Dans le souci de contribuer à désamorcer la tension politique dans le pays, qui prend dans certains milieux des connotations confessionnelles, le Comité national pour le dialogue islamo-chrétien effectue une tournée auprès des principaux responsables politiques et religieux du pays. Les membres du comité, MM. Harès Chéhab, Mohammed Sammak, Camille Menassa, Michel Abs, Ali Hassan, Abbas Halabi et Jean Salmanian, ont été reçus hier par l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar. Ils ont estimé que l’ouverture et la coopération sont dans l’intérêt supérieur du Liban. Le comité n’a pas abordé des questions directement politiques, qui ne sont pas de son ressort.
Kabalan aux responsables :
« Ne réveillez pas les vieux démons »
Dans son prêche du vendredi, hier, le vice-président de Conseil supérieur chiite, cheikh Abdelamir Kabalan, a appelé à « l’unité nationale et à la convivialité qui constituent le seul salut du Liban ».
Commentant la situation actuelle, cheikh Kabalan a dénoncé « les prises de position irresponsables, les attaques et les contre-attaques, et les accusations injustifiées ». Appelant « au dialogue, au civisme et à l’éthique politique », il a indiqué que le pays a besoin « d’une école qui apprenne l’amour, la coopération, l’échange et la confiance en l’autre ».
Cheikh Kabalan a invité les politiciens à « mettre un terme aux conférences, aux réunions et aux propos inutiles ». « Ne réveillez pas les vieux démons, n’ouvrez pas les blessures mal cicatrisées, ne revenez pas en arrière car notre passé est noir et triste. » Appelant à « l’ouverture » et s’adressant aux responsables, il a déclaré : « Qui de vous n’a pas commis d’erreurs, qui est innocent, qui a la conscience tranquille et n’a pas du sang sur les mains ? » Il les a également invités à « se taire, réparer les erreurs et oublier leur égoïsme ».
Le vice-président du Conseil supérieur chiite a enfin appelé à la mise en place « d’un gouvernement compétent qui accorde la priorité à l’intérêt national et à celui des citoyens ».
Opposition
Le BN met en garde contre de nouveaux amendements constitutionnels
Le Bloc national (BN) a estimé hier, dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son comité exécutif, qu’à la lumière du dernier amendement constitutionnel, rien ne garantit que la Constitution ne sera pas révisée, à nouveau, à l’avenir. Ces amendements interviendraient, selon le communiqué, pour permettre l’implantation des Palestiniens ou bien pour remettre en question l’entité libanaise.
« Nous craignons qu’un arrangement syro-américain ne vienne ouvrir la voie à ces amendements, en substituant notamment le Liban au Golan », ajoute le communiqué, dénonçant du même coup la « coopération stratégique entre le Liban et la Syrie, qui cache des réseaux d’intérêts et de corruption ».
Le BN a également invité les Libanais à ne pas attendre « la liberté à travers les Nations unies », mais à lutter eux-mêmes pour l’obtenir, « notamment en choisissant des députés qui pourraient défendre les valeurs libanaises ».
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Kabalan aux responsables :
« Ne réveillez pas les vieux démons »
Dans son prêche du vendredi, hier, le vice-président de Conseil...