Conseiller de presse auprès de l’ambassade de Turquie, Oya Tatlinar répond aux textes sur le génocide arménien publiés dans nos colonnes, le 24 avril, jour que la communauté arménienne a choisi pour commémorer ce souvenir douloureux remontant au début du XXe siècle.
« Ce ne sont pas les Turcs qui réfutent l’allégation que 1,5 million d’Arméniens ont perdu la vie au cours des événements tragiques de 1915. C’est Bogos Nubar Pacha, chef de la délégation arménienne à la Conférence de paix de Paris, qui, dans une lettre adressée au ministre français des Affaires étrangères, précise que “200 000 à 300 000 Arméniens ont péri durant la Première Guerre mondiale, soit en combattant contre l’armée, soit du fait des conditions incontrôlables lors du transfert”.
« C’est aussi un Arménien, le Dr Robert John, qui, dans un article paru dans le numéro du 2 août 1984 de The Armenian Reporter publié aux États-Unis, affirme que la citation attribuée à Hitler, à savoir “qui se souvient encore du massacre des Arméniens ?”, est fausse.
« C’est toujours un Arménien, en l’occurrence Aram Andonian, qui, dans une lettre écrite le 26 juillet 1937, annonce que les ouvrages parus en 1920 simultanément à Paris, à Londres et à Boston respectivement, en français, en anglais et en arménien, dans lesquels il était fait référence aux soi-disant instructions qui auraient été données par Talat Pacha, ministre de l’Intérieur de l’époque, pour supprimer la population arménienne des marches de l’Empire ottoman, ne constituaient pas une étude historique, mais une œuvre de propagande. Le hasard veut que l’auteur de la lettre et celui des ouvrages précités soit le même, à savoir Aram Andonian, qui avoua 17 ans après qu’il avait fabriqué ces fameux télégrammes de Talat Pacha, auxquels les propagandistes arméniens ont fait référence pour appuyer leurs thèses sur le génocide qu’aurait subi le peuple arménien.
« Un journaliste suisse, Eric Hoeshi, écrivait le 24 octobre 2003 dans le quotidien helvétique Le temps que “puiser à sa guise dans la mémoire universelle comme sur les rayons d’un supermarché était un exercice périlleux”. C’est malheureusement un procédé assez souvent pratiqué par les propagandistes arméniens. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire les quelques lignes rédigées par l’un des auteurs qui ont collaboré à votre édition du 24 courant.
Il écrit notamment : “... L’empire commence à s’effondrer... La Première Guerre mondiale éclate... L’armée ottomane ordonne l’évacuation de toute la population arménienne hors de la zone de combat... Par la suite, le 24 avril 1915, l’intelligentsia arménienne, quelque 600 notables, est arrêtée...”
« Or la vérité historique est plus que différente des affirmations de l’auteur. En effet, c’est la guerre russo-turque de 1877-1878 qui réveilla les rêves d’indépendance des Arméniens auxquels la Russie tsariste faisait des promesses depuis 1820, date à laquelle elle se lança dans une grande politique d’expansion. La collaboration russo-arménienne atteignit son apogée lors de la Première Guerre mondiale. Les forces ottomanes, qui combattaient sur six fronts, se sont trouvées, à l’est du pays, exposées aux attaques des bandes arméniennes.
« Le gouvernement ottoman fut donc contraint d’agir. Le 24 avril 1915, les comités révolutionnaires furent interdits et 235 de leurs dirigeants furent arrêtés pour menées dirigées contre l’État.
« Il fut également décidé de procéder au déplacement des populations arméniennes installées dans les zones de combat. Ce déplacement fut pénible malgré toutes les précautions et mesures prises destinées à protéger la vie et les biens des personnes déplacées et à assurer leur bien-être. La réalité de ces malheurs est d’autant moins discutable qu’elle a été reconnue aussitôt par le gouvernement ottoman qui a immédiatement réagi en faisant poursuivre les coupables. Il n’y a pas eu donc d’impunité, comme le prétendent encore certains de nos jours. La cour martiale de Nemrut (le cruel) Mustafa Pacha, instaurée par le grand vizir Damat Ferit Pacha, condamna à mort par contumace, le 13 juillet 1919, Talat Pacha et Cemal Pacha, les responsables du “génocide” aux yeux des Arméniens. Ces derniers tomberont d’ailleurs quelques années plus tard sous les balles arméniennes.
« Un dernier rappel s’impose à l’attention de ceux qui évoquent l’impunité. Les Britanniques, à l’époque forces occupantes, ont arrêté et déporté en mai 1919 140 officiers à Malte sous prétexte d’avoir commis des crimes à l’égard des Arméniens. Ils ont été obligés de les relâcher deux ans après faute de preuves.
« Il ressort de ce qui précède que les événements de 1915 sont loin de constituer une vérité historique communément admise.
« Il est peu de questions dans l’histoire contemporaine qui suscitent autant de passion que le dossier arménien. Il est de surcroît exploité à des fins de propagande. Il a fait l’objet de multiples tentatives de désinformation historique, à tel point que certains mensonges apparaissent aujourd’hui comme des vérités, alors que Chateaubriand nous avait bien mis en garde. Il faut alors être très virgilant aux déviances de l’histoire, présentée sous des apparences de consensus. »
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« Ce ne sont pas les Turcs qui réfutent l’allégation que 1,5 million d’Arméniens ont perdu la vie au cours des événements tragiques de 1915. C’est Bogos Nubar Pacha, chef de la délégation arménienne à la Conférence de paix de Paris, qui, dans une lettre adressée au ministre français des Affaires étrangères, précise que “200 000 à 300 000 Arméniens ont péri durant la Première Guerre mondiale, soit en combattant contre l’armée, soit du fait des conditions incontrôlables lors du transfert”.
« C’est aussi un Arménien, le Dr...