La classe politique irakienne, en allant contre l’avis du grand ayatollah Ali Sistani sur la Constitution provisoire, prend le risque de s’aliéner la majeure partie des chiites qui a toujours suivi leur chef prestigieux.
Plusieurs membres de l’Exécutif de Bagdad, chiites, sunnites et kurdes, ont pris soin hier de minimiser l’impact du communiqué du chef religieux, qui a contesté la légitimité de la Constitution provisoire, lui reprochant de ne pas émaner d’une Assemblée élue.
Rassurants, bien que sur la défensive, ces dirigeants ont expliqué qu’ils n’avaient d’autre choix que de procéder à la signature sous la houlette de la coalition conduite par les États-Unis pour ne pas retarder le transfert du pouvoir.
Mais à Najaf, la ville sainte où vit l’ayatollah Sistani et les hauts dignitaires chiites, personne ne semble accorder des circonstances atténuantes à la classe politique.
« Ce que sayyed Sistani dit doit être appliqué sans discussion », a dit Fadhel Abdel Hussein, l’un des gros commerçants de la ville, ajoutant que les chiites rejettent le fédéralisme, mentionné dans la texte de la Constitution provisoire.
« Nous refusons cette loi car elle nuit à l’intérêt du peuple irakien et à ceux des Kurdes », a renchéri cheikh Alaa Faraj Allah, un religieux, alors que l’un de ses collègues, cheikh Kazem Mohammed, a mis en garde contre la tentation de « ne pas suivre l’avis des grands ayatollahs ».
À Bagdad, Mme Rajaa Habib al-Khouzaï, membre chiite de l’Exécutif signataire de la Constitution provisoire, a avoué avoir été surprise par les critiques de l’ayatollah Sistani. « Je ne m’y attendais pas notamment après les consultations entre membres du Conseil avec les religieux de Najaf qui ont précédé la cérémonie de signature » lundi, a-t-elle déclaré. « Le peuple irakien réalisera, en lisant la loi, qu’il a obtenu des droits auxquels il n’aurait pas rêvé », a toutefois tenu à souligner Mme Khouzaï.
« Toute personne a le droit de donner son avis sur la loi et ceux de l’ayatollah Sistani sont les bienvenus », a de son côté déclaré Nassir Kamal Chaderchi, membre sunnite du Conseil de gouvernement provisoire, avant de défendre la Constitution provisoire dans laquelle il a dit voir un « tournant » pour l’Irak.
Le Kurde Mahmoud Ali Osmane a estimé que l’ayatollah Sistani n’avait pas contesté totalement la Constitution provisoire. « Il a exprimé des réserves que nous respectons et je pense que cela ne conduira pas à des problèmes majeurs ».
« À mons avis, la majorité du peuple irakien est avec la loi et c’est ce qui a convaincu les membres du Conseil à le signer », a-t-il ajouté, trouvant « anormal de compliquer la situation dans le pays qui a besoin d’unité en ce moment délicat de son histoire ».
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Plusieurs membres de l’Exécutif de Bagdad, chiites, sunnites et kurdes, ont pris soin hier de minimiser l’impact du communiqué du chef religieux, qui a contesté la légitimité de la Constitution provisoire, lui reprochant de ne pas émaner d’une Assemblée élue.
Rassurants, bien que sur la défensive, ces dirigeants ont expliqué qu’ils n’avaient d’autre choix que de procéder à la signature sous la houlette de la coalition conduite par les États-Unis pour ne pas retarder le transfert du pouvoir.
Mais à Najaf, la ville sainte où vit l’ayatollah Sistani et les hauts dignitaires chiites,...