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Actualités - Chronologie

Arafat face à la crise interne la plus grave depuis vingt ans

Le dirigeant palestinien Yasser Arafat fait face à la plus grave crise interpalestinienne depuis vingt ans, dont les conséquences risquent de miner l’Autorité palestinienne et de faire éclater le mouvement Fateh qui constitue son ossature. Une lutte pour le pouvoir et des règlements de comptes entre ex-généraux de la sécurité et apparatchiks de l’Autorité palestinienne à Gaza ont éclaté à la suite de la récente refonte des services de sécurité. Mais ces batailles internes reflètent une crise de confiance beaucoup plus profonde entre une population mise à genoux par la crise économique et l’enfermement israélien, et la direction de l’Autorité palestinienne. Cette lutte de clans se double d’une crise ministérielle, avec l’annonce de la démission du Premier ministre Ahmed Qoreï, demande refusée par Yasser Arafat qui l’a chargé de former un nouveau gouvernement. Des factions des Brigades des martyrs d’al-Aqsa à Gaza, liées au Fateh dirigé par M. Arafat mais autonomes, et soutenues par les forces de la police préventive restées loyales à Mohammed Dahlane, ancien ministre délégué à la Sécurité en opposition avec le dirigeant palestinien, ont été les initiateurs de la fronde. Suivies par des cadres du Fateh, elles ont ciblé le nouveau chef de la sécurité pour Gaza, Moussa Arafat, dont elles réclament la démission et le jugement pour corruption et collaboration. « Le problème ne réside pas dans tel ou tel gouvernement, ni dans la qualité du titulaire d’un ministère. La question est de revoir le mécanisme de prise de décision », a déclaré un porte-parole de ce courant, Soufiane Abou Zeid, membre du comité de direction du Fateh pour Gaza. « Tout relève de Yasser Arafat et les lois sont enterrées ou gelées selon son bon vouloir. Une solution de la crise qui ne prendrait pas en compte cette anomalie est vouée à l’échec », a-t-il souligné. « Nous ne voulons pas le départ de Yasser Arafat ou lui retirer ses prérogatives, mais qu’il laisse le Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) exercer pleinement ses pouvoirs », a-t-il ajouté. D’autres factions palestiniennes critiquent également la corruption des services palestiniens, comme le Hamas, adversaire acharné de Mohammed Dahlane dont les services ont tenté de démanteler les réseaux islamistes. Ce mouvement de contestation a trouvé un terrain favorable à Gaza, sur fond de malaise social d’une population sans ressources ni travail. La multiplication des enquêtes sur des affaires de corruption au sein de l’Autorité palestinienne, dont les dossiers s’empilent sur le bureau du procureur général, a été l’un des ferments de cette contestation. Les griefs des laissés-pour-compte sont nombreux : exclusion des Palestiniens de l’« intérieur » des postes-clés de l’Autorité palestinienne au profit de ceux venant de Tunis, absence de représentation des réfugiés, concentration du pouvoir aux mains de la vieille garde aux dépens des jeunes. « La crise est grave. Si les protagonistes n’agissent pas avec sagesse, on se retrouvera comme en 1983 », lorsque des commandants militaires au Liban ont fait dissidence au sein du Fateh sous l’impulsion de la Syrie, a affirmé Diab al-Louh, responsable de l’information du Fateh à Gaza. « En cas de recours aux armes, le territoire de Gaza risque de revenir à la situation d’avant 1967, quand les Palestiniens, jugés inaptes à se gouverner, ont été placés sous autorité égyptienne », estime ce partisan de Yasser Arafat.
Le dirigeant palestinien Yasser Arafat fait face à la plus grave crise interpalestinienne depuis vingt ans, dont les conséquences risquent de miner l’Autorité palestinienne et de faire éclater le mouvement Fateh qui constitue son ossature.
Une lutte pour le pouvoir et des règlements de comptes entre ex-généraux de la sécurité et apparatchiks de l’Autorité palestinienne à Gaza ont éclaté à la suite de la récente refonte des services de sécurité.
Mais ces batailles internes reflètent une crise de confiance beaucoup plus profonde entre une population mise à genoux par la crise économique et l’enfermement israélien, et la direction de l’Autorité palestinienne.
Cette lutte de clans se double d’une crise ministérielle, avec l’annonce de la démission du Premier ministre Ahmed Qoreï, demande refusée par...