Les relations Washington-Ryad
sont de nouveau mises à l’épreuve
le 21 juin 2004 à 00h00
L’exécution de l’otage américain Paul Johnson met une nouvelle fois à l’épreuve les relations délicates entre Washington et Ryad, mais pourrait aussi se traduire par un renforcement de la coopération entre les deux capitales au nom d’un ennemi commun : el-Qaëda. L’annonce de la mort de l’ingénieur s’est accompagnée à Washington d’un mélange de critiques ouvertes ou voilées de l’Arabie saoudite, et d’assurances que Ryad était déterminé à combattre le terrorisme.
Le président George W. Bush a affirmé que l’Amérique ne « reculera pas » face au terrorisme, mais, prudent, s’est abstenu de faire référence à l’Arabie saoudite, de même que le vice-président Dick Cheney. Le secrétaire d’État Colin Powell s’est pour sa part montré positif à l’égard du gouvernement de Ryad, qu’il a « remercié pour ses efforts sans relâche pour M. Johnson ». M. Powell a affirmé que ce meurtre « renforce notre détermination commune pour vaincre le terrorisme ». Les déclarations du candidat démocrate à la présidentielle de novembre, le sénateur John Kerry et d’autres parlementaires ont en revanche traduit plus ou moins ouvertement la méfiance qui prévaut dans une large partie de la classe politique envers le royaume saoudien. M. Kerry a laissé entendre que la collaboration de Ryad était encore défaillante, en affirmant qu’il était « essentiel que nous ayons la coopération entière du gouvernement saoudien pour traquer ces terroristes et détruire el-Qaëda ».
Alliée historique des États-Unis au cœur de la première région pétrolière du monde, l’Arabie saoudite a vu ses liens avec Washington se crisper après les attentats du 11 septembre 2001, dont les auteurs étaient en majorité des Saoudiens. Malgré une forte intensification de la coopération antiterroriste, les relations entre les deux pays restent émaillées de frictions. Ryad a ainsi pris des positions en pointe contre les projets américains de réformes démocratiques au Proche-Orient, vus comme une ingérence occidentale contre-productive pour les efforts de libéralisation locaux. À Washington, les pressions restent fortes sur l’Administration pour dénoncer avec plus de fermeté l’absence de liberté religieuse dans le royaume, ou exiger des mesures plus radicales contre les réseaux saoudiens accusés de financer le terrorisme.
Certains spécialistes américains de la région estiment toutefois que l’affaire du meurtre de Paul Johnson pourrait se traduire par un nouveau renforcement de la coopération américano-saoudienne. L’intensification des attentats dans ce pays-clé pour la stabilité du Proche-Orient « fait que l’acrimonie et les récriminations entre les deux gouvernements deviennent secondaires par rapport au combat antiterroriste », assure Steven Cook, du Council on Foreign Relations (CFR), un institut indépendant new-yorkais. Daniel Byman, du Centre Saban, spécialisé dans le Proche-Orient au sein de l’Institut Brookings, estime, de son côté, que la décapitation de l’otage américain « est une humiliation pour le gouvernement saoudien et constitue une bonne raison pour qu’il intensifie sa coopération avec les États-Unis ».
L’exécution de l’otage américain Paul Johnson met une nouvelle fois à l’épreuve les relations délicates entre Washington et Ryad, mais pourrait aussi se traduire par un renforcement de la coopération entre les deux capitales au nom d’un ennemi commun : el-Qaëda. L’annonce de la mort de l’ingénieur s’est accompagnée à Washington d’un mélange de critiques ouvertes ou voilées de l’Arabie saoudite, et d’assurances que Ryad était déterminé à combattre le terrorisme.
Le président George W. Bush a affirmé que l’Amérique ne « reculera pas » face au terrorisme, mais, prudent, s’est abstenu de faire référence à l’Arabie saoudite, de même que le vice-président Dick Cheney. Le secrétaire d’État Colin Powell s’est pour sa part montré positif à l’égard du gouvernement de Ryad, qu’il a...
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