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Société Le Congrès américain : un lieu où fleurissent les milliardaires

Le Congrès américain est un lieu où fleurissent les milliardaires tant républicains que démocrates, un phénomène qui s’explique par le niveau social élevé de nombreux élus et les coûts de plus en plus prohibitifs des campagnes électorales. La Chambre des représentants comptait au moins 123 millionnaires en dollars l’an dernier, soit près de 30% de ses membres, tandis qu’au Sénat cette proportion était du même ordre avec une trentaine de sénateurs pesant au moins un million de dollars, selon les informations sur les revenus et les avoirs des parlementaires en 2003 rendues publiques la semaine passée. Ce rapport est publié depuis 1978. En comparaison, la population américaine compte moins d’un pour cent de millionnaires. Cette concentration de fortunes au Capitole provient surtout du fait « que sénateurs et représentants sont souvent membres de professions libérales, notamment des avocats, ou viennent des milieux d’affaires », relève Thomas Mann, un expert du Congrès de la Brookings Institution. En outre, la mobilisation de fonds de plus en plus énormes requise pour se faire élire, particulièrement dans les États très peuplés comme New York ou la Californie, « conduit les partis politiques (démocrate et républicain) à rechercher des candidats capables de financer eux-mêmes au moins une partie de leur campagne », a-t-il dit. L’exemple le plus célèbre est celui de Jon Corzine, ancien PDG de la firme d’investissement de Wall Street Goldman Sachs, qui a dépensé quelque 60 millions de dollars de ses propres fonds – un record – pour se faire élire sénateur démocrate du New Jersey en 2000, a rappelé l’historien du Sénat Richard Allan Baker. Cependant, ceux qui ont peu d’argent mais des talents politiques peuvent aussi décrocher un siège au Congrès, s’ils ont suffisamment d’amis disposant de moyens financiers, a-t-il dit. C’est le cas du sénateur démocrate Russell Feingold, du Wisconsin, qui était professeur d’université. On compte des élus fortunés chez les républicains – conservateurs et bienveillants pour les intérêts des milieux d’affaires –, comme parmi les démocrates, plus progressistes et défenseurs de la classe moyenne et des pauvres. Bill Frist, le chef de la majorité républicaine du Sénat, un chirurgien spécialiste des transplantations cardiaques, élu du Tennessee, disposait d’une fortune estimée à environ 45 millions de dollars en 2003, selon les documents publiés ces derniers jours. Son opposant, le leader de la minorité démocrate, le sénateur Tom Daschle, de l’État très peu peuplé du Dakota du Sud, a déclaré au total des actifs inférieurs au million de dollars en plus de son salaire du Sénat de 171 900 dollars en 2003, le même que celui de M. Frist. Les autres sénateurs ont touché 154 700 dollars. Mais d’autres démocrates au Sénat sont aussi riches, voire nettement plus que leurs collègues républicains. Il s’agit de vieilles fortunes de famille comme celle de Ted Kennedy, 45 millions de dollars, ou de John Rockefeller, 80 millions de dollars. Côté Chambre, la plus fortunée est la démocrate de Californie Jane Harman, dont les avoirs avec ceux de son mari dépassent 160 millions, suivie du républicain Amo Houghton (New York), héritier de Corning Glass (150 millions). Parmi les moins fortunés, il y a des démocrates mais aussi des responsables républicains. Le représentant Bill Thomas (Californie), président de l’une des plus puissantes commissions de la Chambre, n’a déclaré en 2003 aucun actif ou autre revenu d’investissement en plus de son salaire d’élu de 157 000 dollars par an et de la valeur de son habitation. Le plus riche du Congrès est de loin le sénateur John Kerry, le candidat démocrate à la Maison-Blanche en novembre, grâce à son épouse, Teresa Heinz, héritière de la famille du même nom, après le décès de son premier mari. Elle dispose d’au moins 500 millions de dollars.
Le Congrès américain est un lieu où fleurissent les milliardaires tant républicains que démocrates, un phénomène qui s’explique par le niveau social élevé de nombreux élus et les coûts de plus en plus prohibitifs des campagnes électorales.
La Chambre des représentants comptait au moins 123 millionnaires en dollars l’an dernier, soit près de 30% de ses membres, tandis qu’au Sénat cette proportion était du même ordre avec une trentaine de sénateurs pesant au moins un million de dollars, selon les informations sur les revenus et les avoirs des parlementaires en 2003 rendues publiques la semaine passée. Ce rapport est publié depuis 1978.
En comparaison, la population américaine compte moins d’un pour cent de millionnaires.
Cette concentration de fortunes au Capitole provient surtout du fait « que sénateurs...