Le Maroc, qui a fait de l’intégration du Sahara occidental à son territoire une « cause sacrée » du royaume, est soumis à un regain de pression internationale à la suite de nouvelles prises de position de l’Afrique du Sud et de l’Onu.
Rabat a pris pour un véritable camouflet la décision de l’Afrique du Sud, annoncée mercredi, de reconnaître officiellement la République arabe sahraouie démocratique (RASD, autoproclamée). Ce « soi-disant État », selon l’expression marocaine, se bat pour l’indépendance du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole de la côte Atlantique, au sud du Maroc, annexée par le royaume en 1975.
Quelques heures seulement après l’annonce sud-africaine, Rabat faisait connaître sa décision de rappeler « pour consultation » son ambassadeur à Pretoria. Le Maroc déplore une décision jugée « partiale, surprenante et inopportune » et « exprime sa déception face à la nouvelle politique extérieure du gouvernement sud-africain », a indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères.
La diplomatie marocaine avait déjà encaissé, le même jour, les propos de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu au Sahara occidental, Alvaro De Soto, affirmant à Alger qu’il était « mandaté » pour trouver « une solution fondée sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ».
Le Maroc, qui juge « obsolète et inapplicable » l’idée d’un référendum d’autodétermination pour le territoire contesté, voyait ainsi M. De Soto réaffirmer solennellement ce principe onusien longtemps défendu par son prédécesseur, l’ancien secrétaire d’État américain James Baker.
Un rappel d’autant plus amer pour le Maroc que les propos de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu ont été tenus en Algérie – principal soutien de la RASD – et après une visite de M. De Soto à Rabat puis dans les camps de réfugiés de Tindouf (sud-ouest algérien) où il a rencontré Mohammed Abdelaziz, le chef du Front Polisario, bras armé de la RASD.
Un son de cloche un peu plus positif pour les Marocains est venu de Madrid, où le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a estimé que le plan Baker et son projet de référendum au Sahara occidental constituent une « référence », mais ne sont pas « sacro-saints ».
Des responsables sud-africains, parlant sous couvert d’anonymat à Pretoria, ont indiqué que la décision avait été accélérée par la venue de délégués sahraouis à la cérémonie d’ouverture du Parlement panafricain (PAP) hier à Midrand, près de Johannesburg.
Le Maroc est lui-même absent de ce nouveau Parlement, issu de l’Union africaine (ex-Organisation de l’unité africaine – OUA), une structure continentale dont le Maroc s’est retiré en 1984 en raison, précisément, de l’admission en son sein de représentants officiels de la République sahraouie.
Selon une étude parue au Maroc, le nombre des pays qui reconnaissent la RASD s’est réduit ces dernières années de soixante-quinze à un peu plus d’une quarantaine. Les grandes puissances ne se sont jamais prononcées, et la RASD n’a pas été admise au sein de l’Onu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Maroc, qui a fait de l’intégration du Sahara occidental à son territoire une « cause sacrée » du royaume, est soumis à un regain de pression internationale à la suite de nouvelles prises de position de l’Afrique du Sud et de l’Onu.
Rabat a pris pour un véritable camouflet la décision de l’Afrique du Sud, annoncée mercredi, de reconnaître officiellement la République arabe sahraouie démocratique (RASD, autoproclamée). Ce « soi-disant État », selon l’expression marocaine, se bat pour l’indépendance du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole de la côte Atlantique, au sud du Maroc, annexée par le royaume en 1975.
Quelques heures seulement après l’annonce sud-africaine, Rabat faisait connaître sa décision de rappeler « pour consultation » son ambassadeur à Pretoria. Le Maroc déplore une...