Jonglant entre l’anglais, le français et son portugais natal, le président désigné de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso a réalisé un exercice d’équilibre en distribuant les portefeuilles entre les pays membres, mais le profil du futur Exécutif apparaît déjà comme fortement présidentiel, libéral et soucieux de communiquer.
Donnant la « première priorité » aux réformes économiques permettant de renforcer la compétitivité européenne et son adaptation à la mondialisation, M. Barroso présidera en personne le « groupe des commissaires sur la stratégie de Lisbonne », qui vise à faire de l’UE la région la plus compétitive au monde en 2010. Il présidera aussi un autre groupe de commissaires en charge de toute la panoplie des relations extérieures.
« C’est l’antithèse de la situation actuelle où le président (Romano Prodi) n’a aucun contrôle sur ce qui se passe autour de lui », confiait une source communautaire.
Dans le redécoupage des fonctions, l’innovation la plus visible est la création d’une sorte de première vice-présidence pour les relations institutionnelles et la stratégie de communication, confiée à la Suédoise Margot Wallstroem, en charge de l’environnement dans la Commission sortante. Travaillant étroitement avec M. Barroso, dont elle sera seule à pouvoir assurer l’intérim, elle apparaît d’ores et déjà comme le « spin doctor » (expert en communication) du futur Exécutif.
Dans la répartition des postes qui comptent le plus dans le fonctionnement pratique de l’économie européenne, les petits pays à tendance libérale apparaissent comme les vrais gagnants. La concurrence, seul domaine où la Commission exerce un véritable pouvoir régalien, échoit à l’ancienne ministre libérale des Pays-Bas Neelie Kroes.
Quant au marché intérieur, où de grandes avancées sont encore à venir, notamment dans le secteur des services financiers, il revient au ministre irlandais des Finances Charlie McCreevy, alors que la Lettone Ingrida Udre prendra en charge Taxation et Union douanière. « Les petits pays auront un pouvoir considérable », a commenté la même source.
L’équipe économique est complétée au commerce par le Britannique Peter Mandelson, un fidèle de Tony Blair qui devrait poursuivre la politique d’ouverture du Français Pascal Lamy.
M. Barroso a confié une des cinq vice-présidences à l’Allemand Guenther Verheugen avec le portefeuille de l’Entreprise et de l’Industrie et le mandat de renforcer la compétitivité européenne. Ce n’est cependant pas le poste de « supercommissaire » que réclamait Berlin pour son représentant à la Commission.
La France, à qui on prêtait des vues sur la concurrence ou le marché intérieur, devra se contenter des transports, assortis d’une vice-présidence pour Jacques Barrot, mais sans mission horizontale spécifiée.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jonglant entre l’anglais, le français et son portugais natal, le président désigné de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso a réalisé un exercice d’équilibre en distribuant les portefeuilles entre les pays membres, mais le profil du futur Exécutif apparaît déjà comme fortement présidentiel, libéral et soucieux de communiquer.
Donnant la « première priorité » aux réformes économiques permettant de renforcer la compétitivité européenne et son adaptation à la mondialisation, M. Barroso présidera en personne le « groupe des commissaires sur la stratégie de Lisbonne », qui vise à faire de l’UE la région la plus compétitive au monde en 2010. Il présidera aussi un autre groupe de commissaires en charge de toute la panoplie des relations extérieures.
« C’est l’antithèse de la situation...