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Combattre l’antioccidentalisme pour éliminer le fanatisme

La vie quotidienne aux États-Unis après les évènements du 11 septembre et la deuxième guerre en Irak pousse l’expatrié libanais à s’efforcer de mieux comprendre tant l’Orient que l’Occident. Il s’avère que cet exercice continu met en exergue aussi bien les lacunes, de la conception occidentale de l’Orient que celle orientale de l’Occident. La nécessité de combattre les fanatismes islamique et arabe est un thème très fréquent des shows politiques télévisés qu’ils soient à tendances conservatrices ou libérales. Ces fanatismes « CNN-isés » sont communément jugés comme étant la cause de l’antioccidentalisme plutôt que son effet. Or, n’est-ce pas l’antioccidentalisme qui engendre les fanatismes aussi bien religieux que nationaux ? Les faits historiques qui corroborent cette thèse pullulent. Le grand duel entre le continent asiatique et l’Occident remonte très haut dans le temps et précède l’islamisme, à commencer par les guerres médiques (ou gréco-perses) du premier millénaire av. J-C, en passant par les conflits qui opposèrent les Romains au royaume gréco-syrien des Séleucides (en 83 av. J-C), et se prolongeant par les guerres perso-byzantines du premier millénaire de notre ère jusqu’à l’expansion de l’islam primitif. D’ailleurs, les historiens s’accordent à dire que le nationalisme antioccidental de l’Orient byzantin, loin d’être un produit de l’islamisme qui lui est postérieur, fût plutôt la cause indirecte de l’expansion rapide de l’islam, qui répondit aux aspirations individuelles, sociales et politiques des populations orientales. Dans l’histoire contemporaine, l’essor de l’Organisation des frères musulmans, par exemple, était une réaction contre l’occidentalisation de la classe politique égyptienne. De même, le nationalisme arabe qui vit le jour pendant et après la Première Guerre mondiale, ne fût qu’une série de réactions éphémères contre la « turquisation » de l’Orient et l’hégémonie occidentale. De nos jours, l’ultranationalisme palestinien est le fruit de l’oppression exercée par Israël, vu comme l’avant-garde de l’Occident, alors qu’el-Qaëda recrute ses fanatiques en prêchant et en exploitant la haine de l’Occident. Combattre le fanatisme est donc inefficace et stérile. C’est l’antagonisme entre l’Orient et l’Occident qu’il faut éliminer en définissant une stratégie holistique à long terme, mais aussi à court terme car le danger d’une conflagration globale est aujourd’hui plus réel que jamais. À court terme, il faut abolir les causes qui exacerbent l’antioccidentalisme en commençant, surtout et avant tout, on ne le répète pas assez, par œuvrer à trouver une solution équitable à la tragédie palestinienne qui constitue le prisme à travers lequel l’Orient perçoit l’Occident, et ensuite en consacrant le multilatéralisme comme le seul moyen légal et légitime capable de résoudre les crises globales. À long terme, une coopération continue et assidue entre la société civile de l’Orient et celle de l’Occident doit s’exercer afin d’enrichir le développement culturel de leurs peuples respectifs. La pénurie culturelle du citoyen oriental lambda est un facteur principal assurant la perpétuité des régimes dictatoriaux qui contribuent à accentuer cette carence et ainsi intensifient le fanatisme et l’extrémisme parmi leurs peuples. Il n’en est pas moins, au niveau des peuples occidentaux, de la carence culturelle responsable de l’impunité dont bénéficient plusieurs de leurs gouvernements démocratiques, coupables de mener des politiques extérieures injustes qui accentuent l’antagonisme entre l’Orient et l’Occident. À long terme, seuls l’épanouissement accru des peuples orientaux et occidentaux et le dialogue éclairé entre eux aboliront ce mythe séculaire qu’est l’antioccidentalisme et tous les fanatismes qui en résultent. Il y a vingt-cinq ans déjà, Edward Saïd secoua la conception occidentale de l’Orient dans son ouvrage intitulé Orientalisme. Edward Saïd n’est plus, mais il incombe aux sociétés civiles du monde entier de poursuivre la tâche. Firas Abi-Nassif États-Unis, Union libanaise culturelle mondiale
La vie quotidienne aux États-Unis après les évènements du 11 septembre et la deuxième guerre en Irak pousse l’expatrié libanais à s’efforcer de mieux comprendre tant l’Orient que l’Occident. Il s’avère que cet exercice continu met en exergue aussi bien les lacunes, de la conception occidentale de l’Orient que celle orientale de l’Occident.
La nécessité de combattre les fanatismes islamique et arabe est un thème très fréquent des shows politiques télévisés qu’ils soient à tendances conservatrices ou libérales. Ces fanatismes « CNN-isés » sont communément jugés comme étant la cause de l’antioccidentalisme plutôt que son effet. Or, n’est-ce pas l’antioccidentalisme qui engendre les fanatismes aussi bien religieux que nationaux ?
Les faits historiques qui corroborent cette thèse pullulent. Le...