Heureux moment où seul Brahms a dominé la scène. Après des soirées exclusivement consacrées à Schubert et Tchaïkovski, voilà que les concerts réservés à la musique de chambre par le Conservatoire national supérieur de musique nous offrent cette fois du Brahms. Rien que du Brahms. Une longue narration de quarante minutes où a brillé de mille feux le superbe et vibrant Trio n°1 op 8 faisant rivaliser les belles sonorités conjuguées et concertantes du piano, du violon et du violoncelle.
Sous les feux de la rampe, trois interprètes : Sevag Der Ghougassian au piano (absolument emporté par les touches de son clavier, parfois même avec trop de vivacité !), Maria Cristina Pirlea au violon (lyrisme nuancé !) et Sergio Zaré au violoncelle (de loin mieux que sa dernière prestation en ces mêmes lieux !). Tout cela pour traduire toute la poésie et la fougue de celui qui est resté à l’ombre de Clara Schumann, par pudeur et un peu par résignation…
Mais aussi, bien sûr, par un certain amour…
Quatre mouvements alliant avec verve et une belle inspiration fougue et rêverie, esprit viennois et rigueur germanique, sens du folklore et humeur romantique, impétuosité et sereine accalmie.
Un «allegro con brio» en ouverture pimpante, faisant dialoguer, avec autorité et un savoir-faire à couper le souffle, les trois instruments. Oui brio sans nul doute pour ces phrases d’une fraîcheur absolue, frétillantes comme des poissons luisants dans des eaux glacées…. Le scherzo prend le relais pour une narration vive et emportée, avec des chromatismes perlés et légers comme le souffle du vent. Tout autant pour l’archet du violon qui tire une chute de notes plus bondissantes que l’eau des cascades. Adagio méditatif, teinté d’une certaine tristesse mais aux éclats cependant furtifs comme un diamant qui brille brusquement sous un rai de lumière. Et pour porter l’ensemble, une mélodie sinueuse et insaisissable rappelant toutefois imperceptiblement les motifs évoqués et développés avec finesse dans les deux mouvements antécédents.
Pour conclure, un magnifique allegro d’une exaltation définitivement romantique mettant le feu à toute la partition dans un élan irrépressible de passion et un violent tourbillon de notes incendiées.
Applaudissements du public et un petit bis des artistes. Avec la seule musique de Brahms, la scène était inondée de vie et de lumière. Jamais la magie des notes n’a été aussi profonde avec la voix d’un seul compositeur. Et c’est tant mieux, le rêve se prolonge sans se briser.
E.D.
Heureux moment où seul Brahms a dominé la scène. Après des soirées exclusivement consacrées à Schubert et Tchaïkovski, voilà que les concerts réservés à la musique de chambre par le Conservatoire national supérieur de musique nous offrent cette fois du Brahms. Rien que du Brahms. Une longue narration de quarante minutes où a brillé de mille feux le superbe et vibrant Trio n°1 op 8 faisant rivaliser les belles sonorités conjuguées et concertantes du piano, du violon et du violoncelle.
Sous les feux de la rampe, trois interprètes : Sevag Der Ghougassian au piano (absolument emporté par les touches de son clavier, parfois même avec trop de vivacité !), Maria Cristina Pirlea au violon (lyrisme nuancé !) et Sergio Zaré au violoncelle (de loin mieux que sa dernière prestation en ces mêmes lieux !). Tout cela pour...
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