Hué en juin par les supporteurs après une saison catastrophe, Florentino Perez a été réélu ce week-end président du Real Madrid avec un score en forme de raz de marée (94,25 % des suffrages) qui ne laisse planer aucun doute : sa gestion est plébiscitée par les socios malgré l’échec de 2003-2004.
« FP, président avec un carton », « FP, Florentino Presidente » résumaient hier les quotidiens sportifs Marca et AS, en reprenant le slogan « ZP », symbole de la victoire du socialiste José-Luis Rodriguez Zapatero aux élections générales espagnoles en mars. Car, que l’on soit supporteur ou non, l’élection du président du Real est presque une affaire d’État. Avec 85 000 « socios » (membres) et des millions de supporteurs à travers le monde, un budget titanesque de 300 millions d’euros, le Real, élu meilleur club du XXe siècle par la Fifa, est sans conteste un monument espagnol.
Comme lors d’un scrutin majeur, Florentino Perez a mené une véritable campagne électorale avec affiches, pages de publicité et voitures avec haut-parleurs dans les rues.
Des miettes
à ses adversaires
Ses adversaires, qui lui reprochaient la mauvaise saison 2003-2004 ainsi que d’avoir travesti l’image du club sur l’autel du marketing, n’ont récolté que les miettes des 31 007 votants : 3,94 % pour son principal adversaire, l’ancien président Lorenzo Sanz (1995-2000), et 1,65 % pour l’entrepreneur Arturo Baldasano.
« Le Real Madrid a gagné. La voix du “socio” du Real Madrid a été entendue avec force. Je connais le défi que me lancent les “socios”. Avec humilité, nous continuerons à construire un Real Madrid passionnant, respectueux et loyal à son histoire légendaire. Il reste beaucoup à faire, mais dès aujourd’hui, nous commençons le travail. Ce nouveau projet me fait encore plus envie que le premier », a affirmé le président une fois réélu.
Malgré les défaites en 2003-2004, les « socios » ont préféré se souvenir des réussites de Perez, qui a rendu sa grandeur au club en effaçant la dette grâce à une opération immobilière, remporté une C1 et deux Ligas et fait venir les plus grandes stars (Luis Figo, Zinedine Zidane, Ronaldo, David Beckham).
Mea culpa
« FP » a aussi remarquablement manœuvré pour faire oublier la saison catastrophe dont il est sans doute le principal responsable.
En ne prolongeant pas l’entraîneur Vicente Del Bosque au profit de l’inconnu Carlos Queiroz et en se séparant de tous les joueurs intermédiaires pour former un effectif trop court en nombre de joueurs confirmés, Perez avait lancé son équipe dans le mur. Il a toutefois fait son mea culpa dès la fin de saison, reconnaissant qu’il fallait « parfaire le projet » et faisant sauter deux fusibles : Carlos Queiroz et, surtout, celui qui lui avait servi de caution pour se faire élire en 2000, le directeur Jorge Valdano. Parallèlement, il a engagé avant les élections l’entraîneur José Antonio Camacho, idole des supporteurs, et le défenseur argentin Walter Samuel. Le message était clair : « Nous ne retomberons pas dans les mêmes erreurs. »
Aujourd’hui, circulent déjà de nombreux noms de recrues qui pourraient arriver au club dans les prochains jours : le défenseur portugais Ricardo Carvalho, le milieu de terrain basque Xabi Alonso, voire le milieu de terrain français Patrick Vieira, le défenseur grec Seitaridis ou l’attaquant britannique Wayne Rooney.
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« FP, président avec un carton », « FP, Florentino Presidente » résumaient hier les quotidiens sportifs Marca et AS, en reprenant le slogan « ZP », symbole de la victoire du socialiste José-Luis Rodriguez Zapatero aux élections générales espagnoles en mars. Car, que l’on soit supporteur ou non, l’élection du président du Real est presque une affaire d’État. Avec 85 000 « socios » (membres) et des millions de supporteurs à travers le monde, un budget titanesque de 300 millions d’euros, le Real, élu...