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Actualités - Rencontre

RENCONTRE Ghiwa et Ghadi Sayegh: priorité à la musique (photos)

Ils ne sont pas encore sortis de l’enfance mais déjà ils sont empreints de l’âge adulte. Le piano est leur terrain de prédiction et de prédilection quand pour d’autres jeunes ce sont les rythmes hip-hop ou rave qui mènent le rêve…Dans le tumulte des gammes au Conservatoire national supérieur, ils étaient sagement là, sous la férule de leur mère, très attentionnée à leurs études, leur carrière et leur inspiration. On les a déjà applaudis sur plus d’une scène beyrouthine (avec un petit parcours hors frontières entre l’Italie et l’USA) et si les rencontrer n’est pas un fait du hasard c’est pour mieux les révéler au public dont ils seront peut-être un jour les vedettes. Ghiwa et Ghadi Sayegh étaient ponctuels au rendez-vous, à côté de deux pianos dont ils font talentueusement résonner les touches d’ivoire. Cheveux noirs dénoués, le regard pétillant, Ghiwa, quinze ans et en seconde scientifique, a des propos de «grande». Propos sages et parfois d’une étonnante maturité dans la bouche d’une jeune fille même pas encore en fleur… La confidence avec elle est simple et facile. À côté, en musique de fond, son frère Ghadi s’est attaqué déjà aux premières mesures d’un concerto pour Haydn. «C’est poussé par mes parents que j’ai commencé à faire du piano… dit Ghiwa. J’avais quatre ans… Mon plaisir est dans le travail. Cela fait plus de onze ans que je fais de la musique sous la direction de mes professeurs (Hasmig Barjian, Walid Moussallem) et, aujourd’hui, des “master class” avec Victor Bunin. Je ne me rappelle pas avoir trouvé des difficultés pour avancer dans mes partitions. J’avoue qu’au départ c’était surtout pour les parents. Mais, par la suite, c’est devenu mon rêve à moi… Je n’ai pas de prédilection pour un compositeur précis, mais je préfère les époques baroque, classique, romantique. Par ailleurs, j’écoute aussi les œuvres des modernes et des contemporains.» La musique, une porte entre deux mondes… Entre études scolaires et exigences du clavier, cette pianiste en herbe a-t-elle le temps de lire? «Oui, souligne-t-elle, je lis énormément. Surtout des romans… C’est varié… La culture c’est important. Je lis aussi mes classiques: Corneille, Racine. Mais c’est la musique par-dessus tout que j’aimerai faire. Et j’ose dire que la musique c’est ma vie! Tout en comprenant la nécessité de faire des études universitaires dans une discipline scientifique. Mais je persiste à croire que la musique est une priorité et j’aimerai surtout me consacrer à elle...» Et qu’est-ce que la musique pour Ghiwa? «C’est la porte entre le monde tangible et concret, et le monde abstrait...» Fin de conversation sur cette définition bien «savante» mais, pour une pianiste douée, il n’y a pas de limites. Ghiwa Sayegh se produira Noël prochain (et pour la deuxième fois, donnant la réplique à un orchestre!) dans l’impétueux Concerto n°3 pour clavier et orchestre de Beethoven. D’ici là, retour aux gammes. Rêve de concertiste C’est au tour de Ghadi de se présenter. Treize ans, frêle, cheveux lisses et de jais, lunettes de myopie, passe en quatrième et beaucoup de détermination mesurée: «J’ai commencé aussi le piano à quatre ans. Un peu influencé par ma sœur qui me devançait, mais aussi poussé par mes parents. Non, au début ce n’était pas difficile, c’est avec le temps surtout que cela le devient. Surtout que j’aime Bach, Mozart, Chopin et Beethoven.» Un élève de quatrième a-t-il le temps de s’exercer au clavier? «Je fais en général deux heures de piano en jour de semaine et trois à quatre en week-end. Non, je n’ai pas beaucoup de temps pour le basket que je préfère au foot!» Voilà des aveux de son âge. Lui arrive-t-il de jouer à quatre mains au clavier avec sa sœur? Et devant le public Ghadi a-t-il le trac? «Oui il nous arrive de jouer parfois à quatre mains. Non je n’ai pas de trac devant le public. Au contraire, j’aime montrer ce que je sais jouer. Tel mon concert en Italie où j’étais content de m’éxécuter. En fait, je rêve d’être concertiste. Tout en sachant parfaitement que je devrais suivre des études de médecine pour assurer une carrière sûre et stable. » Et quel est, pour ce jeune pianiste, la définition de la musique ? « C’est la façon d’exprimer ses sentiments. Personnellement, je ne suis pas attiré par la musique pop, rock ou rave. Je me suis retrouvé dans la musique classique. J’ai aimé le piano, alors je continue. Mais j’écoute aussi les chansons arabes comme celles de Feyrouz et de Wadih el-Safi… » Pour Noël, Ghadi Sayegh interprétera à Beyrouth un concerto en ré majeur de Haydn. Une première dans sa vie de jeune pianiste parce qu’il donnera la réplique à un orchestre. D’ici là, retour aux exercices sur clavier et... aux cours en classe. Edgar DAVIDIAN

Ils ne sont pas encore sortis de l’enfance mais déjà ils sont empreints de l’âge adulte. Le piano est leur terrain de prédiction et de prédilection quand pour d’autres jeunes ce sont les rythmes hip-hop ou rave qui mènent le rêve…Dans le tumulte des gammes au Conservatoire national supérieur, ils étaient sagement là, sous la férule de leur mère, très attentionnée à leurs études, leur carrière et leur inspiration. On les a déjà applaudis sur plus d’une scène beyrouthine (avec un petit parcours hors frontières entre l’Italie et l’USA) et si les rencontrer n’est pas un fait du hasard c’est pour mieux les révéler au public dont ils seront peut-être un jour les vedettes. Ghiwa et Ghadi Sayegh étaient ponctuels au rendez-vous, à côté de deux pianos dont ils font talentueusement résonner les...