Le sélectionneur de l’équipe de France de football Raymond Domenech, se plaçant hier sur le terrain « sportif, et uniquement sportif », sans entretenir de polémique, a décidé de se passer de Robert Pires et Nicolas Anelka pour le match amical contre la Pologne, le 17 novembre.
Souhaitant, dans « la lignée de la constuction d’une équipe, voir des joueurs et trouver des organisations différentes », le sélectionneur a préféré faire appel à quelques nouvelles têtes, celles de Florent Malouda (Lyon), Camel Meriem (Bordeaux), Sylvain Armand (Paris-SG) et Pierre-Alain Frau (Lyon), les deux derniers ayant déjà été appelés mais jamais alignés.
Robert Pires, qui sera présent lundi matin à Paris, pour s’expliquer devant la délégation permanente des Bleus pour avoir mis en avant son équipementier personnel lors du dernier rassemblement, ne rejoindra donc pas ensuite les 19 Bleus convoqués à Clairefontaine. Le plus capé des Bleus ne célébrera donc pas sa 80e sélection contre la Pologne.
Le sélectionneur s’est bien gardé de présenter cette non-sélection comme une sanction envers Pires qui, fâché d’avoir été remplacé à la mi-temps à Chypre (2-0), avait étalé dans le magazine France-Football ses problèmes relationnels avec Domenech.
« C’est un problème sportif, a justifié Domenech. Robert lui-même le dit, il n’est pas au mieux en ce moment, il n’est pas toujours titulaire avec Arsenal. Je suis d’accord avec lui sur ce point, mais cela n’hypothèque en rien son avenir. »
« Je ne juge pas »
Et le sélectionneur de préciser : « Chacun a le droit de s’exprimer. Après, chacun assume les conséquences. Moi, j’ai le droit de répondre ou de ne pas répondre. La liberté appartient à chacun. Je ne juge pas. Je reste au niveau sportif et uniquement au niveau sportif. »
Sur le cas Anelka, dont le retour semblait possible en raison des blessures de Djibril Cissé et David Trezeguet, Domenech a fait la même réponse.
« Nico a la capacité, on le suit. On ne s’en tient pas aux “on dit”. J’ai fais un choix qui, c’est vrai, ne dépend pas complètement de lui parce qu’il y des organisations que je veux voir avec les autres. »
Le retour d’Anelka, qui n’a plus porté le maillot bleu depuis avril 2002 (France-Russie, 0-0) pour s’être lui-même mis hors-jeu en novembre suivant, est donc remis à plus tard, même si le sélectionneur assure que « la porte n’a jamais été fermée et ne l’est pas plus aujourd’hui ».
Ces deux absences de marque, auxquelles s’ajoutent celles de Mexès (AS Rome) et Micoud (Werder Brême), donnent à la liste une forte tonalité « L1 » (12 joueurs sur 19), où les Lyonnais (Abidal, Frau, Govou, Malouda) sont en force malgré les absences de Wiltord et Coupet, blessés.
« Frau (3 buts en L1, 2 en C1) est le meilleur buteur de Lyon, une équipe en tête du championnat, déjà qualifiée pour le deuxième tour en Ligue des champions. Il a la chance d’être dans un club qui peut porter un joueur », note Domenech qui, au sujet de Malouda, espère « qu’il va continuer à montrer la même chose en équipe de France ».
Chez Meriem, c’est plutôt « la polyvalence » qui a séduit le sélectionneur.
Si Silvestre, peu inspiré à Chypre, Evra, et Mendy ne sont pas là, Willy Sagnol, qui n’est pas réapparu depuis l’Euro, fait lui son retour. Mickaël Landreau est quant à lui logiquement appelé en doublure de Barthez en l’absence de Coupet.
La liste des joueurs
Gardiens : Fabien Barthez (Marseille), Mickaël Landreau (Nantes).
Défenseurs : Eric Abidal (Lyon), Sylvain Armand (Paris-SG), Jean-Alain Boumsong (Glasgow Rangers), William Gallas (Chelsea), Gaël Givet (Monaco), Sébastien Squillaci (Monaco).
Milieux : Florent Malouda (Lyon), Rio-Antonio Mavuba (Bordeaux), Camel Meriem (Bordeaux), Benoît Pedretti (Marseille), Willy Sagnol (Bayern Munich), Patrick Vieira (Arsenal).
Attaquants : Pierre-Alain Frau (Lyon), Ludovic Giuly (FC Barcelone), Sidney Govou (Lyon), Thierry Henry (Arsenal), Louis Saha (Manchester United).
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