Des infrastructures sportives et routières neuves, des transports modernes, un centre-ville rénové : Athènes va sortir des Jeux totalement transformée, avec l’espoir que ce changement d’image attirera plus de touristes, mais le pays va mettre du temps à payer ces lourds investissements.
Quelque 4,4 milliards d’euros ont été consacrés par l’État grec à la construction ou la rénovation des 35 sites olympiques et aux liaisons routières et ferroviaires (train de banlieue, tramway) pour faciliter la circulation et embellir une capitale surpeuplée, renommée pour sa pollution et le manque d’espaces verts.
Sans compter les infrastructures déjà prévues par le 3e Cadre communautaire d’appui de l’Union européenne dont l’achèvement a été accéléré en vue des Jeux : construction du périphérique d’Attiki Odos (52 km) reliant la banlieue est et ouest de la capitale et extension du métro.
Un « parc archéologique »
Rassemblant quatre millions d’habitants, près d’un tiers de la population du pays, Athènes espère accueillir au moins un demi-million de touristes pendant les Jeux. Outre les épreuves sportives, ceux-ci pourront assister à de nombreuses manifestations artistiques, organisées dans le cadre de l’Olympiade culturelle.
Le Musée national d’archéologie, l’un des principaux attraits du tourisme culturel de la capitale, a été rénové. Un « parc archéologique » réunissant tous les sites autour de l’Acropole par une voie piétonnière a été créé et les innombrables chantiers ont permis des découvertes archéologiques importantes.
Toutefois, les échafaudages érigés pour la restauration du Parthénon resteront pendant les Jeux et ne seront démontés qu’à la fin 2005. Le nouveau musée de l’Acropole, en contrebas du rocher, ne sera pas prêt lui non plus pour les Jeux, des péripéties judiciaires ayant entravé l’avancement des travaux.
Mais avec l’impressionnant toit en acier et verre du stade olympique, dessiné par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, Athènes comptera également désormais avec un nouveau monument symbolisant la modernité de la Grèce.
Dérapages budgétaires
S’il n’y a plus d’inquiétude sur son achèvement dans les temps, malgré d’interminables péripéties, l’ouvrage aura tout de même coûté 30 millions d’euros de plus que prévu par rapport aux 230 millions d’euros du budget initial.
Au total, les dérapages budgétaires sont chiffrés à ce jour à plus de 1,4 md EUR et les Grecs grincent des dents à l’idée que leurs impôts devront payer des installations qui paraissent parfois surdimensionnées par rapport aux besoins réels du pays en dehors des Jeux.
Mais les Athéniens se réjouiront de découvrir, grâce aux Jeux, une promenade maritime au Phalère (banlieue sud), ainsi que la reconstruction de nombreuses places du centre-ville, du goudronnage des centaines de kilomètres de rues et des ravalements de nombreux bâtiments publics, hôtels ou édifices privés.
Ils sont moins certains en revanche de profiter longtemps des milliers d’arbres et de buissons plantés pour les Jeux en ville et dans les sites. En raison des retards des travaux, beaucoup ont été mis en terre au pire moment, c’est-à-dire en plein été, et leur survie n’est pas forcément assurée.
Cet embellissement d’Athènes s’accompagne également d’un nettoyage social contre tous les « indésirables » accusés de donner une mauvaise image à la capitale : interpellations de toxicomanes, alcooliques, sans-abri, intensification des contrôles de sans-papiers et chasse aux animaux errants.
Un effort particulier a été fait pour la création de nouveaux parkings, notamment près des stations de métro, pour faire face au gros parc automobile et limiter les embouteillages, un des maux endémiques d’Athènes. Des campagnes publicitaires incitent les citoyens à « abandonner leurs voitures pour bénéficier des moyens de transport en commun » pendant les Jeux, en espérant qu’ils garderont ces bonnes habitudes par la suite.
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Quelque 4,4 milliards d’euros ont été consacrés par l’État grec à la construction ou la rénovation des 35 sites olympiques et aux liaisons routières et ferroviaires (train de banlieue, tramway) pour faciliter la circulation et embellir une capitale surpeuplée, renommée pour sa pollution et le manque d’espaces verts.
Sans compter les infrastructures déjà prévues par le 3e Cadre communautaire d’appui de l’Union européenne dont l’achèvement a été accéléré en vue des Jeux : construction du périphérique d’Attiki...