Arménie
Le mécontentement populaire dope
la campagne contre le président Kotcharian
le 17 avril 2004 à 00h00
L’opposition arménienne, qui a manifesté une nouvelle fois hier pour réclamer le départ du président Robert Kotcharian, se nourrit du mécontentement qu’éprouve une grande partie de la population de l’Arménie, minée par une extrême pauvreté depuis l’indépendance du pays.
Le sentiment, très répandu dans la population, que le gouvernement est indifférent à leur sort a activé le mouvement d’opposition à Robert Kotcharian et des milliers d’Arméniens se rassemblent quasi quotidiennement à Erevan depuis le début du mois pour réclamer le départ du président. Des affrontements sont même survenus dans la nuit de lundi à mardi quand la police a dispersé plusieurs milliers de personnes qui avaient organisé un sit-in non loin de la présidence.
Dans une certaine mesure, la politique économique de Robert Kotcharian a pourtant porté des fruits. L’Arménie a régulièrement affiché une croissance de plus de 10 % au cours des dernières années, malgré le blocus économique imposé par deux pays voisins, la Turquie et l’Azerbaïdjan.
Mais la croissance économique a apporté peu de changements dans la vie des gens ordinaires. Les salaires ne dépassent pas 50 dollars (42 euros) par mois, le chômage atteint des sommets et près du tiers de la population a quitté le pays pour aller travailler à l’étranger, la plupart en Russie.
Beaucoup d’Arméniens jettent le blâme sur Robert Kotcharian. Ils croient qu’une coterie de riches hommes d’affaires proches du président est autorisée à s’enrichir aux dépens des pauvres.
Ses opposants espéraient l’évincer lors de l’élection présidentielle de mars 2003, mais Robert Kotcharian a finalement battu au second tour le chef du bloc Justice Stepan Demirtchian. L’opposition ne reconnaît pas les résultats de ce scrutin, qui, selon les observateurs internationaux, a été entaché de graves irrégularités.
Des parallèles ont été faits entre l’actuel mouvement d’opposition en Arménie et la « révolution de la rose » survenue l’an dernier en Géorgie voisine quand l’ex-président géorgien Edouard Chevardnadzé avait été contraint à la démission sous la pression de manifestations de rue orchestrées par l’opposition réformatrice.
Mais l’opposition arménienne est très divisée et les analystes demeurent sceptiques quant à ses chances de suivre le modèle géorgien. Robert Kotcharian, ancien ouvrier d’usine et ancien combattant de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, jouit de l’appui de l’armée et de la police, ainsi que d’une grande partie de la population qui craint que l’opposition ne plonge le pays dans l’instabilité politique.
L’opposition arménienne, qui a manifesté une nouvelle fois hier pour réclamer le départ du président Robert Kotcharian, se nourrit du mécontentement qu’éprouve une grande partie de la population de l’Arménie, minée par une extrême pauvreté depuis l’indépendance du pays.
Le sentiment, très répandu dans la population, que le gouvernement est indifférent à leur sort a activé le mouvement d’opposition à Robert Kotcharian et des milliers d’Arméniens se rassemblent quasi quotidiennement à Erevan depuis le début du mois pour réclamer le départ du président. Des affrontements sont même survenus dans la nuit de lundi à mardi quand la police a dispersé plusieurs milliers de personnes qui avaient organisé un sit-in non loin de la présidence.
Dans une certaine mesure, la politique économique de Robert...
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