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Actualités - Opinion

EN DENTS DE SCIE À qui perd gagne

Dix-neuvième semaine de 2004. Les élections municipales au Mont-Liban en général et dans le Metn en particulier ont confirmé la déchéance de l’opposition qui n’aura fait que regarder les trains passer, trop occupée qu’elle était avec ses querelles de chiffonniers et son étalage de pseudo-virilités. Ces élections ont redonné le sourire à Michel Murr, et au-delà, au pouvoir dans son ensemble. Un smiley certes moins arrogant – l’ancien ministre sait pertinemment que ce ne sont, finalement, « que » des municipales –, mais un smiley repu, fasciné par la taille du cadeau offert par l’opposition et qui a dépassé ses rêves les plus fous. Ces élections, enfin, ont consacré, si tant est que quelqu’un en doutait encore, la prééminence, sur la scène chrétienne, d’un leadership politique saugrenu, abracadabrantesque mais salvateur d’une figure éminemment religieuse : celle de Nasrallah Boutros Sfeir, patriarche maronite et cardinal, qui a présidé la réunion, mercredi dernier, des évêques maronites, et à qui l’on doit certainement beaucoup de l’esprit et de la lettre du communiqué publié à l’issue du huis clos de Bkerké. Dix-neuvième semaine de 2004. Par le biais de ce communiqué, le patriarche a joué clairement les pères Noël, et, mezzo voce, les pères Fouettard. En vidant les municipales 2004 de tout signifiant politique ; en les excluant du cycle électoral à venir – présidentielle et législatives ; en donnant aux critères familiaux la prépondérance dans le choix des listes ; en évoquant la participation active des naturalisés, la corruption, les pressions, et en responsabilisant les électeurs eux-mêmes, les évêques maronites ont essayé d’adoucir le choc, de relativiser les choses. Mais en faisant des allusions à peine voilées sur la division de l’opposition, en regrettant que les calculs mesquins aient fait oublier les principes et les constantes politiques, Bkerké a mis le doigt, la main, le bras, là où ça fait très mal. Dix-neuvième semaine de 2004. La plaie est effectivement béante. Les barons de l’opposition, à commencer par Amine Gemayel de Kornet Chehwane et Michel Aoun du CPL, ont préféré jouer à qui perd gagne. Et ils y ont particulièrement réussi. Cette opposition n’a pas souvent l’occasion d’être actante, d’avoir la possibilité de concrétiser les espoirs que ses mots véhiculent, de s’incarner, tout simplement. Elle avait pour cela, dimanche dernier, la plus ébouriffante, la plus stimulante parce que la moins purement politique des échéances. L’eût-elle remportée que cette opposition aurait enfin montré d’une façon éclatante qu’elle était sur la voie royale pour imposer ce dont elle parle depuis des années, ce qu’elle promet aux Libanais étouffés par des années de non-droit et de troïkas, ce avec quoi elle se gargarise sans arrêt – dixit ses adversaires : un « pouvoir de substitution ». Sauf que chacune des composantes de cette opposition veut prouver qu’elle exerce un leadership unique dans les régions chrétiennes, occultant totalement la réalité du terrain : que le soleil brille pour tous ; que les électeurs veulent une opposition plurielle et non pas « des oppositions » si chères à Michel Murr ; que les Libanais veulent des hommes politiques responsables. Et pas des stratèges du dimanche. Ziyad MAKHOUL
Dix-neuvième semaine de 2004.
Les élections municipales au Mont-Liban en général et dans le Metn en particulier ont confirmé la déchéance de l’opposition qui n’aura fait que regarder les trains passer, trop occupée qu’elle était avec ses querelles de chiffonniers et son étalage de pseudo-virilités. Ces élections ont redonné le sourire à Michel Murr, et au-delà, au pouvoir dans son ensemble.
Un smiley certes moins arrogant – l’ancien ministre sait pertinemment que ce ne sont, finalement, « que » des municipales –, mais un smiley repu, fasciné par la taille du cadeau offert par l’opposition et qui a dépassé ses rêves les plus fous. Ces élections, enfin, ont consacré, si tant est que quelqu’un en doutait encore, la prééminence, sur la scène chrétienne, d’un leadership politique saugrenu,...