Nul ne sait encore au Liban et en Syrie par quels moyens la résolution 1559 du Conseil de sécurité enjoignant à la Syrie de retirer ses troupes du Liban sera exécutée, et en particulier si la chose se fera par l’usage de la force ou par des pressions économiques, commente une source ministérielle.
Interrogés sur la façon dont le Liban devra s’y prendre pour désarmer le Hezbollah et les Palestiniens, après le retrait des forces syriennes, les gendarmes du monde se contentent d’un haussement d’épaule et d’une évidence. C’est au gouvernement libanais et à l’armée de le faire, répondent-ils, en ajoutant que le peuple libanais aspire à la liberté, à l’indépendance et à la souveraineté.
Pour sa part, et la déclaration ministérielle en gestation le dira clairement, le gouvernement libanais place la stabilité interne et sa garante, la relation stratégique libano-syrienne, en tête de ses priorités.
Selon la source ministérielle citée, seule l’armée syrienne a la possibilité de mettre à exécution le volet « désarmement des milices » de la résolution 1559, si elle y trouve son intérêt. Et dans ce cas, ce n’est pas par l’usage de la force, mais par la persuasion politique, qu’elle le fera. Bien entendu, une telle option n’est envisageable que si Damas obtient satisfaction sur ses demandes fondamentales, et pour commencer la restitution du Golan. Dans le cas contraire, on voit mal le Liban réussir à imposer l’application de la 1559 en dehors d’un traité de paix avec Israël.
Conclusion pratique, et étant exclu que les États-Unis ou, pire encore, Israël décident de se lancer dans une nouvelle aventure militaire aux conséquences incalculables, il ne reste à Washington que les pressions économiques pour faire respecter les dispositions de la résolution 1559.
Toutefois, Washington devra y regarder à deux fois avant de recourir à l’arme des sanctions économiques contre la Syrie et le Liban, dans la mesure où ces sanctions pénaliseront bien plus les peuples de ces deux pays que leurs dirigeants.
Bien entendu, s’il fallait choisir entre l’effondrement économique et la violence des armes, le Liban opterait sans aucun doute pour la première de ces catastrophes, plutôt que pour l’anarchie généralisée. Pour un Liban pauvre aux côtés d’une Syrie pauvre, plutôt que pour un Liban qui se déchire.
Pour l’instant, le Liban vit dans une espèce de limbes politiques, en attendant l’issue de la présidentielle américaine. Une victoire de George Bush, pense la source ministérielle citée, précipiterait les sanctions économiques contre le Liban et, par conséquent, une crise sociale qui pèserait de tout son poids sur les prochaines élections législatives.
Selon la source citée, ces sanctions pourraient survenir à la fin des élections législatives en Irak, prévues pour le mois de janvier 2005. Avec ce scrutin et l’élection présidentielle derrière eux, les États-Unis se libéreraient pour s’occuper sérieusement de Beyrouth et de Damas.
En tout état de cause, la perspective de sanctions économiques américaines devrait inciter le gouvernement libanais à accélérer les réformes structurelles nécessaires afin de mettre le Liban à l’abri d’une crise financière. Ces sanctions, on ne le répétera jamais assez, pénaliseront d’abord la population, avant d’affecter le gouvernement. Elles pourraient, d’un autre côté, conduire à un durcissement du régime.
Ainsi, selon le ministre cité, l’intérêt bien compris du Liban serait dans une victoire de John Kerry, qui lui permettrait de gagner du temps et de tenter d’œuvrer pour ressouder ses rangs et dépasser les divisions internes qui ont marqué la prorogation du mandat du président Lahoud. En tous les cas, des mois difficiles pointent à l’horizon.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Nul ne sait encore au Liban et en Syrie par quels moyens la résolution 1559 du Conseil de sécurité enjoignant à la Syrie de retirer ses troupes du Liban sera exécutée, et en particulier si la chose se fera par l’usage de la force ou par des pressions économiques, commente une source ministérielle.
Interrogés sur la façon dont le Liban devra s’y prendre pour désarmer le Hezbollah et les Palestiniens, après le retrait des forces syriennes, les gendarmes du monde se contentent d’un haussement d’épaule et d’une évidence. C’est au gouvernement libanais et à l’armée de le faire, répondent-ils, en ajoutant que le peuple libanais aspire à la liberté, à l’indépendance et à la souveraineté.
Pour sa part, et la déclaration ministérielle en gestation le dira clairement, le gouvernement libanais place la...