La création d’emplois aux États-Unis, un élément crucial dans la course à la Maison-Blanche, reste modérée et confirme que la première économie du monde connaît une reprise très modeste.
En août, l’économie américaine a créé 144 000 emplois soit presque deux fois plus qu’en juillet (+ 73 000) et le taux de chômage a légèrement reculé à 5,4 % (contre 5,5 % en juillet), son niveau le plus bas depuis octobre 2001.
Toutefois, ces chiffres n’ont pas déclenché l’euphorie des analystes qui se disent tout juste satisfaits. Ils tablaient en moyenne sur 150000 créations de postes le mois dernier, soit tout juste assez pour absorber l’augmentation mensuelle de la population active.
« En quelques mots, je qualifierai la situation de comme ci comme ça », a commenté l’économiste indépendant Joel Naroff en insistant «mais au moins il y a eu des emplois créés, suffisamment pour générer des revenus que les consommateurs peuvent dépenser mais pas assez pour ouvrir de nouvelles opportunités pour ceux qui veulent changer d’emploi ».
Côté gouvernement en revanche, le président George W. Bush en tête, on s’est chaudement félicité du ressaisissement sur le front de l’emploi après deux mois léthargiques.
À moins de deux mois de l’élection présidentielle, George W. Bush s’est réjoui hier, en campagne en Pennsylvanie, que sa politique de réduction des impôts « portait ses fruits » et avait « renforcé l’économie » américaine.
« L’économie a créé des emplois pendant douze mois consécutifs (...) soit 1,7 million au total », s’est félicité le secrétaire au Trésor John Snow.
Oui mais au final, le tableau n’est pas réjouissant, s’est empressée de lancer l’opposition démocrate. « Bush est maintenant certain d’être le premier président depuis la Grande dépression (année 1930) à briguer un deuxième mandat sans avoir créé le moindre emploi », a affirmé son challenger dans la course à la Maison-Blanche, John Kerry, cité dans un communiqué.
Selon le camp démocrate, on est toujours loin des plus de 300000 créations d’emplois mensuelles promises l’an dernier après adoption du paquet de réductions fiscales du président Bush.
Pour consolider la reprise économique, certes plus forte aux États-Unis que dans les autres nations industrialisées, il faudrait en effet entre 200 000 et 300 000 emplois nouveaux par mois. Actuellement, «on n’assiste pas à une reprise qui va à un train d’enfer, mais bien plus à une reprise économique morose », selon Sun Won Sohn, économiste en chef de la banque Wells Fargo, ajoutant: « Les entreprises restent très prudentes quand il s’agit d’embaucher. »
Le secteur industriel a créé en août 22000 postes après avoir eu plusieurs mois difficiles. «Même si les sociétés restent prudentes, elles continuent d’embaucher. L’économie va de l’avant, ce qui va dans la bonne direction », a relevé David Littmann, économiste en chef de Comerica Bank.
Alors que les deux tiers de l’activité économique reposent sur la consommation aux États-Unis, la baisse de la confiance des consommateurs avait fait craindre pour la solidité de la croissance. Le dernier indice de confiance du Conference Board, publié mardi, a affiché un recul en août à 98,2 points contre 105,7 points en juillet, sur des craintes pour l’emploi, la situation en Irak et la flambée des prix du pétrole.
Enfin, le gain, même modeste, en août sur le marché de l’emploi devrait inciter la Réserve fédérale à poursuivre sur la voie de la hausse des taux, entamée en juin, selon Leslie Preston de CIBC World Markets. « Les gains d’aujourd’hui sont suffisamment respectables pour permettre à Greenspan (président de la Fed) de continuer à augmenter les taux » lors de la prochaine réunion le 21 septembre. Pourtant, « il pourrait bien s’agir de la dernière hausse des taux de l’année », selon elle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La création d’emplois aux États-Unis, un élément crucial dans la course à la Maison-Blanche, reste modérée et confirme que la première économie du monde connaît une reprise très modeste.
En août, l’économie américaine a créé 144 000 emplois soit presque deux fois plus qu’en juillet (+ 73 000) et le taux de chômage a légèrement reculé à 5,4 % (contre 5,5 % en juillet), son niveau le plus bas depuis octobre 2001.
Toutefois, ces chiffres n’ont pas déclenché l’euphorie des analystes qui se disent tout juste satisfaits. Ils tablaient en moyenne sur 150000 créations de postes le mois dernier, soit tout juste assez pour absorber l’augmentation mensuelle de la population active.
« En quelques mots, je qualifierai la situation de comme ci comme ça », a commenté l’économiste indépendant Joel Naroff en...