Médecins sans frontières quitte l’Afghanistan pour cause d’insécurité
le 29 juillet 2004 à 00h00
L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a décidé hier de quitter l’Afghanistan après vingt-quatre ans de présence ininterrompue, en dénonçant l’apathie des autorités afghanes dans l’enquête sur le meurtre de cinq de ses employés le 2 juin dans le nord-ouest du pays.
L’ONG prix Nobel de la paix en 1999 a dénoncé globalement « les assassinats, les menaces et l’insécurité » pour quitter l’Afghanistan où elle employait 1 400 Afghans et 80 expatriés dans treize des trente-quatre provinces du pays.
Venus spécialement d’Europe pour expliquer leur « triste » décision, la secrétaire générale de MSF, Marine Buissonière, et le directeur des opérations de MSF/Hollande, Kenny Bluck, ont particulièrement dénoncé le « manque de volonté du gouvernement » à mener l’enquête sur les cinq meurtres et à poursuivre leurs auteurs. Le laxisme du gouvernement face à cette attaque peut laisser entendre qu’« il est acceptable de tuer des bénévoles », a regretté Kenny Bluck. « Nous ne comprenons pas qu’il n’y ait pas d’évolution (dans l’enquête) alors que les enquêteurs du gouvernement afghan nous indiquent que l’identité des criminels est connue et qu’ils reconnaissent que ces personnes sont vraisemblablement liées aux pouvoirs locaux », a-t-il accusé. « C’est une question que l’on peut légitimement poser aux forces de l’ordre en Afghanistan (...) Nous attendons une enquête crédible du gouvernement qui aboutisse à une action en justice », a-t-il ajouté en regrettant cette « journée terriblement triste » pour l’Afghanistan. MSF justifie également son retrait d’Afghanistan par « les accusations mensongères d’un porte-parole des talibans et les menaces de futures attaques » contre son personnel, selon un communiqué de l’ONG diffusé hier. Un porte-parole de la milice fondamentaliste, Abdul Latif Hakimi, avait revendiqué l’attaque du 2 juin auprès des médias occidentaux et accusé MSF de « travailler et espionner » pour les Américains.
MSF a dénoncé l’amalgame militaire-humanitaire institué par la mise en place par l’armée américaine d’Équipes de reconstruction provinciale (PRT), concept repris par l’Otan pour accroître sa présence en Afghanistan. L’ONG a ainsi protesté contre « la cooptation de l’assistance humanitaire par les forces de la coalition pour des motifs politiques et militaires ».
Marine Buissonière a précisé que l’organisation procéderait dans les semaines à venir au placement de ses programmes sous la tutelle du ministère afghan de la Santé et d’autres organisations non gouvernementales, non sans craindre une « perte de qualité ».
L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a décidé hier de quitter l’Afghanistan après vingt-quatre ans de présence ininterrompue, en dénonçant l’apathie des autorités afghanes dans l’enquête sur le meurtre de cinq de ses employés le 2 juin dans le nord-ouest du pays.
L’ONG prix Nobel de la paix en 1999 a dénoncé globalement « les assassinats, les menaces et l’insécurité » pour quitter l’Afghanistan où elle employait 1 400 Afghans et 80 expatriés dans treize des trente-quatre provinces du pays.
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