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Attaques antichrétiennes, une tentative pour semer la sédition (Photo)

Les attaques contre cinq églises à Bagdad samedi, au début du mois musulman de ramadan, visent à semer la sédition dans un pays où les chrétiens se sentent de plus en plus menacés, estiment des responsables. Samedi, deuxième jour du mois de jeûne du ramadan pour les sunnites et le premier pour les chiites, a été marqué par des attaques à la bombe contre cinq églises de Bagdad, qui ont fait d’importants dégâts mais aucune victime. « Les assaillants ont un seul but : semer la sédition au sein de la société irakienne. Mais ils ne pourront toucher notre unité », a commenté samedi Younadam Kanna, représentant chrétien au Conseil national (Parlement provisoire). Son collègue sunnite Dara Noureddine s’est dit autant indigné et a dénoncé, lui aussi, une « tentative de diviser la population ». Le Premier ministre Iyad Allaoui avait d’ailleurs promis mercredi de montrer aux membres du Conseil national des documents sur les activités des « groupes terroristes » accusés de « vouloir semer la sédition confessionnelle et ethnique en Irak ». « Les églises sont des cibles faciles, car ce sont des lieux de culte ouverts à tous », a relevé M. Kanna. « Les maisons de Dieu sont ouvertes à tous, nous ne pouvons pas les fermer. Nous appelons (les assaillants) à ne pas toucher aux lieux de culte, quels qu’ils soient », a lancé de son côté le patriarche chaldéen Emmanuel Delly. Ces attaques vont sans doute renforcer les inquiétudes des chrétiens, dont les lieux de culte ont déjà été la cible d’attentats en août. Dix personnes avaient été tuées et 50 blessées dans quatre attentats à Bagdad et Mossoul (Nord). Un groupe islamiste inconnu, le « Comité de planification et de suivi en Irak », en avait alors assumé la responsabilité, mais le responsable de la sécurité nationale de l’époque, Mouaffak al-Roubaïe, avait pointé un doigt accusateur contre le groupe du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui. Début octobre, sept chrétiens ont été tués dans une embuscade tendue dans le sud de Bagdad. De nombreux chrétiens qui travaillent comme interprètes avec les forces américaines ont également connu une fin tragique. Les membres de cette communauté minoritaire (quelque 3 % d’une population de 24 millions d’âmes), qui ont le quasi-monopole de la vente d’alcool à Bagdad, ont vu aussi une multiplication des attaques contre leurs débits de boissons. Ils sont enfin une cible privilégiée des gangs criminels qui, alléchés par la réputation de richesse matérielle qu’ont les chrétiens en Irak, enlèvent des membres de leur famille et promettent leur libération contre une rançon. Face à l’insécurité, plusieurs familles sont allées s’installer au Kurdistan irakien, qui jouit d’un certain calme, en Syrie ou en Jordanie, selon M. Kanna. La ministre irakienne des Déplacés et des Émigrés, Pascale Icho Warda, elle-même chrétienne, avait avancé après les attentats d’août le chiffre de 40 000 chrétiens irakiens qui auraient quitté le pays. Mgr Delly avait pourtant demandé dès juillet des garanties sur le renforcement de la sécurité des chrétiens. C’est ce qu’a répété M. Kanna en assurant que « le gouvernement doit assumer sa responsabilité dans les protections des églises et des autres lieux de culte ». Les grandes mosquées de Bagdad, qui n’ont pas obtenu des gardes de sécurité du gouvernement, sont protégées par des hommes armés dépendant des autorités religieuses. Si certaines églises ont déployé des barbelés autour des édifices, elles ne bénéficient pas de protection armée.
Les attaques contre cinq églises à Bagdad samedi, au début du mois musulman de ramadan, visent à semer la sédition dans un pays où les chrétiens se sentent de plus en plus menacés, estiment des responsables.
Samedi, deuxième jour du mois de jeûne du ramadan pour les sunnites et le premier pour les chiites, a été marqué par des attaques à la bombe contre cinq églises de Bagdad, qui ont fait d’importants dégâts mais aucune victime.
« Les assaillants ont un seul but : semer la sédition au sein de la société irakienne. Mais ils ne pourront toucher notre unité », a commenté samedi Younadam Kanna, représentant chrétien au Conseil national (Parlement provisoire). Son collègue sunnite Dara Noureddine s’est dit autant indigné et a dénoncé, lui aussi, une « tentative de diviser la population ».
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