La communauté catholique américaine, un électorat courtisé
le 20 juillet 2004 à 00h00
Forte de 65 millions de fidèles, la communauté catholique américaine représente environ un quart de l’électorat, un poids qui explique qu’elle soit très courtisée avant la présidentielle du 2 novembre.
Pour la première fois depuis John Kennedy en 1960, un candidat à la présidence, le démocrate John Kerry, est catholique.
Mais, contrairement au républicain conservateur George W. Bush, un chrétien méthodiste qui n’hésite jamais à afficher sa foi et se montre farouchement opposé à l’avortement, au mariage gay et à la recherche sur les embryons, John Kerry, personnellement opposé à l’avortement, est pour le libre choix des femmes et ne parle que rarement de sa foi, même s’il est catholique pratiquant.
Réunis en assemblée le mois dernier à Denver (Colorado), les 275 évêques des États-Unis avaient débattu de la proposition d’une poignée d’entre eux de refuser la communion aux hommes politiques qui ne prendraient pas position contre le droit à l’avortement et contre le mariage des homosexuels, ce qui viserait John Kerry.
Dans son communiqué final, la Conférence des évêques a ainsi autorisé cette proposition défendue par des conservateurs de l’Église catholique, tout en précisant qu’« une telle décision relève du choix individuel de l’évêque » dans chaque diocèse.
Mais cette décision n’a pas fait l’unanimité au sein d’une communauté divisée entre courants progressistes et conservateurs.
Selon un sondage réalisé par une association catholique de gauche, « Catholiques pour le libre choix », 78 % des catholiques américains désapprouveraient la décision de leurs évêques de condamner ainsi les hommes politiques favorables au droit à l’avortement.
Les catholiques américains « ne forment pas un bloc monolithique », souligne d’ailleurs Mark Rozell, un professeur de sciences politique à l’Université catholique de Washington.
Au cours des 20 dernières années, le seul démocrate à avoir remporté la majorité des suffrages catholiques est Bill Clinton, pour son second mandat en 1996.
En 2000, une majorité de catholiques ont voté pour le républicain George W. Bush et, même si un sondage publié fin juin par le magazine Time indiquait que 45 % des catholiques américains se déclarent en faveur de Kerry et 43 % pour Bush, le président républicain compte sur le soutien de la hiérarchie catholique.
Lors de sa visite au pape Jean-Paul II, le 4 juin dernier, M. Bush aurait exprimé le souhait, selon des informations diffusées par la presse catholique, d’une plus grande combativité des évêques sur les questions liées à la défense de la vie et de la famille.
Reste que de nombreux catholiques demeurent hostiles, comme le pape Jean-Paul II, à la guerre en Irak ou à la peine de mort, que défend le président Bush.
Beaucoup sont également ouverts aux questions de justice sociale et de solidarité avec les laissés-pour-compte du rêve américain.
Forte de 65 millions de fidèles, la communauté catholique américaine représente environ un quart de l’électorat, un poids qui explique qu’elle soit très courtisée avant la présidentielle du 2 novembre.
Pour la première fois depuis John Kennedy en 1960, un candidat à la présidence, le démocrate John Kerry, est catholique.
Mais, contrairement au républicain conservateur George W. Bush, un chrétien méthodiste qui n’hésite jamais à afficher sa foi et se montre farouchement opposé à l’avortement, au mariage gay et à la recherche sur les embryons, John Kerry, personnellement opposé à l’avortement, est pour le libre choix des femmes et ne parle que rarement de sa foi, même s’il est catholique pratiquant.
Réunis en assemblée le mois dernier à Denver (Colorado), les 275 évêques des États-Unis avaient...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.