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LITTÉRATURE «Mesdames» Proust, Sade et Voltaire: trois femmes très dévouées

Trois essais permettent de mieux connaître quelques-uns des génies littéraires français: Marcel Proust grâce à la première biographie de sa mère; Sade et Voltaire grâce aux livres sur leurs épouses, trois femmes très dévouées à leur grand homme, envers et contre tout. Evelyne Bloch-Dano (déjà auteur de Madame Zola, etc.) reconstitue dans Madame Proust la vie quotidienne d’une mère aimante «muée en vestale», autant collaboratrice que gouvernante. Jeanne Proust, née Weil en 1849 dans une famille juive venue d’Alsace et d’Allemagne, est «omniprésente de son vivant, mais aussi après sa mort, dans l’œuvre de son fils», souligne l’auteur. Elle l’a protégé, éduqué et influencé, tous les deux ayant échangé des centaines de lettres. Elle aimait le piano et les livres et a traduit John Ruskin pour son fils. «Sa collaboration au travail de Marcel est à la fois un geste d’amour, de maternité et de compréhension profonde», écrit l’essayiste. Grâce à elle, il expérimente “une véritable discipline de travail”.» Héritière d’une bourgeoisie juive éclairée, elle avait épousé, en la personne d’Adrien Proust, un fils d’épicier catholique, beauceron et sans fortune. Possessive, elle a accepté «les ruses et les foucades» d’un enfant malade et gâté qui dort le jour et travaille la nuit. À sa mort, en 1905, Marcel écrivit: «Ma vie a perdu son seul but, sa seule douceur, son seul amour, sa seule consolation.» Il n’est pas étonnant d’exprimer, a priori, sa compassion à la femme du marquis de Sade tant on imagine ce qu’elle dut subir. «La réalité étonnera les lecteurs du livre», assure Gérard Badou (auteur de L’énigme de la Vénus hottentote), en racontant l’existence, assez peu connue, de Renée Pélagie de Launay de Montreuil. Issue d’une petite noblesse de robe, mariée à 22 ans à Donatien Alphonse François de Sade, elle est très amoureuse de son mari. Ses incartades – il est enfermé au donjon de Vincennes cinq mois après son mariage et passera au total 30 années en prison – ne la feront pas dévier: jamais celle qui fut la «complice de ses turpitudes» ne l’abandonnera. Sa vie a été «un sacrifice muet, subi au mépris des humiliations, sans autre motif que la passion énigmatique qui l’a enchaînée au marquis de Sade», écrit l’auteur de Marquise de Sade. Il ajoute: «Impassible égoïste, Donatien de Sade apprend sa mort (ndlr: en 1810) sans émotion apparente. Il n’y fera même pas allusion dans son journal.» En 1733, lorsqu’il rencontre Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil du Châtelet, Voltaire a 39 ans et est déjà un auteur confirmé. Elle a 29 ans, est mariée et vit la vie d’une femme de la haute société parisienne. Mais elle était soucieuse d’être considérée pour elle-même: des persifleurs l’affublèrent du surnom de «Madame Newton-Pompon-du-Châtelet», tant sa passion scientifique s’accommodait de toutes les extravagances, raconte Gilbert Mercier dans Madame Voltaire. Quinze ans durant, celle qui fut son inspiratrice, sa consolatrice et souvent sa protectrice a tout partagé des triomphes et des luttes de l’écrivain. «Adam-Voltaire» et «Ève-Émilie», comme ils s’appelaient, formèrent le couple le plus étonnant de leur époque, dit l’auteur de cette réédition (parue chez de Fallois en 2001). (Madame Proust, éd. Grasset, 384 pages, 20,90 euros; Marquise de Sade, éd. Payot, 186 pages, 16,50 euros, en librairie début septembre ; Madame Voltaire, éd. Le livre de poche, 480 pages, 7,50 euros, sortie en octobre).
Trois essais permettent de mieux connaître quelques-uns des génies littéraires français: Marcel Proust grâce à la première biographie de sa mère; Sade et Voltaire grâce aux livres sur leurs épouses, trois femmes très dévouées à leur grand homme, envers et contre tout.
Evelyne Bloch-Dano (déjà auteur de Madame Zola, etc.) reconstitue dans Madame Proust la vie quotidienne d’une mère aimante «muée en vestale», autant collaboratrice que gouvernante. Jeanne Proust, née Weil en 1849 dans une famille juive venue d’Alsace et d’Allemagne, est «omniprésente de son vivant, mais aussi après sa mort, dans l’œuvre de son fils», souligne l’auteur.
Elle l’a protégé, éduqué et influencé, tous les deux ayant échangé des centaines de lettres. Elle aimait le piano et les livres et a traduit John Ruskin pour...