Le Kremlin avait accepté une revendication
du commando de Beslan, révèle Aslakhanov
le 17 septembre 2004 à 00h00
Le Kremlin avait accepté une revendication du commando de Beslan, celle de libérer une trentaine de rebelles prisonniers pour les échanger contre des otages, a affirmé hier le conseiller du président russe Vladimir Poutine, le Tchétchène Aslambek Aslakhanov, ayant négocié avec les terroristes.
« Ils ont exigé une trentaine des leurs : huit d’entre eux étaient détenus à Nazran (en Ingouchie voisine), quant aux autres, en 24 heures nous pouvions les rassembler tous », a déclaré le responsable en précisant qu’il s’agissait de participants présumés à l’assaut mené le 22 juin en Ingouchie par des Tchétchènes et des Ingouches qui avait fait 90 morts.
Le 2 septembre, dans l’après-midi, « j’en ai discuté (avec Vladimir Poutine) et il a été décidé que nous allions les leur livrer. Le président m’a dit : fais tout pour qu’il n’y ait pas d’effusion de sang », a dit l’ex-député tchétchène qui ne s’est rendu à Beslan que le lendemain, une heure avant le dénouement tragique de la prise d’otages.
Il a confirmé deux autres revendications du commando terroriste : le retrait des troupes russes de Tchétchénie et la reconnaissance de l’indépendance de la République du Caucase du Nord.
Critiques d’un expert
De nouvelles précisions sur les circonstances du drame de Beslan (Ossétie du Nord) ont été apportées par ailleurs hier dans l’interview d’un membre de la cellule de crise, accordée sous le couvert de l’anonymat au journal en ligne gazeta.ru. « N’importe quel livre sur la lutte antiterroriste dit qu’il faut persuader les preneurs d’otages qu’il n’y aura pas d’assaut et en même temps préparer l’assaut. C’est un axiome », indique-t-il. « À Beslan, on a fait le contraire. On a persuadé les bandits que l’assaut aurait lieu, mais on ne l’a pas préparé. On les en a persuadés par ce qu’on a dit à la télévision qu’il n’y avait que 354 otages, tout en sachant que les terroristes regardaient la télévision », a-t-il poursuivi. « Les autorités peuvent mentir, mais ces mensonges doivent profiter aux otages. Dans ce cas, les bandits se sont énervés, croyant qu’en minimisant le nombre des otages les autorités préparaient l’opinion publique à l’assaut. » Le fait que les autorités n’ont pas rendu publiques les exigences des preneurs d’otages a encore renforcé la conviction de ces derniers qu’il y aurait un assaut, a ajouté le responsable.
Le Kremlin avait accepté une revendication du commando de Beslan, celle de libérer une trentaine de rebelles prisonniers pour les échanger contre des otages, a affirmé hier le conseiller du président russe Vladimir Poutine, le Tchétchène Aslambek Aslakhanov, ayant négocié avec les terroristes.
« Ils ont exigé une trentaine des leurs : huit d’entre eux étaient détenus à Nazran (en Ingouchie voisine), quant aux autres, en 24 heures nous pouvions les rassembler tous », a déclaré le responsable en précisant qu’il s’agissait de participants présumés à l’assaut mené le 22 juin en Ingouchie par des Tchétchènes et des Ingouches qui avait fait 90 morts.
Le 2 septembre, dans l’après-midi, « j’en ai discuté (avec Vladimir Poutine) et il a été décidé que nous allions les leur livrer. Le président m’a...
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