Des flammes géantes, toutes crépitantes, qui s’emparent des arbres et les avalent avec voracité.
Des hectares entiers de forêts qui partent en fumée, du Nord au Sud.
Des habitants asphyxiés par la fumée qui brûle leurs poumons, terrorisés par ces flammes qui menacent, dans leur folle course, leurs habitations et leurs familles.
Des volontaires qui luttent sans arrêt souvent même au péril de leur vie contre les sinistres que d’autres ont sciemment allumés.
De timides cris d’alarme qui fusent d’ici ou de là, pour sauver un patrimoine forestier menacé d’extinction.
Déjà des promesses dans l’air, mais rien que des paroles en l’air, comme d’habitude !
Fort heureusement, depuis deux jours, la pluie est au rendez-vous, mais avec quelques jours de retard.
Les feux sont désormais éteints. Les arbres ont été lavés des dernières traces de cendre mélangée à la poussière de l’été. Les senteurs de la terre mouillée ont pris le dessus sur l’asphyxiante odeur de brûlé.
Mais en guise de collines verdoyantes, c’est désormais de terres brûlées que le promeneur assoiffé d’espaces verts devra se contenter dans ses promenades dominicales.
Encore plus d’hectares noircis par les sinistres, encore moins d’espaces verts à admirer, alors que ceux-ci constituaient déjà moins de 6 % de la superficie du pays au début de l’été.
Tel est désormais le triste lot du citoyen.
Déjà envolées les promesses formulées il y a quelques jours par les nouvelles autorités ?
Indubitablement remise à plus tard, la chasse aux coupables qui mettent chaque année le feu aux bois à la veille de la saison froide afin d’en récolter le charbon pour se réchauffer en remplacement d’un mazout devenu inabordable.
Reportée encore, la campagne de sensibilisation à l’intention des villageois et des municipalités qui déversent leurs poubelles dans les vallées encore vertes, tout en les brûlant sous prétexte de lutter contre les odeurs nauséabondes et les microbes.
Oubliée, elle aussi, l’interdiction faite aux agriculteurs de défricher leurs terres par le feu, notamment en pleine sécheresse.
Exclu surtout le combat, car c’est d’un véritable combat qu’il s’agira, contre les propriétaires terriens des régions sans cadastre, qui brûlent les forêts pour repousser la limite de leurs terres, s’appropriant ainsi les biens de l’État.
Face à ces pratiques aussi criminelles qu’ancestrales, les cigarettes oubliées par des promeneurs inconscients ou distraits semblent, elles, bien dérisoires.
Quant à la détermination du (nouveau) gouvernement à préserver ce qui reste du patrimoine forestier, c’est malheureusement au prochain incendie qu’on la verra.
Anne-Marie EL-HAGE
Des flammes géantes, toutes crépitantes, qui s’emparent des arbres et les avalent avec voracité.
Des hectares entiers de forêts qui partent en fumée, du Nord au Sud.
Des habitants asphyxiés par la fumée qui brûle leurs poumons, terrorisés par ces flammes qui menacent, dans leur folle course, leurs habitations et leurs familles.
Des volontaires qui luttent sans arrêt souvent même au péril de leur vie contre les sinistres que d’autres ont sciemment allumés.
De timides cris d’alarme qui fusent d’ici ou de là, pour sauver un patrimoine forestier menacé d’extinction.
Déjà des promesses dans l’air, mais rien que des paroles en l’air, comme d’habitude !
Fort heureusement, depuis deux jours, la pluie est au rendez-vous, mais avec quelques jours de retard.
Les feux sont désormais éteints. Les arbres ont...
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