Les Palestiniens, furieux, ont dénoncé les déclarations du président américain George W. Bush jugeant « irréaliste » un retour d’Israël aux frontières d’avant la guerre de juin 1967, qui ont été en revanche bien accueillies en Israël.
Le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a jugé « inacceptables » mercredi soir ces déclarations de soutien au Premier ministre israélien Ariel Sharon à son plan de retrait de la bande de Gaza.
Il s’est particulièrement élevé contre le fait que le président Bush ait jugé « irréaliste » de revenir aux frontières de l’armistice de 1949, dans le cadre d’un accord de paix.
« Nous ne pouvons accepter cela car ces questions doivent être décidées lors de négociations » entre Israël et les Palestiniens, a déclaré M. Qoreï lors d’une conférence de presse à Abou Dis, dans la banlieue de Jérusalem. « Ce qui n’est pas réaliste, c’est qu’Israël occupe des territoires palestiniens », a martelé le Premier ministre.
Il a également reproché au président américain de n’avoir pas dénoncé le fait qu’Israël construit un « mur de séparation » en Cisjordanie même.
Dans une déclaration à la télévision satellitaire qatariote al-Jazira, M. Qoreï a affirmé que M. Bush était « le premier président américain qui donne une légitimité à la colonisation sur la terre palestinienne ».
Le ministre palestinien chargé des Négociations, Saëb Erakat, a, lui, accusé le président Bush de « violer les résolutions des Nations unies » en particulier la 194 sur le droit de retour des réfugiés palestiniens de 1948.
Les déclarations de M. Bush, au cours d’une conférence de presse conjointe avec M. Sharon, impliquent des modifications de frontières au profit d’Israël, compte tenu du fait accompli de la colonisation.
M. Bush a également estimé que les réfugiés palestiniens devaient renoncer au droit de retour et se réinstaller en priorité dans les territoires qui leur seront accordés.
Côté israélien, M. Sharon a indiqué que M. Bush lui avait remis une lettre « qui comprend une déclaration très importante pour la sécurité d’Israël et son développement en tant qu’État juif ».
Ses partisans ont estimé que le président américain avait donné l’appui nécessaire à M. Sharon pour qu’il puisse convaincre les membres de son parti, le Likoud, d’appuyer son « plan de séparation » lors d’un référendum interne, le 2 mai.
« Les déclarations du président Bush, notamment sur la question des réfugiés, m’ont convaincue d’appuyer ce plan », a déclaré à la télévision la ministre de l’Immigration Tzipi Livni du Likoud. « Je pense que Sharon a emporté un important succès diplomatique », a estimé pour sa part le ministre de la Justice, Yossef Lapid.
Le chef du parti centriste Shinouï s’est félicité du fait que le président américain ait pris position pour un « retour des réfugiés dans un État palestinien et non en Israël ».
Cette question fait l’objet d’un véritable consensus au sein de la population israélienne qui craint qu’un retour en masse de réfugiés remette en cause le caractère juif de l’État.
À gauche, le « numéro un » travailliste, Shimon Peres, a estimé que les positions du président Bush étaient « quasi identiques » à celle de son parti.
Plus à gauche, le parti Meretz a réaffirmé qu’un accord de paix « devait être négocié avec les Palestiniens et non avec Washington ».
Des représentants des colons et l’extrême droite ont, en revanche, estimé que les déclarations du président Bush n’engageaient pas vraiment les États-Unis et réaffirmé leur opposition à un retrait de Gaza. « Ces déclarations ne changent rien au fait qu’un retrait serait un cadeau au terrorisme », a affirmé dans un communiqué le Conseil des implantations juives de Cisjordanie et de la bande de Gaza.
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Le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a jugé « inacceptables » mercredi soir ces déclarations de soutien au Premier ministre israélien Ariel Sharon à son plan de retrait de la bande de Gaza.
Il s’est particulièrement élevé contre le fait que le président Bush ait jugé « irréaliste » de revenir aux frontières de l’armistice de 1949, dans le cadre d’un accord de paix.
« Nous ne pouvons accepter cela car ces questions doivent être décidées lors de négociations » entre Israël et les Palestiniens, a déclaré M. Qoreï lors d’une conférence de presse à...