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Scandale d’Abou Ghraib : la soldate Lynndie England devant ses juges

La soldate de première classe Lynndie England, symbole du scandale des sévices infligés à des détenus irakiens par l’armée américaine, a comparu hier à Fort Bragg aux États-Unis devant une commission militaire chargée de décider si la jeune femme, aujourd’hui enceinte, sera déférée devant une cour martiale. L’affaire avait éclaté après la publication dans les médias du monde entier de photos montrant notamment la jeune femme tenant, tout sourire, un détenu irakien nu en laisse à la prison d’Abou Ghraib, dans les environs de Bagdad. Droite dans ses bottes, England, qui est âgée de 21 ans, n’a fait aucune déclaration à la presse lorsqu’elle s’est présentée, en treillis et béret en compagnie de ses avocats, devant la colonel Denise Arn. England, qui attend un enfant du sergent Charles Graner, également mis en cause dans le scandale, est inculpée en compagnie de six autres militaires américains. Elle devra répondre de complot en vue de maltraiter des détenus irakiens, de voies de fait sur des prisonniers, d’actes préjudiciables à l’ordre public, d’actes contraires aux bonnes mœurs, de désobéissance aux ordres et de fabrication et possession de photos de nature explicitement sexuelle. Si elle est reconnue coupable, England encourt comme peine maximale la radiation de l’armée et 38 ans de prison. Pour sa défense, elle a toujours affirmé s’être contentée d’obéir aux ordres de ses supérieurs. Pour sa part, la supérieure d’England en Irak, la générale Janis Karpinski, relevée de son commandement de la prison d’Abou Ghraib, a affirmé hier que sa hiérarchie avait tenté d’étouffer l’affaire des sévices. Au micro de la BBC, la générale, qui n’a pas été inculpée, a également assuré avoir été délibérément mise à l’écart de toute cette affaire pour l’empêcher de découvrir la vérité. Priée de dire si cette tentative d’étouffement impliquait la Maison-Blanche ou le Pentagone, elle a répondu que « des indices donnent à penser que c’est possible ».

La soldate de première classe Lynndie England, symbole du scandale des sévices infligés à des détenus irakiens par l’armée américaine, a comparu hier à Fort Bragg aux États-Unis devant une commission militaire chargée de décider si la jeune femme, aujourd’hui enceinte, sera déférée devant une cour martiale. L’affaire avait éclaté après la publication dans les médias du monde entier de photos montrant notamment la jeune femme tenant, tout sourire, un détenu irakien nu en laisse à la prison d’Abou Ghraib, dans les environs de Bagdad.
Droite dans ses bottes, England, qui est âgée de 21 ans, n’a fait aucune déclaration à la presse lorsqu’elle s’est présentée, en treillis et béret en compagnie de ses avocats, devant la colonel Denise Arn.
England, qui attend un enfant du sergent Charles Graner,...