Ancien champion des Arabes, le raïs a perdu de son aura
le 29 octobre 2004 à 00h00
Longtemps considéré comme le champion de la cause palestinienne aux yeux des Arabes, le dirigeant palestinien Yasser Arafat a perdu de son aura. Considéré comme l’incarnation de la lutte palestinienne depuis la fondation, il y a près de 40 ans, du mouvement Fateh, le raïs est aujourd’hui le chef d’un Exécutif palestinien fantôme.
Même si les accords d’Oslo de 1993, aux termes desquels M. Arafat a reconnu le droit d’Israël à exister, n’avaient pas fait l’unanimité au sein du monde arabe et lui avaient valu des accusations de « trahison », le chef palestinien avait réussi sept ans plus tard à retrouver son image de combattant acharné pour les droits du peuple palestinien.
En juillet 2000, il avait été accueilli en héros au retour des négociations de Camp David, au cours desquelles il avait refusé notamment « de brader » le droit au retour des réfugiés palestiniens et la souveraineté sur la mosquée al-Aqsa à Jérusalem-Est. Deux mois plus tard, le déclenchement de la deuxième intifada lui avait assuré la solidarité sans faille de l’ensemble du monde arabe.
Mais petit à petit, face à l’intensification des opérations militaires israéliennes sur le terrain en riposte aux attentats-suicide palestiniens et aux pressions politiques américaines, M. Arafat avait fait marche arrière.
Après avoir proclamé haut et fort fin mars 2002 qu’il préférait mourir en « martyr », M. Arafat s’était en partie plié aux conditions israéliennes en acceptant de livrer des combattants palestiniens qui s’y étaient retranchés. Les images des convois des activistes quittant le quartier général, la « Mouqataa », pour être livrés à l’armée israélienne, diffusées par les chaînes satellitaires arabes, avaient suscité choc et mépris.
En outre, souligne Emad Gad, expert du centre des études politiques et stratégiques d’al-Ahram, « la révélation des affaires de corruption, le manque de transparence dans la gestion des fonds par Arafat et les informations sur les dépenses colossales de sa femme Souha ainsi que le clientélisme qui a provoqué des dissensions au sein des services de sécurité ont terni son image de symbole intouchable de la cause palestinienne ».
« L’opinion publique a découvert qu’il était un chef d’État autocrate parmi d’autres dans le monde arabe, tandis que son Exécutif donnait l’image d’une bande armée », affirme-t-il.
Pour la première fois, sa gestion a été publiquement contestée par des responsables comme le président égyptien Hosni Moubarak qui évoquait ouvertement sa succession dès juin 2002.
Le guide des Frères musulmans en Égypte, Mohammed Mehdi Akef, partage le même point de vue. « Arafat est devenu un chef d’État arabe, un dictateur comme les autres. »
Longtemps considéré comme le champion de la cause palestinienne aux yeux des Arabes, le dirigeant palestinien Yasser Arafat a perdu de son aura. Considéré comme l’incarnation de la lutte palestinienne depuis la fondation, il y a près de 40 ans, du mouvement Fateh, le raïs est aujourd’hui le chef d’un Exécutif palestinien fantôme.
Même si les accords d’Oslo de 1993, aux termes desquels M. Arafat a reconnu le droit d’Israël à exister, n’avaient pas fait l’unanimité au sein du monde arabe et lui avaient valu des accusations de « trahison », le chef palestinien avait réussi sept ans plus tard à retrouver son image de combattant acharné pour les droits du peuple palestinien.
En juillet 2000, il avait été accueilli en héros au retour des négociations de Camp David, au cours desquelles il avait refusé...
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