Sceptique sur le bien-fondé d’envoyer l’Otan en Irak, la France a finalement donné son feu vert aux contours de la mission de formation des forces de sécurité irakiennes, mais seulement après en avoir durement négocié le cadre.
Les ambassadeurs des 26 pays membres de l’Otan ont donné leur accord politique mercredi soir au lancement effectif de cette mission, acceptée sur le principe par les dirigeants de l’alliance fin juin à Istanbul, mais dont le contenu précis restait à négocier.
La mission, à laquelle la diplomatie française aura tenté jusqu’au bout de fixer des limites, comporte l’envoi de centaines d’instructeurs de l’Otan pour former des officiers supérieurs des forces de sécurité irakiennes dans une académie militaire située près de Bagdad. Cette académie sera protégée à la fois par la Force multinationale (FMN) sous commandement américain et par des soldats de l’Otan.
Il reste encore nombre de détails à régler, dont la taille exacte de la mission de l’Otan, sa durée ainsi que la composition des pays y participant. La France, l’Allemagne et la Belgique – opposants de la première heure à la guerre en Irak –, ainsi que l’Espagne ont exclu d’envoyer des militaires en Irak, tandis que les États-Unis devraient y avoir logiquement une place prépondérante.
Pour en arriver là, il aura fallu près de trois mois de négociations ardues, souvent houleuses, pour définir les modalités précises de la mission, allant de sa chaîne de commandement aux tâches qui vont lui incomber et à sa protection en territoire hostile. À chaque étape, la France, souvent suspectée de jouer les trublions à l’Otan, a tenté d’ériger des garde-fous.
Pour la France, l’exercice était délicat : d’une part, éviter de légitimer la stratégie américaine en Irak et d’y entraîner l’Otan ; de l’autre, ne pas renier ses engagements pris dans le cadre de l’Onu.
Lorsqu’en juillet dernier, les États-Unis ont plaidé en faveur d’un commandement unique entre la mission de l’Otan et les forces de la coalition, la France, appuyée par plusieurs autres nations, s’y est catégoriquement opposée. Paris craignait que cela ne revienne à « absorber » l’Otan. Le compromis, fort en symbole mais qui ne trompe guère, prévoit qu’un officier américain de la Force multinationale, le général David Petraeus, déjà chargé des activités de formation menées par la FMN en Irak, dirigera sur le terrain le programme de l’Otan, mais fera rapport à l’alliance.
Pour la France, le principal souci était aussi de « circonscrire » le risque que les formateurs ou la force qui sera chargée de les protéger puissent se retrouver, volontairement ou non, entraînés dans des opérations offensives, selon des sources diplomatiques.
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Les ambassadeurs des 26 pays membres de l’Otan ont donné leur accord politique mercredi soir au lancement effectif de cette mission, acceptée sur le principe par les dirigeants de l’alliance fin juin à Istanbul, mais dont le contenu précis restait à négocier.
La mission, à laquelle la diplomatie française aura tenté jusqu’au bout de fixer des limites, comporte l’envoi de centaines d’instructeurs de l’Otan pour former des officiers supérieurs des forces de sécurité irakiennes dans une académie militaire située près de Bagdad. Cette académie sera protégée à la fois par la...