Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L’exfiltration, une opération-commando à très haut risque

Une opération-commando pour libérer l’otage britannique Kenneth Bigley est réalisable, mais les risques sont très élevés et chaque détail devrait être méticuleusement préparé, estimaient hier des experts militaires. « Honnêtement, je pense que ce serait une initiative incroyablement risquée et dangereuse mais cela enverrait un message extraordinairement fort en cas de succès », affirme Thomas Withington, spécialiste des questions militaires au Centre for Defence Studies du King’s College de Londres. « Et ce message serait : “Si vous déc... avec nous, voilà ce qui arrive” », ajoute-t-il. Pour autant, une telle opération devrait être très soigneusement préparée, chaque détail minutieusement étudié, souligne-t-il. « C’est faisable et les gens (capables de le faire) sont déjà sur le terrain actuellement, poursuit-il. Je ne voudrais pas spéculer, mais j’imagine que des membres des SAS (Special Air Service/commandos britanniques) sont opérationnels en Irak. » Les SAS, qui se sont illustrés sur plusieurs théâtres d’opérations ces dernières années, sont des spécialistes des « coups tordus » et des interventions éclair derrière les lignes ennemies. « Ils ont déjà fait ça et sont les meilleurs au monde pour ce genre de boulot », estime Thomas Withington. « Les SAS ne perdent pas de temps. Ils ne prennent pas de prisonniers, explique cet expert. S’ils y vont, personne n’y échappera à part l’otage. On expliquera qu’il n’y a aucun intérêt à arrêter ces gens-là. » « Souvenez-vous du siège de l’ambassade d’Iran à Londres », en 1980, note-t-il, rappelant la façon dont les SAS avaient libéré des otages et neutralisé leurs ravisseurs après l’un des plus longs sièges de l’histoire. Paul Beaver, l’un des experts militaires britanniques les plus respectés, estime lui aussi qu’une « exfiltration » de Kenneth Bigley est réalisable. Mais « tout dépend des informations dont on dispose », explique-t-il. Où est l’otage, dans quel type de pièce, où sont ses ravisseurs, combien sont-ils, etc... Le succès d’une telle opération suppose que les commandos soient capables de « tuer les preneurs d’otages en quelques secondes », souligne-t-il. Paul Beaver, qui a longtemps travaillé pour le groupe de presse spécialisée Jane’s mais est maintenant à son compte, est lui aussi persuadé que des SAS sont en Irak. Les chances de succès d’une mission de ce type sont, selon lui, de 60 à 70 pour cent. Pourtant « pas assez élevées pour donner le feu vert, si j’étais Premier ministre » à la place de Tony Blair, observe-t-il. Paul Beaver, comme Thomas Whitington, est persuadé que l’option a été examinée (et l’est peut-être encore) par le gouvernement britannique. Un autre expert, le commandant (à la retraite) Charles Heyman, juge pour sa part qu’une opération-commando ne sera « probablement tentée qu’en dernier ressort ». « Il est possible que (Kenneth Bigley) soit relié à des explosifs, ou gardé 24 heures 24... La meilleure option, c’est la diplomatie. »
Une opération-commando pour libérer l’otage britannique Kenneth Bigley est réalisable, mais les risques sont très élevés et chaque détail devrait être méticuleusement préparé, estimaient hier des experts militaires.
« Honnêtement, je pense que ce serait une initiative incroyablement risquée et dangereuse mais cela enverrait un message extraordinairement fort en cas de succès », affirme Thomas Withington, spécialiste des questions militaires au Centre for Defence Studies du King’s College de Londres. « Et ce message serait : “Si vous déc... avec nous, voilà ce qui arrive” », ajoute-t-il.
Pour autant, une telle opération devrait être très soigneusement préparée, chaque détail minutieusement étudié, souligne-t-il. « C’est faisable et les gens (capables de le faire) sont déjà sur le terrain...