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Petit tour en librairies Les Libanais lisent bien plus qu’on ne l’imagine

Petit tour rapide dans les grandes librairies de Beyrouth, là où se concentre la majeure partie des achats de livres non scolaires. Origines, d’Amine Maalouf, occupe la première position au top ten des ventes de romans français (qui a dit que nul n’est prophète en son pays ?). Il est talonné de près par Maktub, le dernier Paulo Coelho, Da Vinci Code, un best-seller pur jus (que les gens s’arrachent aussi bien en anglais qu’en version française), ou encore Guérir, de David Servan-Schreiber... Puis viennent les biographies (celles de Farah Diba, de la reine Nour et de De Gaulle) et les ouvrages géopolitiques... Un choix de lecture qui en dit long sur les goûts et les centres d’intérêt des Libanais. Romans, biographies et ouvrages politiques Très informés, très influencés par les listes des meilleures ventes et les émissions de télévision étrangères (« on parle d’une nouvelle parution en France, le lendemain elle est demandée à Beyrouth », affirment d’une même voix les libraires interrogés), un peu moins par la vraie critique, les clients des librairies savent ce qu’ils veulent. Et ce qu’ils veulent, en ces temps de crise et de morosité, c’est soit une lecture de délassement (best-sellers et autres nouveautés), soit une recherche d’informations sur un sujet d’actualité, d’où le boom des ouvrages sociopolitiques. Bien sûr, tout ce qui a trait à la région est en tête des préoccupations des lecteurs, qui achètent aussi bien des essais sur la situation au Proche-Orient qu’un livre sur l’histoire de Beyrouth, ou celui de l’exemplaire figure de réussite à la libanaise : Carlos Ghosn. Évidemment, les petits et grands articles concernant le Liban dans la presse étrangère boostent les ventes de ces magazines : l’article scandale de Marie-Claire et celui nettement plus intéressant de Géo-Magazine en sont des exemples frappants. D’autant qu’en matière d’imprimés, le consommateur libanais, bien que relativement fidèle à certaines publications hebdomadaires ou mensuelles, n’est pas vraiment un farouche partisan du système d’abonnement. « Ben ladeneries » vs polars Sinon, pour le reste, il semblerait que la bédé, qui se vend bien, reste la chasse gardée des adolescents, et le polar, mis à part quelques exceptions, soit supplanté ces derniers temps par les « Ben ladeneries », pour reprendre la formulation d’une responsable de librairie. Par ailleurs, il reste difficile de faire acheter aux Libanais un classique ou un premier roman. Ils se dirigent plus spontanément vers des livres d’auteurs déjà connus (pour ne pas dire « peoples ») : les Paulo Coelho, Alexandre Jardin, Marc Lévy et autres Amélie Nothomb... Fréquentation hebdomadaire Dans certaines librairies, qui ont une clientèle « choisie », plutôt intellectuelle, il y aurait, paraît-il, une hausse de la demande au niveau des livres d’art, d’architecture et de photographie. Les responsables soutiennent que ce genre d’achat devient de plus en plus personnel alors qu’il y a quelques années il était essentiellement destiné à être offert en cadeau. La nouveauté en matière de livres – comme en tout – attire les Libanais. Toujours selon les libraires, ils préfèrent acheter le livre à sa sortie en grand format et au prix fort, plutôt qu’attendre six mois son édition de poche. Et cela en dépit de la différence de prix substantielle, consécutive à la hausse de l’euro. Il n’y a qu’en matière de sciences humaines qu’ils consentiraient à faire des économies et à s’en remettre donc aux livres de poche. Quant à la fréquence de fréquentation des librairies, elle reste nettement inférieure à celle des restaurants et autres cafés, mais ça on le savait ! Il n’en demeure pas moins qu’elle reste majoritairement fluctuante, suivant la localisation de l’établissement. Les librairies du centre-ville par exemple sont «visitées» au gré des flâneries des promeneurs. Bien sûr, il y a ceux (ou plutôt celles !) qui rentrent dans une librairie, comme chez un confiseur ou un fleuriste, pour acheter un petit cadeau de déjeuner ou de visite d’hôpital. Sinon, il y a les lecteurs occasionnels qui, invités aux séances de signature, achètent l’ouvrage de dédicace et, du coup, prennent aussi d’autres bouquins. Et les vrais mordus de la lecture, les assidus, qui sont généralement fidèles à une librairie et s’y rendent régulièrement, de manière hebdomadaire, pour y acheter le livre qui fera leur semaine. Finalement, comme le dit une responsable de librairie : « Les Libanais lisent bien plus qu’on ne l’imagine. » Et elle ne parlait pas des revues mondaines ! Zéna ZALZAL
Petit tour rapide dans les grandes librairies de Beyrouth, là où se concentre la majeure partie des achats de livres non scolaires. Origines, d’Amine Maalouf, occupe la première position au top ten des ventes de romans français (qui a dit que nul n’est prophète en son pays ?). Il est talonné de près par Maktub, le dernier Paulo Coelho, Da Vinci Code, un best-seller pur jus (que les gens s’arrachent aussi bien en anglais qu’en version française), ou encore Guérir, de David Servan-Schreiber... Puis viennent les biographies (celles de Farah Diba, de la reine Nour et de De Gaulle) et les ouvrages géopolitiques... Un choix de lecture qui en dit long sur les goûts et les centres d’intérêt des Libanais.

Romans, biographies
et ouvrages politiques
Très informés, très influencés par les listes des meilleures ventes...