Le Chinois Liu Xiang a frappé un énorme coup hier en finale du 110 m haies des JO 2004 d’Athènes en décrochant le titre avec, à la clé, un record du monde égalé (12’’91) qui a laissé ses plus proches adversaires à près de deux mètres, écart rare à ce niveau sur cette distance.
Autre exploit, celui de l’Argentine qui, en basket-ball messieurs, a éliminé (89-81) en demi-finale une équipe américaine définitivement démythifiée et impuissante à assumer l’héritage de la Dream Team des tournois olympiques antérieurs.
En tête dès le premier obstacle, Liu, premier Chinois champion olympique en athlétisme, n’a cessé de se détacher, laissant l’Américain Terrence Trammel (argent, 13’’18) et le tenant du titre cubain Anier Garcia (bronze, 13’’20) se battre pour les accessits.
Quatre ans avant les Jeux de Pékin, la victoire de Liu symbolise la montée en puissance de la Chine à laquelle Xing Huina, victorieuse d’un 10 000 m que n’a pas terminé la Britannique Paula Radcliffe, a apporté sa pierre.
Marion Jones, reine des JO 2000, amoindrie et salie par des accusations de dopage, avait espéré se mettre un peu de baume au cœur en revenant d’Athènes avec au moins une médaille, à la longueur ou en relais 4x100 m. Elle aura échoué.
Triplé inédit
Le relais a été remporté par la Jamaïque devant la Russie et la France, les États-Unis ne parvenant même pas à mener le bâton en bout de parcours.
En longueur, « Little Marion » n’a pris que la 5e place (6,85 m). Tatyana Lebedeva, battue au triple saut dont elle était la favorite, a pris, avec un bond à 7,07 m, une éclatante revanche en devançant de deux petits centimètres ses compatriotes Irina Simagina et Tatyana Kotova (7,05 m chacune) pour un triplé russe aussi inattendu qu’inédit aux Jeux dans cette discipline.
Au saut à la perche messieurs, le titre s’est joué entre les deux meilleurs performeurs de la saison, les Américains Toby Stevenson et Timothy Mack. C’est ce dernier qui s’est imposé en passant 5,95 m à son troisième essai.
Le Polonais Robert Korzeniowski a conquis sa troisième médaille d’or consécutive sur 50 km marche, la quatrième de son palmarès avec celle du 20 km gagnée lors des JO 2000.
La Cubaine Osleidys Menendez s’est imposée au javelot dames.
En équitation, l’Irlandais Cian O’Connor (Waterford Crystal) s’est assuré la médaille d’or du saut d’obstacles, et, en boxe, sept des huit Cubains engagés se sont qualifiés pour la finale de leur catégorie.
Italie
En football, l’Italie a pris la médaille de bronze du tournoi masculin en battant l’Irak 1 à 0.
En volley-ball messieurs, l’Italie et le Brésil se sont qualifiés pour la finale tout comme les États-Unis et l’Australie en basket-ball féminin. En handball, l’or se jouera entre le Danemark et la Corée du Sud chez les dames, la Croatie et l’Allemagne chez les messieurs.
Le canoë-kayak en ligne a commencé sa distribution des prix dont ont profité le Norvégien Eirik Veraas Larsen, champion olympique en K1 1 000 m, l’Espagnol David Cal (C1 1 000 m), l’équipe d’Allemagne féminine (K4 500 m), les Suédois Markus Oscarsson et Henrik Nilsson (K2 1 000 m), les Allemands Christian Gille et Tomasz Wylenzek (C2 1 000 m) ainsi que l’équipe masculine de Hongrie (K4 1 000m).
La Norvégienne Gunn-Rita Dahle s’est imposée en VTT dames, le taekwondo a couronné la Sud-Coréenne Jang Ji-won (57 kg) et l’Iranien Hadi Saei Bonehkohal (68 kg), dans le pentathlon moderne dames, l’or est revenu à la Hongroise Zsuzsanna Voros, la Russie s’est imposée en natation synchronisée par équipes et l’Australie s’est assuré le titre de hockey sur gazon messieurs.
Football : une médaille de bronze pour l’Italie en guise d’hommage
L’Italie a remporté la médaille de bronze du tournoi de football masculin des Jeux olympiques d’Athènes en battant l’Irak 1 à 0, hier à Salonique, dans un match au contexte particulier après l’exécution d’un journaliste italien en Irak.
Le joueur qui a inscrit le but de la squadra azzurra (8e), Alberto Gilardino, s’est agenouillé, le visage fermé, et a levé les yeux et les deux bras vers le ciel en signe d’hommage à Enzo Baldoni, exécuté en Irak dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir été enlevé par un groupe islamiste qui réclamait le retrait d’Irak des troupes italiennes.
Les Azzurri ont disputé le match en portant un brassard noir. Les Irakiens avaient décidé, eux, de ne pas en porter, en précisant qu’ils respectaient l’initiative italienne.
Avant le coup d’envoi, le capitaine irakien Abdul Wahab Abu al-Hail a d’ailleurs offert un gros bouquet de fleurs blanches à son alter ego italien Andrea Pirlo.
« C’est pour la vie »
Un peu plus tôt, le président de la Fédération internationale Joseph Blatter et ceux des Fédérations italienne et irakienne de football avaient insisté sur le fait que le match devait se jouer malgré tout.
« Ce n’est pas pour le spectacle, c’est pour la vie, et les Jeux olympiques font partie de la vie. C’est le message des Jeux et du football. Les joueurs n’ont peut-être plus le même enthousiasme pour ce match, mais la solidarité en sortira grandie », a indiqué M. Blatter.
Après le but de Gilardino de la tête sur un centre de Pirlo, l’Irak a dominé la première période, touchant même un poteau de Pelizzoli sur un corner direct de Hawar Mohammed (18e).
En seconde période, l’Irak a repris sa domination, mais sans pouvoir concrétiser face un bon Pelizzoli et malgré de bonnes tentatives, dont un tir cadré de Emad Mohammed (80e).
S’ils ne sont pas parvenus à inscrire leurs noms dans les annales olympiques, ne parvenant à offrir à l’Irak la deuxième médaille olympique de son histoire (après un bronze en haltérophilie en 1960), les joueurs de l’entraîneur Adnan Hamad Majeed ont tout de même signé un exploit en n’échouant qu’au pied du podium, au terme d’un parcours aussi excellent qu’inattendu qui a été l’une des belles histoires de ces JO 2004.
l’Argentine attend l’or depuis 52 ans, le Paraguay depuis toujours
Entre l’Argentine, qui n’a plus gagné une médaille d’or depuis 52 ans, et le Paraguay, qui n’a tout simplement jamais remporté de distinction aux JO, la finale du tournoi de football messieurs des Jeux d’Athènes va couronner aujourd’hui une nation en quête de reconnaissance olympique.
L’Argentine, place forte du football mondial, a constitué une « Dream Team » pour aller chercher à Athènes le seul trophée international qui lui manque et son tout premier titre depuis la Copa America 1993. Le pari est presque accompli pour la sélection albiceleste.
Même s’il faut parier que le Paraguay, assuré de la première médaille de son histoire olympique, va opposer une résistance farouche aux ciel et blanc, l’Argentine survole trop le tournoi depuis le début (cinq victoires, seize buts marqués, aucun encaissé) pour trébucher sur le dernier obstacle.
La demi-finale, aisément remportée face à l’Italie (3-0), championne d’Europe Espoirs en titre, n’a laissé aucun doute possible : cette équipe est programmée pour effacer les deux médailles d’argent de 1928 (Amsterdam) et 1996 (Atlanta).
Le capitaine Roberto Ayala, battu en finale à Atlanta par le Nigeria, revient d’ailleurs huit ans plus tard, à 31 ans, pour une revanche personnelle.
Cocktail fatal
Si l’attaque argentine devrait se heurter à un mur paraguayen, elle dispose d’un extraordinaire perce-muraille en la personne de Carlos Tevez, persuadé que « l’Argentine gagnera la médaille d’or ».
À 20 ans, Tevez a marqué le tournoi olympique de son empreinte avec sept buts (en cinq matchs), dont certains très spectaculaires.
Le joueur de Boca Juniors, alimenté par Andres D’Alessandro dans l’axe et les deux « Beckham argentins » que sont Mauro Rosales et Cesar Delgado, a été un cauchemar pour tous ses adversaires, dépassés par son cocktail d’explosivité et d’habileté technique.
Aujourd’hui (11h00), il va toutefois trouver en face de lui l’intraitable capitaine paraguayen Carlos Gamarra. « Le Paraguay aussi est venu à Athènes chercher la récompense suprême », prévient l’ex-défenseur de l’AEK Athènes.
« Nous sommes arrivés avec des rêves en tête et nous espérons les matérialiser, assure aussi le sélectionneur paraguayen Carlos Jara Saguier. Nous allons laisser nos tripes sur le terrain. »
Saut d’obstacles individuel :
l’or pour l’Irlandais Cian O’Connor
L’Irlandais Cian O’Connor, sur Waterford Crystal, a remporté la médaille d’or du saut d’obstacles des Jeux olympiques d’Athènes, hier soir sur le stade équestre de Markopoulo.
Crédité de quatre points de pénalités au total des deux manches, le jeune cavalier (24 ans) a précédé le Brésilien Rodrigo Pessoa (Baloubet du Rouet), médaille d’argent, et l’Américain Chris Kappler (Royal Kaliber), médaille de bronze.
Avec huit points, Pessoa et Kappler ont disputé un barrage qui a tourné à l’avantage du champion du monde 1998, Royal Kaliber s’étant blessé.
Quatrième ex æquo à l’issue du parcours initial, O’Connor a réalisé un sans-faute dans la seconde manche, répondant ainsi au parcours parfait de Pessoa.
Le Britannique Nick Skelton (Arko III) et l’Irlandaise Jessica Kuerten (Castle Forbes Maike), seuls sans-faute de la première manche, ont été défaillants sur le second tracé, comme également le quintuple champion olympique allemand Ludger Beerbaum.
O’Connor est un des jeunes talents irlandais qui écument les concours depuis quelques années. En 2002, son compatriote Dermott Lennon, non sélectionné pour Athènes, avait remporté le titre mondial à Jerez de la Frontera (Espagne).
VTT : la Norvégienne Gunn-Rita Dahle intouchable
La Norvégienne Gunn-Rita Dahle, grande favorite, a dominé la course de cross-country des Jeux olympiques d’Athènes, hier, sur le parcours du mont Parnès, où elle a remporté le titre olympique féminin de VTT (vélo tout-terrain).
Dahle, en tête dès le premier tour, a maintenu à distance la Canadienne Marie-Hélène Premont, une Québécoise de 26 ans, devancée de près d’une minute.
Le bronze est revenu à l’Allemande Sabine Spitz, à plus de deux minutes de l’intouchable Dahle sur les sentiers poussiéreux et brûlants du mont Parnès au nord de la capitale.
Âgée de 31 ans, la Norvégienne de Stavanger a gagné cette année les cinq manches de la Coupe du monde qu’elle a disputées.
L’Italienne Paola Pezzo, qui a enlevé à Atlanta et à Sydney les deux premiers titres de VTT depuis l’apparition de cette discipline au programme, a abandonné au deuxième des cinq tours.
Basket-ball : l’Argentine bat les États-Unis et va en finale
L’Argentine, vice-championne du monde, s’est qualifiée pour la finale du tournoi olympique de basket-ball messieurs en battant les États-Unis 89 à 81 (mi-temps: 43-38), hier à Athènes. C’est la première élimination des Américains aux Jeux olympiques depuis une demi-finale en 1988. Médaillés de bronze cette année-là, ils avaient ensuite remporté les Jeux de 1992, 1996 et 2000.
États-Unis-Australie en finale chez les dames
Les basketteuses américaines, championnes olympiques en titre, retrouveront en finale du tournoi olympique d’Athènes les Australiennes, pour une revanche de la finale des Jeux de Sydney. Les Américaines se sont qualifiées en battant les Russes 66-62. Invaincues en tournoi olympique depuis 22 matchs et les Jeux d’Atlanta, elles affronteront en finale l’Australie, qui a disposé du Brésil 88-75.
En 2000 à Sydney, les Américaines avaient été sacrées championnes olympiques en battant les Australiennes en finale sur le score de 76-54.
Handball dames : la France battue par la Corée du Sud en demi-finale
L’équipe de France féminine de handball, championne du monde en titre, a été battue par la Corée du Sud 32 à 31 (mi-temps : 15-15) en demi-finale des Jeux olympiques d’Athènes, hier.
Les Bleues vont jouer aujourd’hui le match pour la médaille de bronze contre l’Ukraine, battue dans l’autre demi-finale par le Danemark, double tenant du titre, sur le score de 29 à 20 (mi-temps : 13-11).
À ce jour, la seule récompense olympique du handball français reste la médaille de bronze ramenée par la sélection masculine des JO 1992 à Barcelone.
Pour leur première participation aux Jeux, en 2000 à Sydney, les joueuses d’Olivier Krumbholz avaient été éliminées en quart de finale par le Danemark avant de terminer à la 6e place.
Onze des quinze sélectionnées françaises à Athènes étaient déjà présentes il y a quatre ans en Australie.
Outre le titre mondial conquis en décembre dernier, l’équipe de France féminine a également à son palmarès la médaille de bronze de l’Euro 2002 et un titre de vice-championne du monde en 1999.
Volley-ball : l’Italie en finale
aux dépens de Russes inexistants
L’Italie s’est qualifiée pour la finale du tournoi olympique de volley-ball messieurs en battant une équipe de Russie inexistante 3 à 0 (25-16, 25-17, 25-16), hier, en demi-finale, à Athènes.
L’Italie rencontrera en finale le vainqueur du match entre le Brésil et les États-Unis.
Ballet synchronisé :
la Russie conserve son titre
La Russie a conservé son titre de championne olympique en remportant la médaille d’or du ballet par équipes des Jeux d’Athènes, au terme de la finale (programme libre), hier soir dans le bassin du centre olympique aquatique.
Malgré un incident technique, une coupure de son qui les obligea à recommencer leur programme, les Russes ont totalisé 99.501 points au terme des programmes technique (jeudi) et libre (vendredi) pour devancer le Japon (98.501) et les États-Unis (97.418), respectivement médaille d’argent et médaille de bronze.
Le ballet russe était composé d’Anastasia Davidoka, Anastasia Ermakova, Maria Kiseleva, Elena Azarova, Olga Brusnikina, Elvira Khasyanova, Olga Novokshchenova, Anna Shorina et Maria Gromova.
Comme à Sydney il y a quatre ans, les Russes réussissent le doublé en natation synchronisée puisque Davidoka et Ermakova s’étaient imposées mercredi au duo.
Hockey : la Hongroise Zsuzsanna
Voros championne
La Hongroise Zsuzsanna Voros est devenue la deuxième championne olympique de pentathlon moderne, après la Britannique Stephanie Cook, couronnée à Sydney en 2000, hier aux Jeux d’Athènes.
Seulement 15e à Sydney, mais vice-championne du monde en 2002 et trois fois championne du monde en 1999, 2003 et 2004, Voros (27 ans, 1,72 m et 60 kg) a devancé la Lituanienne Jelena Rublevska, médaille d’argent, et la Britannique Georgina Harland, médaille de bronze, après avoir occupé la 30e place sur 32 à l’issue de la première épreuve au tir au pistolet.
Taekwondo : un Centrafricain
hospitalisé après un KO
Un Centrafricain engagé dans la catégorie des 68 kg du tournoi olympique de taekwondo des Jeux d’Athènes a été admis dans un hôpital du port du Pirée hier à la suite d’un KO subi lors d’un combat du 1er tour, mais son état n’inspire pas d’inquiétude, selon la direction de l’établissement.
Bertrand Gbongou Liango, 22 ans, a été admis à l’hôpital Tzanio souffrant d’une légère commotion cérébrale, les examens réalisés n’ont pas décelé de problèmes, a précisé une responsable.
Liango a été projeté au sol par un violent coup de pied à la tête porté en contre par son adversaire, l’Autrichien Tuncay Calistan, médaillé de bronze aux Mondiaux. Le KO est intervenu alors que le concurrent centrafricain menait 4-1 aux points à 1 min 45 sec de la 3e et dernière reprise.
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Autre exploit, celui de l’Argentine qui, en basket-ball messieurs, a éliminé (89-81) en demi-finale une équipe américaine définitivement démythifiée et impuissante à assumer l’héritage de la Dream Team des tournois olympiques antérieurs.
En tête dès le premier obstacle, Liu, premier Chinois champion olympique en athlétisme, n’a cessé de se détacher, laissant l’Américain Terrence Trammel (argent, 13’’18) et le tenant du titre cubain Anier Garcia (bronze, 13’’20) se battre pour les accessits.
Quatre ans avant les...