataire d’un traité de paix avec Israël le 26 octobre 1994. Plusieurs dizaines de rois, cheikhs, sultans, présidents et chefs de gouvernement avaient rendu hommage au souverain lors de ses funérailles à Amman, ainsi que le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan. Israël avait envoyé 23 représentants, dont son président Ezer Weizman et son Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien s’était même entretenu avec Yasser Arafat, également présent. « Le fait que nous soyons tous venus ici montrer notre attachement à une paix réelle au Proche-Orient m’a convaincu que je devais essayer de prendre un nouveau départ pour élargir les efforts de paix et les faire passer dans les faits », avait déclaré M. Netanyahu, alors que le processus de paix s’essoufflait. Le président syrien Hafez el-Assad avait également créé la surprise en se rendant dans la capitale jordanienne, alors qu’il entretenait des relations tendues avec le défunt roi. Bill Clinton et trois de ses prédécesseurs à la Maison-Blanche s’étaient inclinés ensemble devant la dépouille du souverain hachémite.
Les obsèques de Yasser Arafat pourraient, comme celles de Yitzhak Rabin et du roi Hussein de Jordanie, fournir l’occasion à la communauté internationale d’afficher sa volonté de relancer le processus de paix au Proche-Orient.
La mort de Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre 1995 par un extrémiste juif, avait provoqué une vive émotion internationale. Signataire des accords d’Oslo, le Premier ministre israélien avait échangé le 13 septembre 1993 une poignée de main historique avec Yasser Arafat, alors chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il avait ensuite partagé le prix Nobel de la paix avec celui-ci et le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres, en 1994. Les funérailles de Rabin avaient rassemblé un million d’Israéliens et des centaines de dignitaires étrangers, et...