Qualifiés de « monstrueux » par les Nations unies, de « pire acte terroriste jamais commis dans l’Union européenne » par le Parlement européen, et d’« attaques brutales » par le président américain George W. Bush, les attentats d’hier à Madrid ont semé la consternation.
Mais c’est à l’intérieur de l’Union européenne que l’émotion a été la plus vive : tous les drapeaux au siège bruxellois de la Commission européenne, comme dans les représentations de l’Exécutif de l’UE à l’étranger ainsi que ceux de l’Espagne et de l’UE devant le bâtiment du Parlement européen à Strasbourg ont été mis en berne.
Les députés européens ont observé une minute de silence et plusieurs hauts responsables européens, dont le président de la Commission européenne Romano Prodi, ont participé à Bruxelles à une manifestation silencieuse de solidarité avec l’Espagne et contre le terrorisme.
« C’est, par ses conséquences (...), l’acte terroriste de mémoire le plus grave dans un pays de l’Union européenne », a lancé le président du Parlement européen Pat Cox.
« Le terrorisme en Europe n’a jamais connu une telle ampleur ces derniers temps », a, quant à lui, constaté le chancelier allemand Gerhard Schröder.
Le président américain George W. Bush a appelé le roi d’Espagne Juan Carlos et le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar pour leur dire qu’il se tenait « fermement aux côtés du peuple espagnol ».
« J’apprécie la lutte menée par le gouvernement espagnol contre le terrorisme, son attitude résolue contre des organisations terroristes comme l’ETA. »
Alors que les réactions officielles se bornaient à condamner l’attentat sans désigner de coupable, le secrétaire d’État américain Colin Powell a lui aussi stigmatisé l’organisation séparatiste basque ETA et exprimé le soutien des États-Unis contre « les maux du terrorisme de l’ETA ».
Dans la longue série de messages exprimant la réprobation générale, le pape Jean-Paul II a qualifié les attentats d’« exécrables », le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer les a jugés « abominables » et le président français Jacques Chirac « irresponsables ».
Pour le président russe Vladimir Poutine « cet acte barbare et absurde a montré de nouveau que la communauté internationale devait lutter de façon encore plus résolue contre le terrorisme », une conviction partagée par le Premier ministre britannique Tony Blair.
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, « profondément choqué et indigné », a espéré que les responsables des attentats seraient rapidement traduits devant la justice. « La mort d’innocents ne peut être justifiée, quelle que soit la cause (...) C’est moralement inacceptable », a-t-il ajouté.
« Les terroristes doivent savoir qu’avec des attentats sans scrupules et monstrueux comme ceux de Madrid, ils ne réussiront pas à détruire l’édifice du droit international et des droits de l’homme », a averti le haut-commissaire par intérim de l’Onu pour les droits de l’homme, Bertrand Ramcharan.
Le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin a assuré que « la France était à la disposition de l’Espagne ».
Interrogé sur les auteurs de l’attentat, il a répondu que « la responsabilité internationale ne se ramène pas à un jeu de devinettes », mais que l’on connaîtrait certainement bientôt, peut-être dans les prochaines heures, la réponse.
Le président polonais Aleksander Kwasniewski a assuré que son pays était « solidaire de la nation espagnole, son amie et alliée », après « ces attentats barbares », et espéré que ses « inspirateurs, organisateurs et exécutants seraient trouvés et punis ».
La ministre suédoise des Affaires étrangères Laila Freivalds a insisté sur le fait que ce n’était « pas seulement une agression contre le peuple espagnol, mais contre la démocratie, et tous les Européens et les valeurs que nous représentons et défendons », son homologue britannique Jack Straw évoquant une « attaque révoltante contre les principes mêmes de la démocratie européenne ».
« C’est notre 11 septembre et je suis sûr que nous allons réagir exactement comme avaient réagi les Américains quand ils ont éprouvé cette immense douleur », a lancé à la chaîne de télévision américaine CNN l’ambassadeur d’Espagne aux États-Unis, Javier Ruperez.
Le Canada, le Mexique, le Brésil, le Chili, Monaco, le Portugal, la Bulgarie, la Macédoine, l’Albanie, la Chine, l’Indonésie, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, la Jordanie, la Mauritanie ont également condamné les attentats.
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