Un ami étranger qui désirait visiter le Liban pour la première fois m’a demandé de lui décrire mon beau pays :
Par où commencer ? Eh bien, prenons le Sud. Là-bas, nous avons des intégristes barbus, kalachnikov au poing, poignard entre les dents et dynamite à la ceinture, prêts à exploser à la figure du premier qui sait épeler correctement le mot sioniste.
Au Nord, nous avons des barbus qui ne rêvent que de faire appliquer la « charia » partout dans le pays. Eux, côté intimidation, n’ont rien à envier à ceux du Sud, à part peut-être leurs connaissances en marketing, nouvelles technologies de l’information et outils multimédias, enfin tout l’attirail du rebelle du troisième millénaire.
À l’Est, nous avons une belle plaine située entre les deux chaînes montagneuses qui traversent le pays.
Elle est grande, verte, bien parcellisée, et elle abrite notre meilleure ambassadrice à l’étranger (bien avant Miss Liban). De qui je parle ? Mais oui, d’elle... pourquoi avoir honte ? Après tout, les cultures de cannabis seront bientôt reconnues patrimoine national.
Allons plus à l’Est, traversons la chaîne de l’Anti-Liban et nous arrivons en S... Non, tout compte fait, retournons vite fait, bien fait, sans éveiller les soupçons.
On lève les yeux et on regarde le beau ciel azur. Mais que vois-je ? Deux traits blancs. Je les avais oubliés, ceux-là : ils doivent constamment nous rappeler que le ciel peut nous tomber sur la tête à n’importe quel moment, en attendant que nos barbus (ceux du Sud) s’équipent en F-14.
Que nous reste-t-il alors ?
Ah oui, Beyrouth, ô combien chantée, idolâtrée, mise en vers, en strophes, en alexandrins.
Beyrouth avec toutes ses contradictions, les belles fausses blondes de la rue de Verdun (vous pensez bien qu’elles ne descendent pas des croisés quand même), qui côtoient les quartiers défavorisés de la banlieue sud où des bambins en pantoufles fouillent les poubelles.
Mais, me diriez-vous, à Beyrouth se trouve le cœur du Liban, son organe vital, son futur étincelant : la jeunesse.
Alors voyons voir cette jeunesse : elle est branchée, stylée, maquillée, arrangée, pas cultivée, disjonctée, américanisée, abrutisée, « cellularisée », superficialisée, débauchée... perdue quoi.
Mais alors, où aller ? Que reste-t-il à faire ?
Femmes et enfants d’abord, tout le monde à la mer.
Issam SARKIS
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un ami étranger qui désirait visiter le Liban pour la première fois m’a demandé de lui décrire mon beau pays :
Par où commencer ? Eh bien, prenons le Sud. Là-bas, nous avons des intégristes barbus, kalachnikov au poing, poignard entre les dents et dynamite à la ceinture, prêts à exploser à la figure du premier qui sait épeler correctement le mot sioniste.
Au Nord, nous avons des barbus qui ne rêvent que de faire appliquer la « charia » partout dans le pays. Eux, côté intimidation, n’ont rien à envier à ceux du Sud, à part peut-être leurs connaissances en marketing, nouvelles technologies de l’information et outils multimédias, enfin tout l’attirail du rebelle du troisième millénaire.
À l’Est, nous avons une belle plaine située entre les deux chaînes montagneuses qui traversent le pays.
Elle est...