Un petit garçon, la jambe arrachée, est évacué dans les bras d’un soldat. Des corps sont transportés sur des brancards. Des enfants à moitié nus et barbouillés de sang courent vers des bouteilles d’eau.
Après plus de 48 heures d’attente insupportable pour les proches, les événements se sont tragiquement accélérés à Beslan vers 13h00, heure locale, quand les forces spéciales ont commencé à entrer dans l’école alors qu’un groupe d’otages et des membres du commando protchétchènes sortaient du bâtiment, chacun de son côté. C’est d’abord un petit garçon blond, âgé d’environ 6 ans, qui a été évacué de l’école. Peu après, une vingtaine d’enfants entre 8 et 15 ans s’échappent, encadrés par des hommes des forces spéciales casqués et lourdement armés.
Les enfants avancent à grand-peine, hagards, soutenus par des adultes, et se précipitent vers des bouteilles d’eau après des heures de terreur dans un gymnase surchauffé, privés d’eau et de nourriture. Ils sont en sous-vêtements, barbouillés de sang et de poussière au milieu des habitants et des militaires armés de mitraillettes et de lance-grenades qui continuent à progresser vers l’école.
« Nous étions derrière des chaises avec mon frère et ma mère (...) j’ai entendu une explosion, après les gens ont commencé à courir pour s’enfuir. On nous tirait dessus depuis le toit », raconte un garçon de 13 ans qui vient de sortir. Il explique comment les preneurs d’otage les ont pris pour cible quand ils s’échappaient par une brèche formée par une explosion.
Un enfant contraint
de boire son urine
« Et ils ne nous donnaient pas d’eau », ajoute un petit garçon juste assez âgé pour être en maternelle. Un autre jeune otage confiera avoir bu son urine.
Un nuage de fumée flotte au-dessus de l’école alors qu’une partie du toit vient de s’effondrer.
Au fur et à mesure que les forces spéciales avancent, des civils, dont certains sont armés, les suivent pour chercher leurs enfants, puis ramènent des cours de l’école des otages blessés. Les victimes sont évacués dans le désordre le plus complet par des ambulances, dans des voitures civiles ou simplement transportés dans les bras des civils.
Puis les tirs de mitrailleuses et les explosions de grenades reprennent de plus belle. Au milieu du vacarme des armes à feu, les habitants courent se cacher derrière les arbres ou dans des petits hangars en tôle devant les immeubles. Les femmes regroupées à l’entrée des maisons pleurent et crient d’angoisse à chaque explosion ou quand les tirs s’intensifient.
Plus d’une heure après les premières explosions, les hommes des forces spéciales annoncent avec des cris de joie : « Le gymnase est à nous ! » Mais les combats les plus violents sont maintenant livrés autour d’une maison non loin de l’école ou des hommes du commando se sont réfugiés.
Une femme évacuée sur un brancard crie à ses sauveteurs : « Il faut y retourner, mon enfant est encore là bas. »
Les secours du ministère des Situations d’urgence arrivent enfin. Et vers 15h00 commencent à sortir des enfants très grièvement blessés qui hurlent, dont un petit garçon à qui il manque une jambe. Une petite fille gît sur un brancard, le dos ouvert par une large blessure. Devant la morgue, des corps recouverts sont étendus.
La situation dans la ville semble hors de tout contrôle, les combats continuent pour capturer les preneurs d’otages au milieu des civils et des innombrables blessés.
Scène de lynchage
La confusion débouche sur une scène de lynchage : la foule se précipite vers un camion militaire pour l’empêcher de partir, pensant que l’un des membres du commando s’est caché dessous. La foule donne des coups de pied dans la tête de l’homme. « C’est un journaliste, c’est un journaliste », crie un officier. Finalement, les habitants sont dispersés par les militaires qui tirent en l’air.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un petit garçon, la jambe arrachée, est évacué dans les bras d’un soldat. Des corps sont transportés sur des brancards. Des enfants à moitié nus et barbouillés de sang courent vers des bouteilles d’eau.
Après plus de 48 heures d’attente insupportable pour les proches, les événements se sont tragiquement accélérés à Beslan vers 13h00, heure locale, quand les forces spéciales ont commencé à entrer dans l’école alors qu’un groupe d’otages et des membres du commando protchétchènes sortaient du bâtiment, chacun de son côté. C’est d’abord un petit garçon blond, âgé d’environ 6 ans, qui a été évacué de l’école. Peu après, une vingtaine d’enfants entre 8 et 15 ans s’échappent, encadrés par des hommes des forces spéciales casqués et lourdement armés.
Les enfants avancent à...