La sécurité a été renforcée presque partout en Europe, même si la plupart des mesures demeurent discrètes, notamment autour des missions diplomatiques espagnoles, certains pays proposant par ailleurs de collaborer avec l’Espagne à l’enquête sur les attentats de jeudi à Madrid.
En France, où la coopération antiterroriste avec l’Espagne essentiellement contre les séparatistes basques clandestins d’ETA est déjà très poussée, des renforts de police ont en outre été déployés aux postes-frontières, notamment à Biriatou, au Pays basque.
Le président Jacques Chirac a par ailleurs présidé hier un Conseil restreint qui a examiné « la bonne application des mesures de précaution (...) dans le cadre du plan (antiterroriste) Vigipirate ». Les drapeaux ont en outre été mis en berne pour trois jours et le plan Vigipirate est passé vendredi du niveau d’alerte « jaune » à l’« orange » pour « prévenir le risque d’une action criminelle ou terroriste considérée comme plausible », selon un communiqué. Cette mesure prévoit l’engagement de militaires supplémentaires en renfort des services de police, notamment dans les gares, ports et aéroports et dans les transports publics. Également voisin de l’Espagne, le Portugal a renforcé les contrôles frontaliers. Les organisateurs de l’Euro 2004 de football (12 juin-4 juillet) n’excluent pas de prendre des mesures de sécurité renforcées autour de la sélection espagnole. Quant au gouvernement grec, il a demandé l’assistance de l’Otan pour assurer la sécurité des Jeux olympiques d’août prochain.
En Italie, des renforts de police ont été déployés autour des ambassades et des consulats d’Espagne, ainsi que des bureaux de la compagnie aérienne Iberia. Des contrôles plus stricts sont exercés à l’aéroport de Rome, en particulier autour des vols pour l’Espagne.
La Belgique, pays hôte des principales institutions européennes, et le Luxembourg ont aussi pris des mesures pour renforcer la sécurité des lieux sensibles.
Aucune mesure particulière aux frontières ou dans les aéroports n’a été mise en œuvre en Grande-Bretagne, mais le chef de la police de Londres, John Stevens, a rappelé que le pays était depuis plus d’un an au degré 2 (le 1 étant le plus élevé) d’alerte antiterroriste.
Les autorités japonaises, l’un des plus proches alliés des États-Unis en Asie, ont, de leur côté, annoncé hier se tenir en état d’alerte. Le Japon est déjà en état d’alerte depuis l’envoi l’année dernière de soldats pour participer à la reconstruction de l’Irak et des menaces prêtées à el-Qaëda de frapper Tokyo en plein cœur.
Enfin, aux États-Unis, des mesures supplémentaires ont été prises pour renforcer la sécurité, notamment du système ferroviaire, mais le ministère de la Sécurité intérieure ne prévoyait pas hier de relever le niveau d’alerte terroriste.
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