Le président George W. Bush, en soutenant pour la première fois le principe de la colonisation juive, a pris le risque de renforcer l’opposition du monde arabe à son égard, tout en s’attirant les faveurs du vote juif et des chrétiens conservateurs avant la présidentielle.
Bush a ainsi balayé les positions traditionnelles de tous ses prédécesseurs, y compris son père qui avait été jusqu’à conditionner le versement de garanties bancaires à Israël pour marquer son opposition à la poursuite de la colonisation.
Ces prises de position sans précédent, émises par le président-candidat républicain à moins de huit mois de l’échéance électorale du 2 novembre, ont été accueillies avec satisfaction par des représentants des 5,5 millions de juifs américains traditionnellement démocrates.
Bush n’a probablement pas oublié que Ronald Reagan, un président vénéré par les républicains, avait réussi à bénéficier de 38% des voix de l’électorat juif, un record depuis le début du XXe siècle pour un candidat du « Grand Old Party ». Bush, qui en 2000 n’avait obtenu que 19 % de ce vote, pourrait l’égaler cette année, selon un récent sondage de l’American Jewish Committee (AJC).
Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, John Kerry, a du coup été contraint d’entrer dans la danse afin d’empêcher Bush d’attirer dans ses filets des électeurs juifs majoritairement prodémocrates. « Je pense que cela peut constituer une étape positive. Ce qui est évidemment important ici c’est la sécurité de l’État d’Israël », a déclaré le sénateur du Massachusetts dans des propos repris par la presse américaine et visant directement les juifs américains.
De fait, confirme Jonathan Lincoln, un expert de la politique américaine au Proche-Orient au Council of Foreign Relations, « l’image d’un Premier ministre israélien et d’un président américain, côte à côte, presque à l’unisson sur tous les sujets, a certainement eu un fort impact au sein de la communauté juive de ce pays ».
Le lobby pro-Israël au Congrès, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), a d’ailleurs déjà qualifié la prestation des deux dirigeants de « démonstration exemplaire de coopération historique entre deux alliés ».
Pour des politologues américains, ce soutien presque inconditionnel de Bush à Sharon dépasse même le cadre de la communauté juive des États-Unis pour s’adresser aussi aux chrétiens conservateurs. Ces derniers, qui se chiffrent par millions aux États-Unis, soutiennent généralement l’actuel président, notamment sur la question de l’Irak, mais s’alignent aussi sur les positions de la droite ultranationaliste en Israël opposée à toute concession territoriale.
Plus généralement, estime Jonathan Lincoln, « si Bush peut vendre une illusion de progrès en Irak et une illusion de progrès sur le front palestino-israélien, alors ce sera bon pour lui en novembre ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président George W. Bush, en soutenant pour la première fois le principe de la colonisation juive, a pris le risque de renforcer l’opposition du monde arabe à son égard, tout en s’attirant les faveurs du vote juif et des chrétiens conservateurs avant la présidentielle.
Bush a ainsi balayé les positions traditionnelles de tous ses prédécesseurs, y compris son père qui avait été jusqu’à conditionner le versement de garanties bancaires à Israël pour marquer son opposition à la poursuite de la colonisation.
Ces prises de position sans précédent, émises par le président-candidat républicain à moins de huit mois de l’échéance électorale du 2 novembre, ont été accueillies avec satisfaction par des représentants des 5,5 millions de juifs américains traditionnellement démocrates.
Bush n’a probablement...