Le fils du dirigeant libyen Mouammar al-Kadhafi, Seïf al-Islam Kadhafi, a laissé entendre que des réformes démocratiques allaient bientôt être adoptées dans son pays, minimisant l’importance de l’influence des durs au sein du régime. « La Libye doit devenir un pays ouvert et démocratique. Autrement, elle deviendra une dictature réactionnaire fasciste », a déclaré le fils du numéro un libyen, dans un entretien publié hier par le quotidien arabe al-Hayat. « Le peuple libyen veut le développement, la démocratie, le respect des droits de l’homme et des libertés. Je ne pense pas qu’il existe une opposition réelle aux réformes », a-t-il dit.
Il a démenti d’autre part des informations de médias arabe, selon lesquelles il serait à la tête du front pour la libéralisation opposé aux Comités révolutionnaires, piliers du pouvoir de son père. « Il n’y a rien de cela. Comme dans toute société, il y a des gens de gauche, des extrémistes et des conservateurs. Mais 70 % de la population a moins de 40 ans et est guidée par les valeurs de la jeune génération », a-t-il dit.
Sur un autre plan, Seif al-Islam Kadhafi a déclaré dans cet entretien que Washington et Londres ont promis d’accorder des « avantages politiques, économiques et militaires » à la Libye en échange du démantèlement de ses programmes d’armes de destruction massive, a indiqué un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
La Libye a pris la décision de démanteler ses programmes d’armement non conventionnel « pour trois raisons que je révèle pour la première fois », a-t-il ajouté. « La première est les avantages politiques, économiques, culturels et militaires qui ont été promis par la partie occidentale avec laquelle nous négociions. La tentation était réellement grande », a-t-il souligné.
« La deuxième raison est que nos problèmes avec l’Occident représentaient un danger pour nous. Si l’Occident nous dit qu’il ne nous fait pas la guerre et qu’il souhaite bâtir un partenariat avec nous, pourquoi faudra-t-il insister pour être hostile à son égard? » dit-il.
« Et en troisième lieu, la raison la plus importante: nous développions des armes en préparation d’une bataille avec Israël. Nous avons par la suite vu que les Palestiniens avaient réalisé en cinq ans de négociations beaucoup plus qu’en 50 ans de lutte armée depuis Beyrouth, Tunis ou Amman », a-t-il ajouté. En outre, « le leader Mouammar Kadhafi a senti que les Arabes l’exploitaient, se moquaient de lui et le menaçaient », a-t-il dit. Parallèlement, l’AIEA s’est félicitée hier de la coopération actuelle de la Libye depuis que, le 19 décembre, le régime du colonel Mouammar Kadhafi a annoncé qu’il renonçait aux armes de destruction massive. Le dossier nucléaire libyen a certes été transmis à New York pour ses manquements passés en matière de non-prolifération, mais il s’agit d’une formalité pour « simple information » du Conseil de sécurité. Le même jour, Tripoli a d’ailleurs confirmé sa volonté de coopération en signant un protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ce qui autorise l’AIEA à effectuer des visites inopinées et poussées de toutes ses installations nucléaires.
Au niveau économique, Seïf al-Islam Kadhafi a déclaré que les sociétés pétrolières américaines devront payer des « frais financiers » pour recouvrir leurs droits sur les concessions qu’elles ont abandonnées, a déclaré le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Trois compagnies pétrolières américaines ont envoyé en Libye la semaine dernière des équipes pour négocier leur retour. Il s’agit de Marathon Oil, ConocoPhillips et Occidental, qui avaient quitté la Libye en 1986, après l’imposition de sanctions unilatérales américaines contre Tripoli.
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