La police turque semblait se pencher sur la piste kurde hier plutôt que sur celle d’el-Qaëda, dans l’enquête sur les attentats contre des hôtels touristiques à Istanbul, qui ont fait mardi deux morts et 11 blessés, dont des touristes.
Les attentats ont d’abord été revendiqués sur un site Internet au nom des moudjahidine des Brigades Abou Hafs al-Masri, un groupe lié au réseau terroriste el-Qaëda, qui a également menacé de lancer d’autres attaques en Europe. Ils ont ensuite été revendiqués au nom d’un groupe kurde jusque-là inconnu, les Faucons de la liberté du Kurdistan.
La police n’a procédé pour l’instant à aucune interpellation. Un porte-parole de la Sûreté d’Istanbul a seulement indiqué que « l’enquête se poursuivait ».
Selon la presse, ces attentats comportent les caractéristiques d’attaques menées par des rebelles kurdes qui auraient voulu s’en prendre au tourisme turc, principale source de revenus du pays.
Selon le journal Sabah, les détonateurs des bombes qui ont visé deux hôtels de Laleli et de Sultanahmet, situés à un peu plus d’un kilomètre l’un de l’autre, sur la rive européenne de la métropole, sont les mêmes que ceux saisis lors d’une opération policière menée dans la ville contre des membres de l’ex-Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste), rebaptisé Kongra-Gel.
Le PKK a mené pendant 15 ans (1984-1999) une campagne meurtrière pour l’autonomie du sud-est de la Turquie, à majorité kurde. Les séparatistes kurdes, qui ont mis fin, début juin, à un cessez-le-feu unilatéral et multiplié depuis lors les attaques dans le Sud-Est, ont appelé les touristes à ne pas venir en Turquie. Sabah et le journal à gros tirage Hurriyet affirment par ailleurs que l’un des dirigeants militaires du Kongra-Gel, Murat Karayilan, actuellement réfugié dans le nord de l’Irak avec plusieurs milliers de militants, aurait donné l’ordre de lancer des attentats dans les grandes villes de Turquie, dont Istanbul. Quatre suspects kurdes sont recherchés dans le cadre de l’enquête sur les attentats de mardi, selon Sabah.
Les séparatistes kurdes s’étaient déjà attaqués, en 1993 et 1994 notamment, à des étrangers à Istanbul et dans des stations balnéaires, tuant quatre touristes étrangers. Istanbul avait été durement frappée en novembre par des attentats revendiqués par el-Qaëda. 63 personnes avaient été tuées et des centaines d’autres blessées dans deux séries d’attentats à la voiture piégée contre des synagogues, le consulat britannique et la banque britannique HSBC.
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Les attentats ont d’abord été revendiqués sur un site Internet au nom des moudjahidine des Brigades Abou Hafs al-Masri, un groupe lié au réseau terroriste el-Qaëda, qui a également menacé de lancer d’autres attaques en Europe. Ils ont ensuite été revendiqués au nom d’un groupe kurde jusque-là inconnu, les Faucons de la liberté du Kurdistan.
La police n’a procédé pour l’instant à aucune interpellation. Un porte-parole de la Sûreté d’Istanbul a seulement indiqué que « l’enquête se poursuivait ».
Selon la presse, ces attentats comportent les caractéristiques...