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GÉRONTOLOGIE La recherche sur la maladie d’alzheimer progresse, mais lentement

Même si les chercheurs ont ouvert des pistes prometteuses pour un traitement de la maladie d’alzheimer, les médicaments actuels ne permettent toujours, au mieux, que de retarder sa progression, selon l’état des lieux dressé la semaine dernière à Toulouse lors du troisième congrès sur les unités de soins alzheimer. Presque cent ans après la première description de la maladie (1906) par le médecin allemand Alois alzheimer, la recherche sur cette «épidémie silencieuse», qui frappe environ 18% des Français âgés de 75 ans et plus, est encore très jeune. «Les médicaments aujourd’hui administrés à nos patients existent depuis moins de dix ans », a indiqué le professeur Bruno Vellas, responsable du pôle de gérontologie au CHU de Toulouse et organisateur du congrès. «Si l’on compare la lutte contre la maladie d’alzheimer à celle engagée contre le virus du sida, je dirais que nous en sommes à peine au stade de l’AZT », le premier traitement administré aux malades du sida, avant les trithérapies. Loin d’une action sur les racines de la maladie, les molécules à la disposition des gériatres n’agissent en effet que sur son principal symptôme, le déclin des fonctions cérébrales. En renforçant le taux d’acétylcholine, une substance qui joue un rôle de médiateur entre les neurones du cerveau, elles « dopent » la mémoire des patients. « Ces médicaments ralentissent de un à deux ans la progression des effets de la maladie, à la fois chez les patients atteints de forme légère ou d’une forme plus sévère », a expliqué le professeur Howard Feldman, de l’Université de Colombie-Britannique à Vancouver (Canada). Une étude réalisée auprès de 694 patients recensés par le réseau français sur la maladie d’alzheimer a ainsi montré que ces molécules avaient permis de stabiliser l’état de santé de 55 % des patients traités et même d’améliorer celui de 8% des malades. « Ces thérapies ont un impact économique considérable pour nos sociétés, a relevé le Pr Feldman. En retardant l’apparition des perturbations motrices des patients, elles améliorent le confort des malades et limitent d’autant les frais engagés pour leur prise en charge. » Cette première génération de médicaments commence à être utilisée en cocktail de deux molécules, avec des résultats encourageants sur les patients les plus gravement touchés. Mais, comme l’a relevé Christopher Hock, de l’Université de Zurich, ces bithérapies ne pourront jamais « ni prévenir, ni soigner la maladie ». Le neuropsychiatre suisse est venu présenter à Toulouse l’état de ses travaux sur un éventuel traitement à base de molécules qui détruisent la substance amyloïde à l’origine des plaques séniles qui se forment dans le cerveau des malades d’alzheimer et provoquent la mort de leurs neurones. « Ces molécules agissent un peu comme un vaccin », a expliqué le Pr Hock en commentant un essai réalisé sur trente patients suisses. «L’étude a montré que les patients qui avaient développé des anticorps ont bien mieux résisté à la maladie que les autres », a-t-il indiqué. Des chercheurs ont ouvert d’autres pistes, établissant notamment les effets bénéfiques de la vitamine E sur des souris. «Mais nous sommes encore loin d’un traitement, a conclu le Pr Vellas. L’urgence aujourd’hui, c’est un diagnostic plus rapide. Lui seul permet d’améliorer la santé et le confort des malades. »
Même si les chercheurs ont ouvert des pistes prometteuses pour un traitement de la maladie d’alzheimer, les médicaments actuels ne permettent toujours, au mieux, que de retarder sa progression, selon l’état des lieux dressé la semaine dernière à Toulouse lors du troisième congrès sur les unités de soins alzheimer.
Presque cent ans après la première description de la maladie (1906) par le médecin allemand Alois alzheimer, la recherche sur cette «épidémie silencieuse», qui frappe environ 18% des Français âgés de 75 ans et plus, est encore très jeune.
«Les médicaments aujourd’hui administrés à nos patients existent depuis moins de dix ans », a indiqué le professeur Bruno Vellas, responsable du pôle de gérontologie au CHU de Toulouse et organisateur du congrès. «Si l’on compare la lutte contre la...