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Actualités - Opinion

Septembre, mois de tous les dangers politiques

Ayloul, tarafo mabloul... Oui, en septembre il risque de pleuvoir. Des coups. D’autant plus rudes que pendant ces vacances d’août, les protagonistes reprennent des forces. Les perspectives périlleuses s’articulent autour des éléments suivants : – Une proposition de session parlementaire extraordinaire anticipée se raccordant à la session ordinaire d’automne qui s’ouvre le 19 octobre. La rallonge se ferait sous prétexte d’un trop-plein de projets déjà étudiés en commission et qu’il faut expédier. Comme la ratification de divers contrats ou accords ; la prorogation de la loi sur les loyers, en base d’une proposition du député Salah Honein ; la révision de la loi sur le bâtiment ; ou le rééchelonnement de la dette de la Sécurité sociale. Le décret, qui doit spécifier les sujets à débattre, devrait englober les projets déjà transmis à la Chambre et non ceux qui pourraient l’être ultérieurement. C’est ce point qui rend sa promulgation improbable. Car l’amendement de l’article 49 serait ipso facto écarté et cela provoquerait des dissensions au sein du gouvernement. De plus, le président de la République refuse, jusqu’à présent, que le processus d’amendement soit initié à sa propre demande. Il faudrait donc que dix députés présentent une motion, qu’elle soit avalisée par leurs pairs à une majorité des deux tiers, pour prier le gouvernement de préparer un projet de loi d’amendement. En tout cas, l’on ne s’attend pas à des surprises. Sauf que le président Nabih Berry ferait sensation s’il convoquait la Chambre, en tant que collège électoral, à élire un nouveau président de la République dès l’entame du délai légal courant du 23 septembre au 23 octobre. Bien entendu, il n’y a pas d’illusion à se faire : pour que le scrutin se déroule aussi tôt, il faut un feu vert syrien. Assorti, sans doute du choix du nouveau président. – Il est possible qu’au cours d’une session extraordinaire de septembre dix députés présentent une motion d’amendement de l’article 49 qui serait étudiée durant la session ordinaire suivante. En vue de ramener à quatre ou cinq ans, renouvelables une fois, le mandat présidentiel. Pour que le président Lahoud puisse se porter candidat, aux côtés d’autres. De même les hauts fonctionnaires seraient autorisés à postuler. Mais si la motion devait être approuvée aux deux tiers, cela signifierait que les dizaines de députés qui ont proclamé leur opposition à l’amendement ont retourné leur veste. Ce qui ne pourrait s’expliquer que par une intervention syrienne. Ou alors par un événement extraordinaire justifiant un tel revirement. Pour l’heure, les observateurs excluent qu’il se trouve dix députés pour signer une motion qui n’aurait pas l’aval de leurs pairs. Cependant, en bonne logique, l’éventualité, pour mince qu’elle paraisse, subsiste. Car la Syrie pourrait demander qu’on laisse la porte ouverte à l’amendement, afin de garder au feu tous ses fers jusqu’au dernier moment. En ordonnant alors soit la reconduction soit l’élection d’un nouveau chef de l’État, même parmi les hauts fonctionnaires. – La situation régionale, toujours explosive, pourrait influer d’une manière décisive sur la présidentielle libanaise. L’Irak est sur un baril de poudre, d’autant que maintenant l’Iran s’y trouve pris à partie, tandis que Moqtada Sadr est pratiquement en guerre contre les autorités autant que contre les Américains. Le front en Cisjordanie et à Gaza est également agité. Le Liban-Sud, mais peut-être aussi la Jordanie risquent de s’échauffer à tout moment. Les développements, ajoutés à une escalade dans la tension syro-américaine, pourraient se répercuter par des secousses politiques autour de la présidentielle. Richard Armitage indique que cette échéance regarde les deux gouvernements libanais et syrien ; mais il invite les Syriens à se retirer de ce pays. En les menaçant, puisqu’il affirme qu’ils ne réalisent pas vraiment ce qui est advenu au Baas en Irak. D’autres dirigeants US, Bush en tête, mettent en garde la Syrie contre toute immixtion dans la présidentielle libanaise. Et précisent que la Constitution, qui consacre le principe de l’alternance, doit être respectée. De tout cela il ressort, selon un ministre libanais, que les Américains établissent un cahier de charges qu’il faut suivre. Ils attendent de voir comment les deux gouvernements libanais et syrien vont se comporter. Émile KHOURY
Ayloul, tarafo mabloul... Oui, en septembre il risque de pleuvoir. Des coups. D’autant plus rudes que pendant ces vacances d’août, les protagonistes reprennent des forces. Les perspectives périlleuses s’articulent autour des éléments suivants :
– Une proposition de session parlementaire extraordinaire anticipée se raccordant à la session ordinaire d’automne qui s’ouvre le 19 octobre. La rallonge se ferait sous prétexte d’un trop-plein de projets déjà étudiés en commission et qu’il faut expédier. Comme la ratification de divers contrats ou accords ; la prorogation de la loi sur les loyers, en base d’une proposition du député Salah Honein ; la révision de la loi sur le bâtiment ; ou le rééchelonnement de la dette de la Sécurité sociale.
Le décret, qui doit spécifier les sujets à débattre, devrait...