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Actualités - Reportage

Mode Le sac, une grande affaire de femmes (photos)

À l’heure où, à Paris, l’Union centrale des Arts décoratifs organise une rétrospective mondiale du sac et de ses divers usages à travers la géographie et le temps, plus près de nous, Nathalie Khoury revisite cet accessoire féminin par excellence et reprend sa génétique contemporaine pour lui insuffler une nouvelle modernité. À défaut de se rendre au Louvre, on pourra toujours faire un petit tour du côté du nouvel espace Aïzone de la rue al-Moutran, autour du bar du restaurant « People » qui révélera ce soir son nouveau décor : les sacs de Nathalie Khoury y feront l’événement. Le sac est un mystère, et ce n’est pas pour rien que son ouverture par un tiers est le comble de l’indiscrétion, d’autant que, dans la psychanalyse du pauvre, il est assimilé au…vagin ! Dis-moi quel est ton sac, et ce qu’il y a dedans et je te dirai donc, très exactement, qui tu es. Utilitaire ou de simple coquetterie, le sac est un accessoire incontournable, intemporel, qui exprime sans ambages nos caractères et nos goûts. Chacune d’entre nous y serre quelque chose de son intimité et de son identité secrète. Il valait donc bien le double intérêt que nous lui portons dans cette page aujourd’hui. ÉVÉNEMENT Les sacs de Nathalie Khoury au nouvel espace Aïzone Bonne nouvelle, l’espace Aïzone tente une ouverture vers les créateurs libanais. Après le réaménagement du restaurant « People » à la rue al-Moutran, le bar, adjoint à la boutique « Aïzone » destinée aux délires de la mode, accueillera désormais des installations provisoires d’accessoires dont la première est consacrée à Nathalie Khoury, jeune designer spécialisée dans le sac. Graphiste de formation, Nathalie Khoury est doublée d’un connaisseur es-mode, sa propre mère étant propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter de luxe. Tombée dans la marmite dès son plus jeune âge, elle se passionne très vite pour l’accessoire, et n’a de cesse que de chercher de nouvelles formes, toujours consternée par celles qu’offre le marché. Loin des sacs stéréotypés qui servent le plus souvent de publicité pour leurs fabricants, avec leurs sigles affichés en grand, elle voit cet article féminin par excellence comme l’expression d’une identité singulière. Passionnée par les années rétro, de l’Art déco aux fifties, elle s’attache à les remettre au goût du jour. Avec l’aide d’une équipe d’artisans confirmés, elle produit ainsi une ligne de sacs en laiton, véritables boîtes à secrets revêtues de cuirs précieux. Oblongs, géométriques ou en prismes, les sacs de Nathalie Khoury ressemblent à des jouets pour adultes et s’ouvrent comme des boîtes de cosmétiques, et ce n’est pas un hasard si cette collection s’intitule « Lipstick » ! À découvrir dès ce soir au bar du Aïzone, rue al-Moutran. EXPOSITION Luxe ou nomade: la géographie planétaire du sac à Paris «Bilums» papous, «furoshikis» japonais, filets à provisions, sacs plastiques ou de luxe, sacs divinatoires africains ou bourses à reliques du Moyen Âge... L’exposition «Le cas du sac» à l’Union centrale des Arts décoratifs à Paris est une géographie planétaire du sac à travers les âges et les civilisations. Du 6 octobre au 20 février, plus de 300 pièces d’origines les plus variées vont dialoguer, des plus nobles aux plus modestes: réticules, bourses, balluchons, filets, cabas, cartables, sacs à dos, aumonières, pochettes, poches, gibecières, carnassières, escarcelles, besaces, etc. L’itinéraire chronologique a été délaissé au profit du genre et de la fonction, selon une progression qui prend en compte la proximité puis l’éloignement du corps qui les porte. «L’idée était de ne pas faire une exposition seulement sur le sac de mode, mais de montrer les différents chemins d’expérimentation du sac», explique à l’AFP Olivier Saillard, commissaire de la première exposition jamais consacrée au sac dans cette dimension. Le point de départ est ainsi «l’urgence du sac» ou le sac pris dans son usage quotidien avec le cabas ou le filet à provisions, «geste le plus antique, comme le montre le décor d’une coupe de 480 avant J-C montrant un jeune homme portant un filet», souligne Olivier Saillard. L’usage professionnel varie aussi selon les civilisations, du sac de plombier occidental au sac de chasseur Dogon. Dis-moi quel sac tu portes je te dirai qui tu es, pourrait être le sous-titre de cet événement, tant le sac «est un objet-relais privilégié des valeurs et des tensions, des croyances et des conflits de la vie en société», écrit l’historien de la mode Farid Chenoune, qui a dirigé le catalogue exceptionnel qui accompagne l’exposition. «À travers lui, transite comme dans un sas la vie elle-même, ses réalités et ses rêves, ses apprêtés et ses illusions, ses habitudes et ses utopies», poursuit-il. Le paysan y transporte ses graines, l’artisan ses outils de travail, le marin ses effets personnels, l’élégante de quoi se remaquiller, etc. Le sac, curieusement, est en fait la carte de visite des populations sédentaires et non pas celle des nomades, ce que la chercheuse Véronique Schiltz appelle «le paradoxe nomade». «Dans cette économie de la mobilité qui est celle de la non-accumulation et du strict nécessaire, le sac n’avait pas sa place», dit-elle, car tout simplement le nomade n’est pas un marcheur mais un cavalier. «Aujourd’hui encore, le nomade qui se déplace dans la steppe kazakhe ou les montagnes kirghizes porte en bandoulière des jumelles ou un fusil mais jamais ou très exceptionnellement un sac». En revanche, ce que l’on voit, c’est un sac de bât accroché à la selle ou posé de chaque côté de sa monture. L’exposition, coréalisée avec la maison Hermès, s’arrête avec jubilation sur le sac de toile à carreaux dit «Barbès», du nom d’un quartier parisien habité par de nombreux Africains, «le sac le plus universel qui soit, au motif devenu un classique comme le tweed Chanel ou le tartan Burberry, souligne Olivier Saillard. On ne sait pas qui l’a inventé. On sait en revanche qu’il est fabriqué en Chine et que des créateurs et des designers se sont emparés de sa toile». Le sac de mode n’est pas oublié. «Avec lui, le sac à porter est devenu le sac à montrer», résume-t-il. Les poches amovibles qui se portaient sous la robe à la Française au XVIIIe siècle et auxquelles on accédait par une fente se sont transformées en objets surexposés qui mettent «trop en évidence le marché juteux dont ils dépendent», conclut Olivier Saillard. VÊTEMENT ET TECHNOLOGIE Le vêtement communicant, c’est pour bientôt ! Les chercheurs de France Télécom viennent de mettre au point un prototype opérationnel d’écran couleur souple intégré dans les vêtements qui vient enrichir le potentiel des services permettant d’afficher des images sur soi. Une première gamme de vêtements dédiés à ce système a été réalisée par Elisabeth de Senneville, designer. Téléchargement sur écran souple depuis un téléphone mobile Un nouveau moyen d’expression simple et accessible à tous. Ces écrans souples afficheurs ouvrent la voie à un nouveau mode d’expression: l’image portée sur soi personnalise les vêtements de celui qui les porte, en fonction du lieu où se trouve l’utilisateur, de ses centres d’intérêts, de son humeur du moment… L’affichage de visuels animés sur soi élargit sensiblement le champ de la communication personnelle en permettant d’échanger instantanément et de manière originale des émotions, des envies, ou encore de revendiquer certaines idées, à l’image de certains tee-shirts imprimés. C’est l’utilisateur qui décide du type d’information qu’il souhaite valoriser sur lui (dessin, logo, animations ou courts messages qu’il génère lui-même ou reçoit d’autres personnes). «Le vêtement devient un support privilégié d’expression graphique pour façonner ses humeurs. C’est toute une symbolique personnelle, une émotion ou un état d’esprit qu’on peut désormais afficher publiquement et en toute simplicité au travers d’ images animées et de mini-textes qui attirent l’œil», précise Emeric Mourot, le chef de projet R&D. Gamme de vêtements compatibles L’écran est connecté à un téléphone portable via un lien Bluetooth qui permet d’envoyer des dessins ou des animations par MMS à un autre utilisateur pourvu du même équipement. Grâce à une application logicielle spécifique embarquée, le mobile sert de télécommande pour actionner toutes les fonctionnalités de l’écran: réglage de la luminosité, choix des motifs à diffuser, saisie de texte, dessin de visuels animés simples, téléchargement d’animations sur Internet…Un éditeur de visuels animés plus évolué a par ailleurs été réalisé pour permettre aux professionnels de proposer leurs propres animations, qui seront en ligne et téléchargeables via Internet depuis le terminal mobile. Visuels animés Il est également possible d’utiliser son écran en mode «autonome» via des capteurs intégrés à celui-ci (lecture de séquences visuelles en mémoire de l’écran, animations spécifiques en fonction de l’activité physique, de l’environnement sonore…). Vers une industrialisation à court terme Cette génération d’écrans souples afficheurs s’inscrit dans le prolongement des travaux réalisés ces dernières années par les équipes R&D de France Télécom autour des vêtements communicants. Elle marque une nouvelle étape technologique : bien plus qu’une illustration de concept, le prototype actuel s’apparente à une véritable innovation industrialisable. Son originalité réside dans l’utilisation d’une technologie à base de diodes électroluminescentes reportées sur un support souple, lui-même enrobé de couches textiles, ce qui favorise la diffusion de la lumière et procure à l’écran un aspect textile confortable et résistant. Par rapport aux écrans à fibres optiques développés par la même équipe de chercheurs (prix de l’innovation en 2002 au Salon du textile Avantex), l’écran afficheur est plus lumineux, en couleurs et s’intègre mieux dans les vêtements grâce à sa petite taille (10 cm sur 7 cm) et à son poids léger (environ 50 grammes, auxquels s’ajoute une batterie de 100 grammes environ). L’écran est amovible et s’insère dans une simple poche, située dans le vêtement. Il est simple d’utilisation et relié à une batterie rechargeable de 4h d’autonomie. Au-delà du caractère ludique et «tendance» pour le grand public, des applications sont envisageables dans les secteurs professionnels de l’événementiel et de la communication (possibilité des personnels encadrant des manifestations d’afficher en temps réel des informations pour les visiteurs), de la publicité, de la sécurité publique… Insertion dans un vêtement En juillet, des tests d’usage serviront à valider l’intérêt des fonctionnalités proposées, à faire émerger des usages spécifiques et à vérifier leur confort d’utilisation. En parallèle, les équipes R&D de France Télécom achèvent de se familiariser avec ce marché tout juste émergeant des vêtements communicants, en finalisant les études de marché et un modèle économique approprié en vue d’une prochaine industrialisation des prototypes existants, et travaillent dès aujourd’hui aux évolutions futures de ce nouvel écran, et en particulier sa compatibilité avec un grand nombre de téléphones mobiles. FIFI ABOUDIB
À l’heure où, à Paris, l’Union centrale des Arts décoratifs organise une rétrospective mondiale du sac et de ses divers usages à travers la géographie et le temps, plus près de nous, Nathalie Khoury revisite cet accessoire féminin par excellence et reprend sa génétique contemporaine pour lui insuffler une nouvelle modernité. À défaut de se rendre au Louvre, on pourra toujours faire un petit tour du côté du nouvel espace Aïzone de la rue al-Moutran, autour du bar du restaurant « People » qui révélera ce soir son nouveau décor : les sacs de Nathalie Khoury y feront l’événement. Le sac est un mystère, et ce n’est pas pour rien que son ouverture par un tiers est le comble de l’indiscrétion, d’autant que, dans la psychanalyse du pauvre, il est assimilé au…vagin ! Dis-moi quel est ton sac, et ce qu’il...