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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Hommage aux 25 livres Toute ronde, cette fameuse pièce de monnaie, dont la majorité des Libanais ignore l’existence, fête aujourd’hui ses deux ans. Son malheur, c’est qu’elle a élu domicile à la Banque centrale, et seuls les collectionneurs de monnaie, « s’ils sont au courant », peuvent se la procurer. Elle a vu le jour lors de l’instauration de la TVA, quand nos géants en économie ont enterré la piastre et se sont dit qu’il n’y aurait plus d’objets à taxer à moins que deux cent cinquante livres. Et pourtant, la piastre existe toujours, et à titre d’exemple, dans les relevés de banque et dans les contrats de loyer. Comment voulez-vous alors espérer une reprise de l’économie quand le Libanais se méfie de la petite monnaie ? D’autre part, pourquoi l’État a-t-il gaspillé de l’argent pour émettre une pièce qui ne verra jamais le jour ? Malgré cela, nos meilleurs vœux de prospérité pour cette pièce de 25 livres. Antoine SABBAGHA À la découverte du Barouk Il y a quelques temps, le ministre de l’Environnement – démissionnaire –, M. Farès Boueiz, participait à l’inauguration du reboisement de la forêt de Tannourine – une belle initiative, en espérant que d’autres projets écologiques suivront. Il faudrait aussi adresser un grand bravo à M. Walid Joumblat qui, contre vents et marées, a su préserver le paysage, l’environnement et l’atmosphère saine d’une partie de la montagne libanaise. La réserve des cèdres du Barouk est une merveille naturelle. Rien à voir avec les cèdres du Nord. Ici, tout est resté naturel, tout est vierge, seuls certains animaux en liberté y résident, rien n’est commercialisé. Il faut vraiment aimer la nature, sa beauté, sa magie pour apprécier ce site. Un grand merci à la société (non gouvernementale) qui gère ce site, à ses employés et ses guides, qui, malgré leur nombre réduit, arrivent à s’occuper des visiteurs. Fouad A. SALHA Nouvelle ère Je viens de lire le journal, en particulier l’éditorial et la tribune des lecteurs. Je constate que le Liban commence à émerger de toutes ces années d’obscurantisme. « Une nouvelle ère » commence et « l’heure n’est plus au tiers-mondisme, mais au changement », comme l’a bien souligné Amine Assouad. Bravo à l’équipe entière du journal qui ne pratique pas la langue de bois. Randa GÉRARD Permis de tuer... sur les routes Je m’étais déjà insurgé contre le problème de la conduite au Liban, mais je pense que si des mesures ont été prises, elles ne constituent que l’arbre qui cache la forêt. Le vrai problème est l’obtention du permis de conduire: ce n’est un secret pour personne (même pas pour un Français) que celui-ci s’achète ou se règle devant un verre, et de toute façon ne nécessite, dans la pratique s’entend, aucune connaissance du code de la route. Imaginez qu’un jour, un avocat décide de prendre le problème en main et attaque l’État, le rendant responsable de ne pas avoir mis en garde les jeunes Libanais contre les risques de la conduite et de ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour éviter le drame. Et que se portent partie civile toutes les familles qui ont été concernées par un accident de la route et les conséquences qui ont suivi. Vite, Monsieur le ministre de l’Intérieur, une réforme efficace et en profondeur dans ce domaine. Et, Messieurs les présidents des municipalités : des passages pour piétons, s’il vous plaît ! Yves KERLIDOU Menue monnaie et problèmes (pas) menus En parle-t-on assez de ces routes libanaises qui tuent ? … De ces bolides 4 x 4 qui déboulent sur plus de 100 à l’heure, vous aveuglant la nuit de tous leurs phares, vous assourdissant de leur klaxon beuglant, jouant avec la mort – la vôtre, bien entendu, car leurs conducteurs, eux, sont bien à l’abri, perchés bien haut, dominant la chaussée et les autres usagers. Sans parler des « allemandes » à bord desquelles tout le monde ou presque se sent l’âme d’un Michael Schumacher sur un tracé de Formule 1. Le problème, écrit ce correspondant, est dans l’octroi du permis de conduire, obtenu on ne sait que trop bien comment dans ce pays. Sait-on par exemple que dans l’émirat du Koweït, le code de la route est inscrit au programme des écoliers du cycle primaire, ce qui donnera plus tard des adultes capables au moins de déchiffrer un panneau indicateur et de respecter les règles élémentaires de (bonne) conduite? Une lectrice relate la mésaventure (mais s’agit-il bien d’une mésaventure ?) à elle survenue au matin d’un jour de ce mois de septembre. Quand elle fut réveillée en sursaut par un groupe de soldats venus vérifier si les papiers militaires de l’un de ses fils étaient en règle. Un autre problème, qui paraît préoccuper un nombre de plus en plus grand de Libanais, est celui de l’environnement. C’est ainsi qu’un lecteur adresse un grand bravo au ministre (démissionnaire) de l’Environnement pour l’opération de reboisement de la forêt de Tannourine et décerne dans la foulée un satisfecit à M. Walid Joumblatt qui a si bien su préserver une partie de la montagne des méfaits de la pollution et des déprédations causées par la main de l’homme. Enfin, petit sourire dans cette grisaille qui n’est pas seulement automnale : l’hommage d’un lecteur à la pièce de 25 livres, portée sur les fonts baptismaux par son père, le ministre des Finances, et sa mère, la TVA. Eh oui, il faut de tout pour faire un monde. Et une économie. Le choc du retour Quand on est libanais et qu’on vit à l’étranger, il est vital de se rafraîchir la mémoire. Pour ce faire, il suffit de venir passer quelques jours au pays. On est accueilli à l’aéroport, d’abord, par la « façade du marché commercial libanais », en l’occurrence des vendeurs de téléphones portables et de cartes rechargeables. En ayant soin, bien sûr, de fourguer au consommateur un appareil truqué au prix de l’original, tout en promettant des options qui s’avéreront plus tard totalement inexistantes. Puis ce sera l’aventure suicidaire sur les routes, transformées en carrefours autoroutes. Car il vous semble rouler sur une autoroute à deux sens, mais finalement elle a été prorogée (elle aussi) pour contenir quatre sens. C’est dire qu’un sème-la-mort au volant vous fait un pied de nez et emprunte la voie horizontalement, provoquant un branle-bas de combat parmi les conducteurs syncopés. Puis vient la meilleure : l’agent responsable de la sécurité des automobilistes, qui fait consciencieusement son devoir et colle une contravention à la jeune conductrice qui n’avait pas mis sa ceinture de sécurité. Et dire qu’actuellement on parle d’une « politique d’ouverture ». Mais l’on est également en droit de demander: à quand «la fermeture»? La fermeture des petits commerces de tout genre, abritant des corrupteurs et des voleurs, qui bénéficient certainement d’une couverture. Le touriste se fait avoir. Le consommateur se fait avoir. Le citoyen se fait avoir. Sécurité et contrôle, laissez-moi rire. Qui sait seulement ce que nous avons mangé dans nos assiettes cet été ? Muriel MATTA Limassol Le comble du ridicule 19 septembre, 7h30. Tout le monde dort encore. Eh oui, c’est dimanche. Qu’il est doux de traîner !... Quand soudain, nous sommes réveillés par une sonnerie continue, celle de l’appartement. L’auteur de l’alerte est apparemment pressé. Je rêve encore ?... Non, il doit y avoir urgence, le feu à l’immeuble. D’un bond, mon époux sort du lit et d’un sprint record, se dirige vers la porte d’entrée, cognant sur son passage l’aide de maison, qui, agitée, lui explique qu’il y a une armée de militaires, mitraillette au poing, derrière la porte. Il leur ouvre, ils s’expliquent. Ils sont venus vérifier si les papiers de dispense du service militaire de mon fils (21 ans) sont en règle. Deux minutes après, j’arrive en courant et croise mon mari qui est rentré réveiller mon fils. Je me retrouve seule face à trois Rambo qui piétinent mon tapis d’entrée (...). Rapidement, je fais un bilan de la situation: non, je ne rêve pas, je suis bien là, postée devant eux, eux chez moi, ou moi chez eux, je ne sais plus. Après vérification des documents, ils prennent congé... Je cours au balcon qui est encore mouillé à cause de la rosée. J’aperçois une jeep suivie d’un camion militaire chargé d’une vingtaine de soldats armés jusqu’aux dents (...). Messieurs les dirigeants, j’ai deux fils qui aiment leur pays et qui croient encore en son avenir. Ils poursuivent leurs études universitaires au Liban, mais franchement, tout cela était d’un ridicule... Jessica ANID

Hommage aux 25 livres

Toute ronde, cette fameuse pièce de monnaie, dont la majorité des Libanais ignore l’existence, fête aujourd’hui ses deux ans. Son malheur, c’est qu’elle a élu domicile à la Banque centrale, et seuls les collectionneurs de monnaie, « s’ils sont au courant », peuvent se la procurer. Elle a vu le jour lors de l’instauration de la TVA, quand nos géants en économie ont enterré la piastre et se sont dit qu’il n’y aurait plus d’objets à taxer à moins que deux cent cinquante livres. Et pourtant, la piastre existe toujours, et à titre d’exemple, dans les relevés de banque et dans les contrats de loyer. Comment voulez-vous alors espérer une reprise de l’économie quand le Libanais se méfie de la petite monnaie ? D’autre part, pourquoi l’État a-t-il gaspillé de l’argent pour...